5/6 – Retour en Europe

27 août 2010

C’est donc le samedi 5 juin que nous avons programmé notre retour en Europe. 1 mois plus tôt que prévu au départ. Nous devons à la vérité que ce retour était décidé depuis le mois de janvier. Nous n’en avons informé personne. Voici pourquoi : Le 12 janvier, nous étions sur l’Ile de Pâques et nous avons reçu un mail nous informant que le 12 juin se tiendrait à Nimes une grande réunion de famille pour fêter les 80 ans de mes sœurs jumelles. Nous avons répondu que, pour cause de voyage autour du monde, nous ne pourrions être présents à cette fête. Mais une telle réunion, ça ne se rate pas ! Rendez-vous compte, toute la smala de notre famille réunie sans nous……Non c’est impossible. Donc, c’est dit, nous y serons. Cela nous fera rentrer en Europe un mois plus tôt. Nous continuerons notre voyage en Italie que nous ne connaissons pas.Le seul à  savoir notre décision c’est Antoine, le fils d’Annick avec la consigne de ne rien dire, même la tête sur le billot. Hélène ma nièce et filleule venue nous rejoindre au Cambodge, sera aussi dans la confidence et notre alliée sur place. Car c’est mon frère Jean Michel, l’ainé, qui est chargé pour ces circonstances de faire le discours à la fin duquel tout le monde pleure d’émotion, car il sait trouver les mots qui nous touchent plein cœur……Et nous voulons faire notre apparition à ce moment là et surprendre tout le monde.

Donc départ de Bali ce 5 juin vers Roissy Charles de Gaulle. C’est le dernier vol pour fermer la boucle de ce tour de la terre. Depuis la veille nous sommes impatients et un peu inquiets, car nous avons eu quelques soucis avec notre billet tour du monde pour cette dernière étape. Bon nous avons enfin le fameux “Boarding Pass” et on peut embarquer vers la France.

 P1010545  Arrivée à Roissy le 6 à 6h30 le matin. Un peu dans le coaltar. Un sentiment d’irréalité nous envahit, tout ce qui va suivre pendant quelques jours sera marqué par ce sentiment. Revenir d’où l’on est parti après presque 10 mois d’errance à travers le monde, 10 mois que nous avons racontés dans ce blog……..et d’un saut d’avion revenir au point de départ, j’ai l’impression d’avoir commencé notre voyage hier.

Le temps de récupérer nos sacs à dos et de prendre la photo du retour, nous parcourons en vitesse les couloirs de l’aéroport car nous devons prendre le train à Montparnasse, direction Angers ou nous attendent Antoine, Claire ( sa compagne) et Martial, mon vieux complice, qui avait la charge de garder notre véhicule et qui est là pour nous le remettre. Merci d’être là, comme d’habitude, quand on a besoin de toi. Le voyage en TGV est un moment de bonheur car en ce mois de juin le paysage, qui n’a rien de commun avec ce que nous avons vu depuis de nombreux mois, est superbe. Des champs de coquelicots soulèvent des Oh! d’émerveillements. Je ne sais pourquoi mais ces visions somme toute banales, un champ de blé, des arbres, une rivière, des fermes, qui défilent à toute vitesse me touchent. Vraiment c’est simplement beau.

  P1010547 Angers gare, Antoine,Claire, Martial sont là. Retrouvailles émouvantes. Le temps de, prendre un café, récupérer notre voiture, avaler le sandwich jambon beurre cornichons baguette fraiche (dont nous rêvons depuis de nombreux mois) et nous voilà repartis pour la Bretagne voir la maman d’Annick.

Eblouissante Bretagne qui nous offre par un temps superbe, ses petits trésors de paysage. Nous revenons petit à petit à notre “civilisation” mais étonnés de trouver tout cela si attachant en mesurant la chance qui est la nôtre d’y vivre.

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Après la Bretagne nous allons au pays basque avec une incursion en Espagne; tiens nous voilà revenus en Amérique du sud. Olla que tal ? Muy bien y tu ? Nous absorbons le décalage horaire ( 7heures) avec l’Indonésie. Nous craignions que le retour à l’alimentation occidentale soit un problème, mais rien…Un petit tour en Ariège dans un délicieux gite ou nous rencontrons 2 amoureux des voyages au long cours, échange d’expériences, récentes pour nous, souvenirs pour nos interlocuteurs.

Nous sommes le samedi 12 juin jour de la fête à Nimes. Nous sommes convenus avec Hélène de rester dans les parages du lieu de la fête et qu’elle vienne nous chercher à la fin du discours du frangin. Ce qui fut dit fut fait. Le discours terminé depuis quelques minutes, au cours duquel mon frère a demandé d’excuser quelques absents et  “notamment mon frère Bernard et sa femme Annick partis faire le tour du monde”, et nous apparaissons avec nos sacs à dos (on a fait un peu théatral) L’effet de surprise est total, mon frère me dira ensuite avoir eu pendant 15 secondes une vision. Je cherche dans l’assistance le regard de Laurent, Benoit et Nathalie, mes enfants. Je sais qu’ils sont là. Je vais pouvoir enfin les serrer contre moi. C’est fait, je n’en dirai pas plus car cela nous appartient, mais je peux ajouter que le père et grand père que je suis est un homme heureux à cet instant. Après 2 jours passés à raconter, rire( beaucoup) boire(un peu…!)manger(….), nous reprenons nos sacs direction l’Italie. Un petit stop à Cavalaire, le temps de ramasser sur la tête le déluge qui s’est abattu sur Draguignan à 2 pas (eh oui nous y étions aussi comme pour le cyclone en Polynésie) et nous filons vers la Toscane. c’est la région que nous visiterons.

Lorsque nous sommes arrivés à Roissy nous nous disions que notre grand voyage prenait fin, surtout lorsque le train est rentré en gare d’Angers. Et pourtant en passant la frontière italienne, le fait d’entendre parler une langue étrangère ( et quelle langue!) nous remet en tête l’esprit voyage avec recherche d’hébergements de restaurants dans le Lonely Planet acheté pour l’occasion. Vraiment nous sommes repartis dans le voyage après une parenthèse familiale.

Soirée étape à Santa Margherita, petit port à proximité de Portofino, à une trentaine de kms au sud de Genova ( Gênes) hôtel et resto sympa ( quoique un peu cher! nous sommes bien revenus en Europe), vraiment on est reparti dans le voyage. Le lendemain départ vers la Toscane et stop à Lucca.

DSC06738  DSC06732  A l’abri de ses remparts imposants, ses rues étroites pavées, ses belles places et ses mutiples églises en font un lieu où l’on ne se lasse pas de se promener. Lucca est restée intacte malgré les siècles, car épargnée par les guerres. Bien sûr les nombreux restaurants vous invitent à la dégustation des produits locaux. Les pizzerias dégagent des odeurs qui chatouillent les narines des 2 voyageurs que nous sommes. Ca change du poisson séché d’Asie!!!! Et si en plus je vous dis que c’est la ville ayant vu naitre et grandir le maestro Puccini, ça vous donne envie de vous arrêter sur une petite place et de pousser la chansonnette. Enfin qui le peut……

DSC06752  DSC06753 En fin d’après midi, à l’église San Giovanni, où Puccini fut baptisé, nous assistons à un concert donné par 2 sopranes. Un grand moment de bonheur à écouter ces airs d’opéra. La soirée sera moins “riche” En effet c’est la coupe du monde et tous les restos ont installé des écrans géants. Impossible d’y échapper. de plus c’est le match où l’équipe de France se fait étriller par le Mexique !

Le 18/6 nous allons à Pise. Pise : la ville penchée. certes il est bien connu que LA tour de Pise penche. mais il y a d’autres édifices historiques de la ville qui en font autant. La faute au terrain composé de sable et d’argile à 2m au dessus du niveau de la mer.

P1010569 P1010570 Séance photo avec la tour mais surtout visite de la cathédrale. La façade principale avec 4 colonnades superposées invitent à admirer à l’intérieur les peintures et la chaire octogonale en marbre. Quelle ambiance , on baigne dans la splendeur et on se régale. Il n’y a pas de controverse possible, c’est simplement beau.

DSC06779  P1010579  On finit par le baptistère qui fait face à la cathédrale et quelques pas dans la vieille ville de Pise. Demain nous avons prévu de nous rendre au cœur de la Toscane, prendre un hébergement en gite pendant une semaine et de rayonner tout autour avec en premier Florence.

19 Juin : Il est 7h30 nous commençons à préparer nos sacs pour le départ vers Florence. Nous ne verrons pas Florence et la Toscane. En effet le téléphone vient de sonner et nous apprend le décès de notre ami Alain. Il bataillait depuis presque 2ans contre un cancer qui a fini par l’emporter. Nous nous étions promis d’interrompre notre voyage si cela arrivait. Donc retour en France et retrouvailles avec beaucoup de nos copains à la sépulture d’Alain. C’est aussi la fin de notre voyage. Nous ne pourrons reprendre notre logement, loué depuis notre départ, que début juillet.

Bernard

Ces lignes ont été écrites ces jours-ci en Aout. Nous voulions les mettre en ligne le 13 aout, 1 an jour pour jour après notre départ de France. Oh la la ! Qu’il a été très difficile de les écrire, un peu comme si quelque chose empêchait d’écrire le mot FIN. Lorsque le 4 juillet nous avons posé notre sac sur le sol de notre appartement, vide, un serrement de cœur nous obligeait à dire c’est vraiment fini, notre merveilleuse  aventure est terminée. Et maintenant place aux souvenirs dont on sait qu’ils vont s’estomper avec le temps. Alors place aux projets d’avenir! et nous en avons………Italie,nous n’allons pas te lâcher comme ça!

En tous cas un grand merci à ceux et celles qui nous ont suivi au travers de ce blog qui restera encore ouvert pendant un an. On vous embrasse bien fort.

FIN

17/5 – BALI : étonnement, beauté, sérénité, harmonie

26 juin 2010

Tels sont les mots qui me viennent à l’esprit lorsque j’évoque Bali. Nous avons aimé Bali, nous y avons trouvé un total dépaysement, rien de semblable à ce que nous avons pu voir au cours des mois précédents. Appelée “l’île des mille temples”, les rites religieux rythment ici la vie quotidienne d’une  population  très majoritairement hindouiste et animiste.

Il existe différentes sortes de temples :

   . les temples familiaux : chaque famille hindoue possède un temple dans son habitation – temple d’importance plus ou moins grande selon la richesse de la famille -  On peut même  dire que parfois la construction de l’habitat s’articule autour du temple qui en est le bâtiment principal. Ces temples ont pour fonction d’honorer les ancêtres et les dieux afin d’attirer leur protection sur la maison et ses habitants.

  . les temples de village ont une fonction sociale : offrandes aux divinités pour obtenir la protection de la nature, lieux où se prennent les décisions relatives à l’organisation sociale du village, lieux où se fêtent les évènements heureux ou malheureux, cimetières…

  . d’autres temples  ont une fonction religieuse plus large et  peuvent être honorés par des hindous du monde entier.

D’emblée, l’étranger qui “débarque” à Bali est saisi par cette omniprésence du spirituel qui se retrouve jusque dans la conception de l’ architecture puisque les plans des bâtiments obéissent par exemple à des règles qui doivent garantir l’harmonie entre les dieux, l’homme et la nature.

  • Kuta et ses environs

Bon, Kuta n’est pas le meilleur exemple de cette harmonie balinaise. La ville est une suite de boutiques, restaurants, cafés…Heureusement, notre hôtel est un peu en retrait de cette animation bruyante. Il fait une chaleur étouffante, moite, et il nous tarde d’aller vers Ubud où l’air est paraît-il plus frais…

Mais Kuta, c’est aussi le paradis des surfeurs, et nous qui ne surfons pas, nous nous contentons d’être des spectateurs médusés devant ces vagues qui déferlent…Quel plaisir de se laisser rouler dans la mer ! plaisir hélas non partagé avec Bernard qui ne peut se baigner tant que son oreille n’est pas guérie.

Pas très loin de Kuta, deux temples situés sur des emplacements magnifiques :

        . le temple d’Uluh Wattu, où des dizaines de singes terrorisent les pauvres touristes en leur chipant sacs, lunettes, appareils de photos…Il n’est pas possible de pénétrer à l’intérieur du temple – ce qui se justifie aisément car vu le nombre de touristes, les hindous ne pourraient plus accéder à leurs lieux de prière – mais les extérieurs sont très beaux et le site en bord de falaise est splendide.

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       . le temple de Tanah Loth, qui s’avance dans la mer. Il suffit d’oublier les marchands du temple à l’entrée et de se promener ensuite dans ces lieux en se laissant envahir par la poésie et la sérénité de l’endroit.

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  • Ubud

Nous avons la chance d’arriver en pleine fête  de Galungan : célébration de la victoire des forces du bien sur les forces du mal. Toutes les rues sont ornées de penjor, hautes tiges de bambou élevées devant chaque maison et habilement décorées de plantes, fruits ou légumes. Les Balinais ont fière allure dans  leurs habits de cérémonie.

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En dépit de l’afflux touristique, Ubud conserve  un charme extraordinaire et illustre tout à fait cette recherche de beauté et d’harmonie chères aux balinais. De hauts murs protègent les maisons, mais la petite porte donnant sur le jardin ou le temple familial reste volontiers ouverte. Ici, chaque soir vous pouvez assister à des spectacles envoutants de danses traditionnelles – danses et musiques exécutées par des professionnels ou par des habitants d’Ubud. Ainsi, la propriétaire de l’hôtel où nous logeons participe deux fois par semaine à un spectacle de danses legong : avec une vingtaine d’autres femmes , elle accompagne au gamelan les danseuses aux vêtements somptueux et aux gestes infiniment précieux où l’essentiel du mouvement s’exprime dans le déplacement de la tête, des yeux ou les écartements des doigts !…

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Le kecak, une autre danse traditionnelle à laquelle j’ai assisté (Bernard a dû renoncer à y venir pour éviter les décibels…) était tout aussi impressionnante : cette fois, pas d’instruments de musique, mais les voix graves et lancinantes d’une soixantaine d’hommes assis en cercles concentriques et qui entrent peu à peu en transe. Cela se poursuit par la danse du feu où j’ai pu voir un homme danser sur les braises !…

L’art est présent partout, galeries de peintures, sculpteurs sur bois ou sur pierre, musées. Les balinais sont inventifs, créateurs, un modeste muret, de simples pavés dans la rue se transforment en œuvres d’art, les maisons, les jardins, les temples, les boutiques regorgent de poésie et de fantaisie. La mousse verte qui recouvre statues et pierres en raison d’un taux d’humidité très élevé, transforme  habitations et  chemins en sites antiques…

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Notre hôtel est l’un de ces lieux magiques. Le propriétaire, architecte, excelle dans “le chaos organisé”,  bâtiments et escaliers s’enchevêtrent et pourtant, une harmonie incroyable s’en dégage…Situé dans une ruelle où les voitures passent difficilement, il y règne un calme troublé seulement par l’eau d’une  fontaine se déversant dans une petite piscine…

Et pour ajouter encore aux plaisirs de cette ville, nous y avons déniché de bons restaurants ! Comment ne pas succomber au charme de l’endroit !

  • Les montagnes du Centre

DSC06573 Bali est une île volcanique. Visiter l’île n’est pas des plus facile : les routes, peu nombreuses, ne sont pas toujours en bon état et les transports en commun peu fréquents, voire inexistants. Afin de pouvoir sillonner les petites routes de l’intérieur de l’île ou de la côte, nous avons donc loué une voiture pendant une semaine. Quel régal pour les yeux !!! Mais dans un premier temps, il a fallu que Bernard s’habitue à la conduite à gauche, pas simple, d’autant plus que le code de la route semble inexistant ! (moi, je n’ai pas eu le droit de conduire, Bernard serait mort de peur !…). A cela s’ajoute la difficulté liée au fait que les indications de routes sont très rares. A chaque embranchement, il nous faut nous arrêter pour demander notre chemin.

Rencontre avec une famille balinaise au-dessus du Danau Tamblingan (danau = lac), échanges éphémères, sourires, chaleur humaine…

DSC06571 Nous n’avons pas été très gâtés par le temps (beaucoup de pluie, ce qui est fréquent dans ces régions) mais cela ne nous a pas empêché d’apprécier la beauté de ces paysages façonnés par les rizières en terrasses. Petits villages, temples, processions religieuses…Ici très peu de touristes. A plusieurs reprises,  des balinais nous ont même demandé l’autorisation de nous photographier !

 

 

DSC06549 Imaginez maintenant un hôtel – plutôt luxe – situé à l’écart du petit village de Pupuan, sur les pentes du Gunung Batukau (gunung = mont), la deuxième plus haute montagne de Bali (2276 m), imaginez la piscine à débordement qui donne sur les rizières en terrasses, imaginez les petits bungalows aménagés avec tout le savoir-faire balinais, imaginez enfin une salle de restaurant ouvrant à 180° sur les paysages alentour, une douce musique diffusant des airs d’opéra…vous comprendrez pourquoi nous y sommes restés 2 nuits, et non une seule comme prévu initialement !

Et comme nous avons bien fait ! Car le lendemain, Gusti, l’un des serveurs, nous invite chaleureusement à assister à une cérémonie religieuse au sein du petit temple de la propriété (un simple autel dressé près d’un arbre). Bernard et moi sommes les seuls occidentaux. Le personnel de l’hôtel, mais aussi les habitants du village arrivent progressivement, vêtus de leurs habits traditionnels, les femmes portent sur la tête des corbeilles tressées contenant les offrandes : pétales de fleurs, encens, fruits, gâteaux, mais aussi  boissons, même des cannettes de bière ! (Il faut préciser qu’ après avoir été bénies par le prêtre, les offrandes sont partagées entre tous les participants). L’ambiance est bon enfant, certains conversent, rient, deux hommes fument tandis que le prêtre officie. Après avoir béni les offrandes, le prêtre bénit tour à tour chaque participant, à cet instant le silence règne. Bien sûr, nous aimerions avoir les explications, les clés de compréhension de ces gestes ritualisés, de ces paroles prononcées…Fichu barrage de la langue !.. La cérémonie terminée, chacun repart à ses occupations.

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Merci à toi, Gusti, pour cet instant partagé.

Difficile de s’arracher à cet endroit, mais il faut bien poursuivre notre route.

Après une halte d’une nuit à Lovina, sur la côte Nord, où nous n’avons vraiment pas envie de nous attarder –trop touristique, trop commerçant, des plages mal entretenues – nous poursuivons notre exploration du centre de l’île, dans la région du Gunung Batur. Le temps couvert et de temps en temps pluvieux nous empêche d’apercevoir les cônes des volcans environnants, mais la route qui longe l’arête du cratère est magnifique.

Halte en fin de journée dans un hôtel à Kedisan,sur la rive du Danau Batur . Nous y rencontrons un couple avec deux enfants – elle originaire de Vendée, lui de Chiloë, au Chili – qui vivent depuis plusieurs années en Nouvelle Calédonie.

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L’itinéraire qui traverse ensuite des régions montagneuses avant d’arriver sur la côte Est vaut vraiment le détour. Villages, temples, paysages, on voudrait s’arrêter tout le temps, malheureusement, le temps n’est pas au beau, donc peu de photos…

Visite du Pura Besakih (pura = temple), le temple le plus important de Bali. C’est un vaste ensemble de 23 temples à l’intérieur desquels les touristes ne peuvent pénétrer, mais les extérieurs à eux seuls valent le coup d’œil. Il faudrait se trouver ici lors des fêtes religieuses durant lesquelles affluent des milliers de fidèles.

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En fin d’après-midi, nous “dégottons” à Sidemen, un nouvel hôtel charmant, situé au milieu de champs de piments et de rizières, et offrant “normalement” (mais hélas, pas aujourd’hui) la vue sur le Gunung Agung, point culminant et montagne la plus vénérée de Bali.

Balade au Palais aquatique de Tirta Gangga

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  • Amed et la côte Est

Rien à voir ici avec la côte sud-ouest : pas de belles boutiques comme à Kuta, pas de surf, pas de tourisme de masse. Une petite route longe le littoral, traversant des villages ou hameaux dispersés. Si l’on en juge par le nombre important de jukung (barques) colorés, tous les habitants pratiquent la pêche.

Autre activité du coin : la récolte du sel. Ici, la pauvreté se ressent, des enfants tentent de gagner quelques sous en vendant de petits paniers de sel. Bien sûr cette pratique ne doit pas être encouragée, mais de quel droit pourrions-nous condamner ou juger les parents qui préfèreraient sans nul doute que leurs enfants aillent à l’école et s’amusent à des jeux de leur âge…Contraste avec le cadre idyllique de notre hôtel, à deux pas de la plage, avec piscine et vue (enfin !) sur le Gunung Agung.

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Nous sympathisons avec deux jeunes serveurs de l’hôtel :

              Komang (22-23 ans), dont le père est pêcheur et qui nous a bien fait rire en nous parlant de sa période “métal” durant laquelle il avait des “piercings” un peu partout…jusqu’à ce qu’il réalise que s’il voulait trouver du travail, il fallait qu’il revoie son “look” !!! Komang met actuellement des sous de côté pour s’acheter un “skateboard” et apprend le français avec les touristes qu’il côtoie et avec l’aide de son cousin Kadek.

              Kadek, qui aime la langue française et qui cherche sans cesse à se perfectionner, vérifiant que les mots qu’il emploie et la conjugaison des verbes sont corrects. Il connaît des expressions qui nous surprennent (par exemple “il pleut comme vache qui pisse” !).  Kadek nous a demandé de correspondre avec lui par internet pour l’aider à améliorer son écrit.

La gentillesse des balinais n’est vraiment pas une légende ! Nous avons rencontré une multitude de gens chaleureux, accueillants, ouverts, tolérants – tout en sachant garder leur identité. Et l’on  comprend leur désarroi face aux attentats de terroristes islamistes dont ils ont été victimes en 2002 puis en 2005, cela va tellement à l’encontre des croyances qui les fondent ! Les personnes qui ont connu Bali avant que cette île ne devienne une destination touristique courue, sont bien sûr nostalgiques de cette période. Mais le tourisme n’a pas que des effets négatifs et l’on peut espérer que les balinais sauront continuer à  adroitement concilier le développement touristique et le maintien de leur mode de vie ! Il y aurait encore beaucoup d’aspects à développer sur cette civilisation (je pense notamment à l’organisation de la société en castes), mais d’abord nous n’avons pas tout compris ( ! ) et je crains de lasser nos fidèles lecteurs !

Annick

14/5 – Singapour, une escale un peu mouvementée !

7 juin 2010

Après la Malaisie, nous faisons escale quatre jours à Singapour où nous devons prendre un avion pour l’île de Bali. Nous arrivons à Singapour après  quelques heures de bus et un peu de stress au passage de la frontière car les modalités ne sont pas simples et mon anglais ne me permet pas de saisir toutes les subtilités des circuits administratifs ! Heureusement, à plusieurs reprises des Singapouriens viennent spontanément à notre aide et n’hésitent pas à nous accompagner dans les dédales des postes frontières. Nous arrivons à Singapour en fin d’après–midi sans avoir pu réserver une chambre d’hôtel : nous y avons renoncé après avoir passé plusieurs coups de fil sans succès, à chaque fois la réponse était la même : “nous sommes complets”…

Mais avant de nous lancer à la recherche d’un hébergement, il nous faut absolument pouvoir consulter un médecin : depuis deux jours, Bernard souffre d’une infection à l’oreille, infection contractée suite à notre journée de “snorkeling” (autrement dit masque et tuba) autour de l’île de Tioman. La douleur va croissant, il a un peu de fièvre…Nous trouvons un hôpital privé et après quelques problèmes administratifs, il peut enfin voir un médecin qui prescrit un premier traitement et nous donne rendez-vous deux jours plus tard si la douleur persiste.

Nos sacs sur le dos, nous partons ensuite en quête d’un logement. Là encore, nous aurons à différentes reprises l’aide de Singapouriens, et après plusieurs démarches infructueuses, nous finissons par trouver – au moins pour les deux premières nuits – une chambre dans le quartier indien de Singapour. Bon, la chambre pas terrible, l’hôtel très bruyant, mais nous avons un toît et il n’est plus temps de faire les difficiles ! En fait, nous avons eu la malchance de venir à Singapour au moment où se tenait un immense rassemblement d’un groupe industriel multinational (“Herbalife” qui vend, si nous avons bien compris des produits diététiques…), soit au total près de 20 000 personnes à loger !!! A cela vint s’ajouter une période de vacances scolaires pour plusieurs pays d’Asie. C’était bien notre veine !

DSC06430 Singapour, c’est tout à la fois un état, une île, une ville. L’habitat y est dense, la circulation intense, et différentes communautés ethniques se partagent la ville : quartiers indien, chinois…La propreté est une obsession. Savez-vous qu’à Singapour vous ne pourrez pas trouver de chewing-gums, la vente en est interdite : c’est la solution qu’ils ont trouvée en réponse  au problème posé par les chewing-gums qui souillent les pavés des rues, ou les halls des galeries marchandes ou des aéroports !!!

                             

 DSC06425Nous sommes surpris par d’imposants immeubles aux architectures variées et audacieuses. Mais de Singapour nous ne verrons pas grand-chose, car l’état de santé de Bernard ne s’améliore pas et le temps est à la pluie. Le dimanche, nous retournons  à l’hôpital pour une nouvelle consultation. Prescription d’antibiotiques cette fois. Et consultation médicale par internet auprès de Charles (le neveu de Bernard, ORL) : merci Charles, tes conseils ont été précieux et rassurants. Merci aussi à Bruno (un autre médecin de la famille).

Enfin, le lundi nous quittons Singapour sans regrets, direction BALI.

                                                                                             Annick

29/4 – Malaisie contre Thaïlande

24 mai 2010

Nous avions envisagé de rejoindre la Malaisie par voie terrestre depuis Phnom-Penh en passant par Bangkok, bus et train, genre Orient-Express. Cependant les informations recueillies ici et là sur la situation en Thaïlande nous ont conduit à la prudence et à prendre un avion Phnom-Penh/Malaisie. Nous avions rencontré des Malaisiens qui nous ont donné quelques conseils sur la visite de leur pays, et entres-autres l’ile de Penang. C’est là notre premier stop. Evidemment la chaleur ne nous quitte pas pire il fait plus chaud et surtout plus humide. La première impression qui se dégage, c’est la diversité des populations Malaises, constituée de Chinois, d’Indiens et de Malais. Et cela est immédiatement visible. Arrêtons nous quelques instants sur ce Pays : 25 millions d’habitants. Malais 63%, Chinois 24%, Indiens 8% . Des émeutes raciales en 1969 entre Malais et Chinois avaient marqué le sommet de l’hostilité entre les 2 communautés; mais depuis ils ont réussi à forger une société plus tolérante et on commence à parler d’une identité Malaisienne.  L’instauration forcée de la langue malaise comme langue nationale a contribué à l’unité du pays. Mais les chinois et les Indiens aujourd’hui craignent une islamisation du pays, l’islam étant religion d’état. Le port du voile est obligatoire, lors des défilés officiels, pour toutes les femmes policiers, quelle que soit leur religion et il y a une forte pression sociale pour contraindre toutes les femmes à le porter. Après le Laos , le Cambodge, le Viet Nam nous retrouvons en Malaisie beaucoup moins de “désordre” par exemple il y a des feux rouges, tout le monde circule à gauche sans croiser un véhicule venant en sens inverse ( vécu au Cambodge!) Les rues sont cleans, en tous cas dans le centre, mais laissent peu de place aux piétons.

P1010417 Mais revenons à Penang ou plus précisément à Georgetown sa ville principale. nous y restons 4 jours espérant retrouver une plage/cocotier pour y flâner. Hélas très touristiquées les plages n’accueillent que jets-ski et autres parapentes. Bon c’est pas pour nous! Nous ne tardons pas à rejoindre Kuala Lumpur la capitale, en bus.

 

 

  • 3/5 – Kuala Lumpur

2 millions d’habitants. Un centre autour duquel se concentrent les milieux d’affaires, constitué de tours géantes, dont les 2 tours Petronas , 452m,  88 étages d’acier. Le soir leur illumination embrase toute la ville, c’est assez féerique. La ville de KLP est organisée autour des communautés qui la composent Littel India, pour les indiens, Chinatown pour les chinois et Kampug Baru pour les malais . Nous faisons pour chaque quartier un petit rando, histoire de se tremper dans les différentes cultures.

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La visite de 2 sites marquent notre passage à KLP:

1) Le musée des arts islamiques qui abrite une des plus belles collections d’arts décoratifs musulmans du monde. Expositions de textiles, tapis, poteries, bijoux , ouvrages  originaux  contenant le coran datant du XIIème siècle. Le tout dans un bâtiment  qui est lui-même une merveille architecturale avec ses dômes et ses  céramiques.

2) Les tours Petronas, qui tiennent leur nom de la compagnie nationale pétrolière et gazière. Depuis le 42ème étage nous pouvons admirer KLP à 360°. Elles abritent, centre commercial, restos, salles de congrès , hôtel et boutiques de luxe etc….. Ainsi qu’une salle de concert où nous entendrons l’orchestre philarmonique de KLP, un moment de richesse culturelle pour 7 euros ! Nous n’avions pas assisté à un concert depuis notre départ de France.

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  • 6/5 – Malacca

Après l’agitation de KLP, Malacca nous apparaît comme une petite ville tranquille où il ferait bon séjourner si ce n’était cette chaleur que nous supportons de plus en plus difficilement et qui nous ôte une partie de notre énergie.

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De bon matin, nous partons malgré tout à la découverte de la ville. La rivière Sangai Melaka coule au centre , des bateaux transportent les nombreux touristes (principalement d’origine asiatique). On retrouve un peu ici l’ambiance chinoise de Hoi An (Viet Nam), avec de superbes maisons restaurées (dommage que les photos soient interdites à l’intérieur de certaines maisons que nous avons pu visiter…). La communauté chinoise est sans conteste plus riche que la communauté indienne.

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On trouve à Malacca le dernier fabricant de chaussures pour pieds bandés : ce ne sont plus maintenant que des objets de décoration, mais c’est effarant de penser à ce que ces femmes ont pu endurer jusqu’à une période récente ! La plupart d’entre elles finissaient leur vie infirmes…

 

Ici aussi nous sommes frappés par la culture pluriconfessionnelle : les mosquées et l’appel à la prière du muezzin cohabitent avec les sons des cloches des églises chrétiennes et les maisons datant de la domination portugaise ou hollandaise, tandis que chinois et hindous honorent leurs ancêtres dans les temples…

DSC06403 En fin de matinée, accablés de chaleur, nous décidons de prendre un “trishaw” pour rentrer à l’hôtel (comme les rickshaw mais le vélo est situé sur le côté et non derrière les passagers). Si vous venez à Malacca, il ne faut manquer cela sous aucun prétexte ! Ici les conducteurs ne savent quoi inventer pour que l’on remarque leur trishaw : ils les recouvrent de fleurs en plastique, de guirlandes électriques qui clignotent le soir, certains ont une sono qui diffuse de la musique à tue-tête etc…Celui dans lequel nous montons a la particularité d’être décoré de poupées Barbie !!!

Ce dimanche nous partons pour la journée sur l’île de Besar, espérant y trouver un peu de fraîcheur. Courte traversée en bateau et nous nous retrouvons au beau milieu d’une foule de musulmans d’origine indienne venus ici pour une fête religieuse. Leur islam nous semble différent de celui que nous connaissons : hommes et femmes prient ensemble dans le même espace, peu de femmes sont voilées, offrandes de nourritures et encens évoquent davantage les pratiques hindouistes. Après la prière, les fidèles se partagent les offrandes…Nous sommes quasiment les seuls occidentaux. L’accueil qui nous est réservé est très amical. Mais ici pas question de se baigner en maillot de bain, les femmes notamment se baignent avec leurs vêtements.

Petite ombre au tableau, on nous a dérobé 700 dollars US dans notre chambre d’Hôtel. On rage, on rage……

Mais, cette ombre au tableau est largement compensée par l’annonce d’un heureux évènement :  à l’occasion d’un contact vidéo sur notre ordinateur,  Laurent et ma fille Nathalie nous annoncent leur désir de se marier cet été. Donc Laurent fait auprès de moi une demande en bonne et due forme. Après consultation de Nathalie ( on a beau être dans un pays à majorité musulmane c’est pas un mariage arrangé!!!!) Je donne mon accord. Encore un moment d’émotion qui marquera notre voyage .

  • 10/5 l’île de Tioman

Long trajet en bus – pas très confortable- puis ferry . Nous avons circulé en Malaisie du Nord au Sud et les paysages traversés se résument à une succession infinie de plantations de palmiers (à huile ?).

L’île de Tioman est une petite île, baignée par la Mer de Chine méridionale. Une seule route longe une partie de la côte ouest, une autre route récemment construite relie les côtes ouest et est. Toutes les autres liaisons entre les petits villages de pêcheurs se font par bateau… L’intérieur de l’île est le domaine de la jungle. C’est vous dire que nous avons un peu le sentiment de nous retrouver au milieu de nulle part…Et pour renforcer encore davantage cette impression, nous choisissons de nous rendre sur la côte est, très peu habitée puisque seulement deux petits villages se situent sur cette côte.

Quel régal ! Des plages de sable blanc, des eaux bleu-turquoise, un bungalow à deux pas de la plage. Nous nous “tanquons” là pendant 4 jours. Baignades ( l’eau est même parfois un peu trop chaude à notre goût !), siestes, repas au restaurant de l’hôtel tenu par une charmante famille malaise d’origine chinoise…

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Une sortie en mer nous permet de découvrir pendant plusieurs heures des fonds sous-marins de toute beauté : coraux, nombreuses espèces de poissons de taille et de couleur variée, on nage sans se lasser dans un  aquarium grandeur nature (pas de photos mais des souvenirs plein la tête).

 

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Pause pique-nique dans une petite crique où des varans moins sympathiques tentent de nous prendre notre casse-croûte !

 

 

 

Après cette halte insulaire, nous reprenons la route pour Singapour.

Bernard et Annick

23 au 27/4 – De Siem Reap à Sihanoukville, en passant par Battambang

22 mai 2010
  • De Siem Reap à Battambang : une croisière mémorable !

Le projet était de rallier Battambang en bateau sur le lac Tonlé Sap : le Tonlé Sap est le plus vaste lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est et revêt pour les cambodgiens une importance capitale puisqu’il fournit poissons et irrigation à la moitié de la population du pays. Tout au long du trajet, des villages flottants de pêcheurs.

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Le seul “hic” est que, en fin de période sèche – ce qui est notre cas – le niveau du lac est parfois si bas que les bateaux ne peuvent plus naviguer. Alertés de ce problème par notre premier guide, Mr Chan – que nous devions retrouver à Battambang – nous lui avions demandé de vérifier auprès de l’agence si le bateau pouvait passer. Réponse : “pas de problème”.

C’est donc totalement confiants que nous nous montons à bord. Hé bien nous aurions mille fois mieux fait de passer par la route ! en effet, au bout de 7 heures de navigation difficile, dans des conditions de confort plutôt “rustiques” et sous un soleil de plomb, le bateau a dû s’arrêter et c’est sur le plateau d’une camionnette que nous avons poursuivi : cela n’aurait pas été bien grave si nous n’avions pas été entassés à 22 personnes à l’arrière de la camionnette (plus les bagages), et si la route avait été une route et non une piste à travers champs : trous, secousses, branches d’arbres etc…Il fallait s’accrocher les uns aux autres pour ne pas tomber !!! Et si l’un d’entre nous voulait déplier une jambe ou un bras, tout le monde devait bouger !!!

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Heureusement, Mr Chan et son conducteur, ne nous voyant pas arriver, sont venus à notre rencontre et, au bout d’une heure nous avons pu quitter nos compagnons d’infortune et finir le trajet dans un véhicule confortable et climatisé ! Hélène et moi sommes sorties de là couvertes d’hématomes à un endroit que la décence m’interdit de nommer ici !… Inutile de vous dire que nous étions furieux après cette agence à qui nous avons envoyé un courrier (sans réponse à ce jour !).

  • Le train de bambou

Pour terminer cette journée mémorable, nous avons pris sur quelques kilomètres le train de bambou datant de la période coloniale française et encore utilisé de nos jours. En fait de train, il s’agit en réalité d’un plateau en bois, recouvert de lattes de bambou et posé sur des roues. L’essieu arrière est relié à un moteur par des courroies de ventilateur. Vitesse maximum 15 km/h. Une seule voie ferrée, aussi lorsqu’un train arrive en sens inverse, les passagers de celui qui est le moins chargé descendent et le train  est rapidement démonté et posé à côté des rails ! Un train peut transporter 10 à 15 passagers ou 2 à 3 tonnes de marchandises.

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Malgré nos fesses déjà endolories, ce fut un trajet charmant dans la campagne cambodgienne. La lumière du soir offrait un bel éclairage, on se laissait bercer par le mouvement et le bruit du train, l’air frais sur nos visages nous faisait oublier la chaleur…que du bonheur !…

Mr Chan nous emmène visiter un producteur de riz – dont le fils travaille à Toulouse ! – Les méthodes de travail et les installations datent du début du siècle dernier.

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  • Visite d’un village de potiers

Sur la route qui mène de Battambang à Phnom Penh, nous faisons halte au village de potiers de Kraing Dey Meas.

DSC06345Première rencontre :  Srei Sâr, une femme veuve qui, comme la plupart des habitants de ce village, vit (ou survit…) de son artisanat. En quelques minutes, elle réalise des poteries devant nos yeux médusés, avec pour tout outil ses mains et un bout de carton, parfois un morceau de bois ! Elle ne possède pas de tour, c’est donc elle qui tourne autour du pot, au sens propre cette fois ! Srei Sâr, le regard malicieux, nous propose d’essayer !…Seul Bernard s’y est risqué !…sans succès, il faut bien le dire !

 

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Deuxième rencontre : Sorn Nem et sa grand-mère, qui à la fin de notre rencontre nous montreront fièrement les prix qu’elles ont l’une et l’autre obtenu pour la qualité de leurs réalisations. Grâce à un petit-fils adoptif qui vit en France, la famille bénéficie maintenant d’un tour et d’un four. L’accueil de ces deux femmes est chaleureux, les regards et les sourires compensent la difficulté de communiquer…L’on croit comprendre que la grand-mère est restée infirme à la suite d’une blessure datant de l’époque des khmers rouges…

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Trois belles rencontres  dans ces deux maisons où l’on devine des conditions de vie extrêmement précaires…

  • Et maintenant, en route pour Sihanoukville !

DSC06364 Sur notre programme était écrit : “arrêt en route pour prier Madame Mao”. Nous étions évidemment un peu perplexes et n’étions pas très enthousiastes à l’idée de devoir vénérer la femme de Mao Tsé Toung ! Mais il s’agissait bien sûr de tout autre chose : sur la route entre Phnom Penh et Sihanoukville, il est un arrêt “obligatoire” pour tout conducteur : afin d’éviter les accidents, il est recommandé de se mettre sous la protection de la  divinité, Madame Mao – notre Saint Christophe en quelque sorte – en lui présentant diverses offrandes.

Ceci étant fait nous avons pu poursuivre notre route.

Arrivée dans un hôtel pas terrible, un accueil pas des plus chaleureux : nous dérangions visiblement le réceptionniste qui regardait un film à la télé !

La plage en face de l’hôtel : pas terrible non plus  (jonchée de détritus) ! Mais passé ce premier contact un peu rude avec Sihanoukville, nous découvrirons une plage beaucoup mieux entretenue et de bons restos. La ville n’a toutefois pas grand cachet.

Farniente sur la plage Victory où se tient un restaurant un peu étonnant : le propriétaire, un russe passionné d’aviation, y a installé un véritable avion, un Antonov- 24 ! (en cherchant bien, vous le verrez au fond sur la photo ci-dessous).

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Hélène et moi testons la méthode “cambodgienne” d’épilation : avec un simple fil tendu…et ça marche très bien !

L’eau du Golfe de Siam est un peu chaude à notre goût, mais je sais que au même moment, le froid et la neige sévissent en France, alors nous ne nous plaindrons pas !

  • Retour à Phnom Penh et fin de notre séjour au Cambodge

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Après cette courte et bénéfique pose balnéaire,  il est temps de rentrer sur Phnom Penh,   où nous avons trouvé un charmant petit hôtel, avec piscine, cela va de soi !…

 

Dernières emplettes, et nous raccompagnons Hélène à l’aéroport avant de prendre à notre tour la direction de la Malaisie.

Nous garderons l’image d’un pays et d’un peuple attachant.

Nous avons bien aimé cette virée à trois. Merci à Hélène , compagne de voyage avec laquelle  nous sommes prêts à repartir vers de nouvelles destinations (on a d’ailleurs déjà des projets au chaud !!!).

Annick

18 au 22/4 – Siem Reap et les temples d’Angkor

20 mai 2010
  • Les temples d’Angkor

Non, je ne vous énumérerai pas tous les temples que nous avons visités pendant 4 jours complets et je vous épargnerai la description détaillée de chacun d’entre eux ! ouf, vous l’avez échappé belle !!! Avec l’aide de Samet, notre guide pour l’ensemble de ces sites, nous découvrons la grandeur de la civilisation khmère.

Nous avions peur d’être un peu lassés par les visites successives de  ces temples, mais chacun présente une architecture particulière et dégage une atmosphère bien spécifique et en dépit de la fatigue et d’une chaleur implacable (autour de 40°), nous ne regrettons pas d’y avoir consacré tout ce temps. De nombreux sites ont été restaurés, ou sont en cours de restauration avec l’aide de fonds étrangers – dont la France – mais il reste encore beaucoup à faire car le Cambodge compte plusieurs centaines de temples historiques.

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La période d’Angkor s’étend de 802 à 1432. L’empire khmer était alors  puissant et étendu; chaque dieu-roi (représentant terrestre du dieu hindou Shiva) a voulu marquer son empreinte en construisant des sanctuaires tous plus grandioses les uns que les autres. Les maisons et bâtiments publics de l’époque, construits en bois, ont disparu. Seuls ont survécu les édifices sacrés, construits en brique et en pierre, et classés au patrimoine mondial depuis 1992. Depuis des siècles – et jusqu’à une période très récente – ces édifices ont été l’objet de destructions, reconstructions, pillages…Religions hindouiste et bouddhiste se sont succédées, chacune voulant effacer les traces de la précédente…De nombreuses sculptures sont en partie découpées, les “morceaux” étant “partis” vers des pays étrangers pour y être vendus ! Les éléphants n’ont plus de trompe, les lions ont perdu leur tête…Nombre d’objets d’art ont aussi disparu. Afin d’enrayer ce pillage massif, la plupart des statues originales ou objets précieux sont maintenant mis à l’abri et nous n’en verrons donc que des copies (certains originaux sont cependant visibles au musée national de Phnom Penh ou au musée Guimet à Paris).

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Mais la magie des lieux est toujours là. On reste stupéfait par l’architecture et la grandeur des bâtiments où cours et galeries entourent une cour centrale. On s’émerveille devant la finesse des sculptures ou des bas-reliefs qui racontent la religion hindoue et les guerres. Bernard est je crois tombé amoureux des sculptures de danseuses Apsara…

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Nous avons eu la chance de visiter Angkor Vat et Angkor Thom – deux sites majeurs – en fin de journée, sous une belle lumière douce.

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Et que dire de ces temples où la jungle a repris ses droits ? de vrais décors de films…c’est d’ailleurs dans l’un de ceux-ci, à Beng Melea que Jean-Jacques Annaud a tourné son film “les deux frères”.

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  • Et à part les temples ?

Il faut savoir que la culture cambodgienne traditionnelle a été presque anéantie par les Khmers rouges. Les nouvelles générations se réapproprient peu à peu les savoir-faire des anciens. Des “chantiers écoles” enseignent la sculpture sur bois ou sur pierre à de jeunes cambodgiens issus de milieux défavorisés. De même une ferme séricole (créée à l’initiative de la France qui s’est retirée du projet lorsque la ferme est devenue économiquement autonome) enseigne toutes les étapes de la fabrication de la soie : culture des mûriers, élevage des vers, teinture et tissage. Tout le travail est réalisé manuellement, dans des conditions parfois difficiles : ici, pas de syndicats ni de CHSCT !

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Nous avons pu également assister

à un spectacle de danses Apsara (danses khmères),

des costumes superbes, une gestuelle très codifiée et toute en délicatesse.

 

 

Ah ! se promener en “tuk-tuk” dans les rues de Siem Reap ! Le prix de la course fait toujours l’objet de discussions plus ou moins longues, mais une fois que l’on tombe d’accord sur le prix, on n’y revient pas…enfin, normalement car, après avoir “âprement” discuté, l’un de nous trois finissait souvent par trouver que le prix de la course était bien bas, ou que le tuk-tuk était dans un tel état qu’il fallait aider son propriétaire, ou que le chauffeur de tuk-tuk était tellement sympathique qu’on pouvait bien lui donner un peu plus… Hélène et moi avions fini par nous attacher les services d’un chauffeur de tuk-tuk qui nous disait “pour vous, c’est vous qui me dites quel prix vous voulez me payer !!!”

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(oui, oui, c’est bien Bernard au volant du tuk-tuk…mais juste le temps de la photo !)

DSC06298 Nous avons ainsi pu faire du shopping à Siem Reap (je ne sais pas pourquoi, Bernard n’a pas voulu nous suivre ce jour-là !…), emmenées à droite et à gauche par notre chauffeur de tuk-tuk préféré ! Et, croyez-moi, les tentations ne manquent pas à Siem Reap, l’artisanat cambodgien est fin et de bonne qualité : soieries diverses, vêtements, marionnettes de théâtre d’ombres en cuir, reproductions de sculptures…

Heureusement que nous ne disposions que d’une seule journée !

 

Demain nous quittons Siem Reap, ses temples, son artisanat…et ses chauffeurs de tuk-tuk !

Annick

11/4 – Phnom Penh

8 mai 2010

Au cours d’un arrêt pendant le trajet depuis Kompong Cham un regard insistant d’un cambodgien me conduit à engager la conversation avec  lui. Je lui demande les raisons de sa présence ici. C’est un cambodgien réfugié en France et revenu à la retraite dans son pays qu’il a quitté pendant le régime des Khmers rouges; je lui demande s’il a de la famille; la réponse me glace : femme et enfants sont morts pendant cette période. Le car repart ne me laissant pas le temps de poursuivre cet échange avec cet homme. Cette rencontre va me marquer pendant toute la visite de ce pays.

Le bus nous dépose au Psar Thmei ( marché central ) en fin de matinée sous une chaleur torride ( 35°).

DSC05950  Nous prenons un Tuk-Tuk pour nous rendre à l’hôtel. La capitale du Cambodge, 2 millions d’habitants, est très étendue. D’emblée nous sommes saisis par les contrastes qui marquent cette ville. Pauvreté absolue et richesse extrême, charme et chaos, immeubles resplendissants et taudis de tôle, tout cela se conjugue en même temps comme témoins du présent et du passé. L’activité est débordante aujourd’hui. Phnom Penh est le point de départ de notre circuit au Cambodge. Pour cela nous avons passé contrat avec une agence afin de ne rien louper de son histoire lointaine et plus récente. Le lendemain nous allons à l’aéroport chercher Hélène, ma nièce et filleule, venue faire un bout de chemin dans notre périple.

DSC05951Hélène nous a gâté avec une bouteille de Bordeaux, une boite de foie gras, et quelques tablettes de chocolat ! Nous sifflerons les 2 premiers le lendemain à l’apéro, pendant qu’Hélène nous donne les nouvelles fraiches de la famille, un régal!!! Le 15/4 nous commençons notre circuit avec guide francophone, voiture et chauffeur. On a un peu cassé la tirelire pour cela mais le Cambodge c’est tellement de choses à voir et à comprendre. Notre guide pour quelques jours, Mr CHAN, est sur le point de prendre sa retraite, il est responsable au sein du ministère de la culture du département ayant à charge de réparer le palais royal et le musée national après le passage des Khmers rouges. De même il a eu une part active à la création du musée du génocide et de la mise à jour du charnier de Choeung Ek dont nous parlons plus loin. Donc un monsieur très érudit parlant un français plus que convenable, très serviable et attentif, il sera un compagnon très agréable. Pour le 1er jour Mr Chan nous fait visiter les incontournables de Phnom Penh:

DSC05954  Palais royal et pagode d’argent – Le palais royal abrite encore la famille royale mais une partie est ouverte au public. La salle du trône est utilisée pour le couronnement et des cérémonies importantes. Le roi Sihanouk y vit encore mais ne se montre plus. Il a abdiqué en 2004 au profit de Sihamoni, l’ un de ses nombreux enfants, légitimé par le gouvernement. La pagode d’argent doit son nom à son sol constitué de plus de 5000 dalles d’argent, pesant chacune 1kg. Un bouddha grandeur nature en or pesant près de 90kg et orné de 9584 diamants d’une beauté indescriptible (hélas les photos sont interdites…)

 

 

DSC05972  Le musée National – à deux pas du palais royal, il occupe un bâtiment traditionnel en terre cuite. Il renferme la plus belle collection au monde de sculptures khmères. Mr Chan est intarissable sur la description historique. Il est en partie responsable de la restauration du musée.

L’après midi nous faisons la visite de 2 sites consacrés à la mémoire des victimes de la barbarie des Khmers rouges. Initialement Annick et moi, nous n’étions pas très chauds pour voir le témoignage de ces horreurs. Mais le jour où nous sommes arrivés à Phnom Penh, nous avons vu cette immense ville qui en avril 1975 a été totalement vidée de ses habitants par les Khmers rouges entrés en vainqueurs, cet homme rencontré ayant perdu femme et enfants, notre guide Mr Chan rescapé de l’horreur. Tout cela a balayé nos hésitations. Nous qui ne faisons que passer nous avons un devoir de dire. Pardon pour ces quelques lignes que j’écris, elles peuvent heurter la sensibilité de chacun. Nous nous sommes interdits de prendre des photos de ces lieux.

Musée de Tuol Sleng ou musée du génocide – En 1975 les forces de sécurité de Pol Pot investissent le lycée de Tuol Svay Prey pour en faire une prison de haute sécurité appelée S-21. Entre 1975 et 1978, 17000 personnes y furent emprisonnées dans des conditions inhumaines, torturées pour leur extorquer des aveux, et envoyées au camp de Choeung Ek pour y être massacrées. En 1977 le S-21 revendiquait une moyenne de 100 personnes par jour. Le musée a conservé en l’état toutes les salles de classe transformées en prison collective ou cellules et salles d’interrogatoire comprenant les instruments laissés là par les tortionnaires avant leur fuite en 1979. Des photos des victimes –hommes, femmes, enfants ou adolescents – tapissent les murs. L’aspect banal du lieu le rend d’autant plus épouvantable. Mr Chan nous explique comment, alors qu’il participait à la création de ce musée, il a eu la douleur de reconnaître sur ces photos  l’un de ses amis ainsi que l’un de ses professeurs.

Les Charniers de Choeung Ek – A 15km de Phnom Penh, c’est là qu’étaient envoyés les détenus de S-21 pour y être éliminés. 17000 hommes, femmes, enfants et bébés y périrent. tous déclarés coupables……43 des 129 charniers sont restés intacts. Cela c’est ce que nous avons vu. Mais tout le Cambodge a été le théâtre des horreurs. Pendant les 3ans 8mois et 20 jours du régime de Pol Pot, Mr Chan nous dit que 50% environ de la population aura été décimée, assassinée ou morte de faim et de maladie. Pendant cette visite Mr Chan, un professionnel, aura du mal à cacher sa propre émotion en évoquant le sort de ses proches et sa vie pendant cette période. Qu’il y soit ici respectueusement remercié.

La visite de ces 2 lieux est très éprouvante car ils évoquent la face la plus terrifiante de l’humanité. Nous ne cessons de nous poser la question: comment  et au nom de quoi cela a-t-il été possible ? De même lorsque nous croisons le regard d’un homme en âge d’avoir été un possible acteur de cette période, nous nous demandons : était-il du côté des bourreaux ou des victimes ? Sans réponse……. Nous rentrons le soir à l’hôtel vidés mais satisfaits d’avoir été au bout de cette démarche absolument indispensable pour qui vient au Cambodge. Les cambodgiens font un travail remarquable de mémoire sur cette période: monuments, livres, articles de journaux intervention dans les écoles….;

DSC05982  Le lendemain départ vers Siem Reap, pour les temples d’Angkor, avec une “escale “ à Kampong Thom . En route à l’heure de midi, Mr Chan nous arrête pour voir quelques spécialités culinaires cambodgiennes. Insectes grillées notamment des mygales……On ne reste pas longtemps ! A Kompong Thom nous allons rendre visite dans un orphelinat à une jeune fille parrainée par une amie.

 

 

 

Rencontre émouvante car Mechs, c’est son nom, nous fait visiter la chambre collective sommaire où elle a vécu, car actuellement elle se prépare à une activité professionnelle. J’oubliais de préciser que le Cambodge fête du 14/4 au 18/4 le nouvel an. C’est l’occasion pour les familles de se réunir, parfois en venant de très loin, et d’aller à la pagode du village pour faire la fête ; la coutume veut que l’on s’asperge de farine.

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Nous sommes parfois pressés de retourner dans la voiture car la chaleur est accablante.

Bernard

8/04 – Kratie, Kompong Cham : deux étapes sur la route qui doit nous mener à Phnom Penh

2 mai 2010

On quitte les kips (monnaie laotienne) pour les riels (monnaie cambodgienne). Le passage de la frontière ne se fait pas sans difficulté : disons-le tout net, nous nous sommes fait “racketter” par les douaniers puis les policiers laotiens d’abord, cambodgiens ensuite !!! Tous les passagers du bus en font les frais ; seuls Julie et Olivier, un jeune couple de français avec qui nous avons sympathisé, ainsi qu’un autre jeune couple n’acceptent pas de payer : le policier refuse de leur délivrer leur visa d’entrée et menace de bloquer le bus à la frontière ! Au bout d’une bonne demi-heure, l’un des jeunes a l’idée de noter ostensiblement sur un papier le nom et le numéro inscrits sur la plaque de l’un des policiers qui panique aussitôt et comme par enchantement, les visas sont apposés sur leurs passeports !!!

Au cours de notre séjour au Cambodge, cette question de la corruption reviendra régulièrement dans les conversations que nous aurons avec les cambodgiens. Certains journaux en parlent également, mais attention s’ils vont “trop loin” : Hang Chakra, directeur du journal Khmer Machas Srok en sait quelque chose : il vient de passer plusieurs mois en prison pour avoir publié deux articles dans lesquels il accusait l’entourage du vice-premier ministre de corruption…

  • KRATIE

P1010307 Nous faisons une première halte de deux jours à Kratie, petite ville située en bordure du Mékong. En face de Kratie, au milieu du fleuve, s’étend un petite île nommée Koh Trong : après avoir loué des vélos, nous nous apprêtons à prendre le bac pour nous rendre sur cette île. Pour accéder au bac, il faut passer au-dessus du fleuve sur une planche étroite, le vélo est lourd, j’ai toujours mon bras défaillant, bref tout à coup la roue arrière se défile et il s’en faut de peu que je suive le vélo qui tombe à l’eau !!! Heureusement il n’y avait pas beaucoup de fond, le vélo est rapidement récupéré, il n’y a aucun dégât et le “spectacle” a beaucoup plu aux riverains !!!

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Koh Trong est un endroit charmant. A notre arrivée, nous entendons de la musique traditionnelle : il y a un mariage au village ! Des barnums sont dressés et les convives sont attablés. L’un deux invite Bernard à s’installer avec eux, mais nous poursuivons notre route.

 

 

Nous roulons sur des chemins de terre bordés de palmiers, de bananiers, c’est le début de la matinée et la chaleur est encore supportable. Les gens qui vivent ici ne respirent pas la richesse, les maisons, sur pilotis, sont faites de planches de bois, les toits sont en feuilles de bananier. Tout au long du chemin, enfants et adultes nous font des signes de bienvenue, nous arrêtent parfois pour nous poser quelques questions (les jeunes apprennent l’anglais à l’école). Cette balade à vélo est un régal, nous apprécions le calme, la nature. Au nord de l’île nous découvrons un village flottant de pêcheurs.

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  • KOMPONG CHAM

DSC05934   Toujours au bord du Mékong (c’est notre fil conducteur…), Kompong Cham est une petite bourgade paisible. Notre hôtel – dont le propriétaire est paraît-il le neveu du premier ministre ! – donne sur le fleuve. Il fait toujours une chaleur torride, entre 13 heures et 16 heures nous restons enfermés dans la chambre. En fin d’après-midi, les habitants de Kompong Cham viennent prendre le frais au bord du fleuve, la ville recommence alors à s’animer un peu, des jeunes jouent au volley, des marchands ambulants installent des tables et préparent à manger, la nuit tombe vite et la ville s’assoupit jusqu’au lendemain.

 

Etonnant ce pont de bambou utilisé seulement pendant la période sèche et qui doit être totalement reconstruit à la main chaque année !

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Le croirez-vous ? C’est une station essence !!!

 

 

 

Un petit clin d’œil à notre amie Anne qui a passé deux étés au Cambodge dans le cadre d’un échange entre enseignants français et cambodgiens. Anne nous a envoyé un mail nous demandant de transmettre le bonjour à Madame Hem Dy, si nous la croisions à Kompong Cham : le seul indice dont nous disposions est que cette dame s’occupait de la bibliothèque, vraiment Anne ton message manquait un peu de précisions ! Mais il en faut plus pour nous décourager et nous voilà donc partis sur les traces de Madame Hem Dy ! Un vieux monsieur parlant français et rencontré sur le marché nous met sur une piste : il nous dit qu’il a maintenant du mal à trouver des personnes avec qui échanger en français, mais qu’il va de temps en temps discuter avec des religieux français…Après quelques tâtonnements nous finissons par trouver ces prêtres. Celui qui nous reçoit vit ici depuis 17 ans, parle, lit et écrit le cambodgien…et connaît Madame Hem Dy !!! Malheureusement, nous sommes en période de Nouvel An Khmer (ce n’est pas le même calendrier que les vietnamiens ou les chinois), le lycée où travaille Mme Hem Dy est fermé et l’abbé qui nous reçoit ne connaît pas sa nouvelle adresse car elle a déménagé…Déception car nous étions près du but, mais nous partons le lendemain…Désolés, Anne, nous aurons essayé ! 

P1010328 Nous partageons plusieurs repas avec Olivier et Julie que nous avons rencontrés au Laos et qui ont passé la frontière avec nous. Ils voyagent également autour du monde. Ils sont partis de France depuis trois mois. Ils rédigent aussi un blog qu’ils ont appelé “voir ailleurs” !!! Reconnaissez que les probabilités de se rencontrer étaient assez minimes ! Nous avons passé avec eux d’agréables moments et leur souhaitons plein de bonnes choses pour la suite de leur périple !

 

Annick

4/4 – Si Phan Don – en laotien : les 4ooo îles -

18 avril 2010

A ne rater sous aucun prétexte. Ce superbe archipel s’étire sur 50km au milieu du Mékong et les 4OOO îles qui le composent semblent vivre hors du temps. Pendant la saison des pluies le Mékong atteint 14km, sa plus grande largeur sur son cours de 4350km depuis le plateau tibétain. Les habitants  vivent tranquillement et produisent ce dont il ont besoin,  riz, canne à sucre, noix de coco, légumes, produits de la pêche et tissage. Le temps s’écoule tellement paisiblement que l’on imagine sans peine les iles dériver jusqu’au Cambodge sans que personne ne bouge de son hamac….

  • Don Khong

Le voyage depuis Pakse en bus local un peu “sardines à l’huile” car nous sommes 23 dans un minibus avec bagages et marchandises. La chaleur est  toujours présente, malgré la proximité du Mékong. Après la traversée en bateau nous trouvons une chambre avec clim. et vue sur le fleuve. Il faut dire que Si Phan Don n’est électrifié que depuis peu. Le propriétaire parle un peu le français qu’il a appris à l’école.

P1010263 Le restaurant de l’hôtel possède une terrasse ombragée surplombant le Mékong. La rue qui passe devant est en terre. C’est dire que nous sommes au calme. On va se plaire ici! mais quelle chaleur! Le lendemain nous faisons le tour de l’ile avec une moto louée pour l’occasion. Nous ne pouvons circuler que le matin car à partir de midi l’air est trop chaud (entre 40° et 45°) C’est la saison sèche, les rizières sont complètement brulées par le soleil. Les habitants ont déserté les champs et se rassemblent sous leurs habitations sur pilotis, espérant trouver là un peu de fraicheur……Nous faisons halte au nord de l’ile car on nous a indiqué la présence d’une plage. Effectivement, une petite trempette dans le Mékong est la bienvenue.

  Pendant qu’Annick part faire des photos, je reste à observer un pêcheur et son filet. Ses gestes calculés, lents mais sûrs pour refermer la senne. Il  ramassera une vingtaine de petits poissons,  qu’il vendra une misère sur le marché ou qui le nourriront. Et pourtant ma présence à ses côtés ne le dérange pas , mieux il me gratifie d’un sourire joyeux. Je pars le laissant là; moi, je ne fais que passer…..mais je garde le souvenir de ce regard et de cet instant de silence bruyant, certainement sans grand intérêt, sauf qu’il se tient ici au Laos et nous sommes deux……..si différents et si proches.

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Au crépuscule, nous apercevons, depuis la terrasse du resto de l’hôtel, des enfants jouant sur le dos des buffles qui se rafraichissent dans le fleuve. J’ai envie de les rejoindre. Non Bernard, c’est plus de ton âge!!

  • Don Det – Don Kone

6/4 – Descente en bateau, pendant presque 2 heures, au travers des nombreuses iles, pour rejoindre l’île de Don-Det. Notre hôtel  est tenu par un belge flamand. C’est le seul hébergement avec climatisation. Il faut dire que l’ile est électrifiée depuis septembre dernier. Au bord du Mékong, un endroit paradisiaque ( la chaleur de l’enfer en plus!) mais avec une piscine naturelle dans le fleuve pour pouvoir se baigner.

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On ne s’en prive pas car le thermomètre ne fait pas de cadeau! Le soir attablés sur la terrasse, devant un pastis (oui, oui!!) nous assistons au coucher du soleil sur le Mékong. Saisissant! Ensuite, carbonnade à la flamande préparée par Mathieu le patron, à s’en lécher les doigts. Le lendemain, de bonne heure, nous faisons le tour de l’ile à vélo. Les habitants commencent à ouvrir leurs échoppes, il fait moins chaud. Notre chemin borde le Mékong, qui laisse voir des iles avec  végétation et des bancs de sables.

DSC05915  A certains moments, nous avons l’impression de nous promener sur le chemin de halage au bord de la Loire. Il y a une similitude entre ces 2 fleuves sauvages…… la dimension en moins!

 

 

 

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Sur l’ile de Don Kone voisine, nous passons à côté d’une vieille loco laissée là par les français et allons jusqu’aux chutes du Mékong. En raison de la saison,  le niveau de l’eau très bas laisse apparaitre rochers et cascades, et nous laisse rêver au spectacle grandiose à la saison des pluies. Nous avons passé un séjour formidable dans ces iles et plus largement au Laos que nous quittons demain, pour le Cambodge. Nous sommes un peu impatients de connaitre ce pays, son histoire récente, ses temples et son peuple, bien entendu.

Bernard

28/3 – De Vientiane à Pakse : ça commence à chauffer dur…….

13 avril 2010
  • VIENTIANE

Le premier critère de choix de nos hôtels, c’est la présence de climatisation  car la chaleur commence à atteindre des niveaux que nous n’avions pas eus depuis les chutes d’Iguazu au nord de l’Argentine. Le voyage depuis Van Vieng en bus confort (4heures) se déroule sans incident. Les paysages sont encore dans le “ brouillard” qui résulte de la culture sur brulis (essartage) à laquelle ont recours les Laotiens. Nous avions déjà vu cela pendant le trajet Luang Prabang – Van Vieng : les montagnes complètement pelées par le feu et une brume quasi permanente. Il parait que c’est un problème écologique important ( érosion, coulée de terre, fumée etc.…) car le recours à ce procédé est massif.

DSC05847 Donc Vientiane, 240 000 âmes, capitale du Laos, a été rasée par l’armée siamoise en 1828. Les français arrivés en 1867 entamèrent la reconstruction à la fin du XIXème siècle. Une ville nonchalante qui s’étire le long du Mékong. Peu de voitures. Si la libéralisation de son économie est marquée par la présence d’immeubles récents de firmes étrangères, Vientiane porte encore l’empreinte française. En témoignent les édifices abritant les services ministériels qui comportent  les indications en écriture Laotienne et sous titrées en français, et pourtant, très peu parlent notre langue. En vélos, loués pour la circonstance, nous faisons la visite de la ville :

  Le Patuxai qui évoque l’Arc de triomphe de Paris a été construit en 1960 avec du ciment américain qui était censé servir à la construction d’un nouvel aéroport !… Il parait qu’on l’appelle : la piste verticale……. De son sommet on peut avoir une vue à 360° de la ville.

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On enchaine ensuite sur série de “Vat” (temples) . Le premier m’a particulièrement intéressé : le Vat Si Saket  a été épargné lors de l’invasion par l’armée siamoise car il a une ressemblance architecturale avec des édifices siamois. Il est ceint de murs épais dans lesquels sont nichés quelques 2000 petits bouddhas en terre ou porcelaine. D’autres bouddhas debout ou couchés sont disposés dans les galeries en colonnades qui entourent le cloitre. La spécificité de ce Vat est le nombre de bouddhas qu’il renferme soit plus de 3000.

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Les autres temples que nous visitons sont plus récents car reconstruits au début du XXème siècle. Tous sont sont de belle facture très bien entretenus, repeints à la peinture ou le jaune d’or domine. Bon, il faut dire que depuis presque 2 mois on a avalé pas mal de temples ou monastères, alors……….

Alors nous chassons les bons restos, et comme nous ne sommes pas chauvins, on en trouve 3 tenus par des français ! Nous leur faisons honneur. Nous trouvons même un resto tenu par un breton qui a bien appris à son cuisinier à faire les “krampouez” on se croirait à Plougastel Daoulas !

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On quitte Vientiane pour continuer vers le sud , à 677km. Nous avons encore dans la tête les laotiens,qu’il suffit de regarder pour voir leur visage s’éclairer d’un sourire……..sans contre partie sauf le nôtre. Sympa!

  • PAKSE

Pour nous y rendre, un bus de nuit avec couchettes. Arrivée au petit matin dans cette bourgade de 66 000 habitants, au bord du Mékong,nous sommes sollicités par les chauffeurs de Tuk-tuk (sorte de petit véhicule ouvert avec des banquettes à l’arrière). 

Mais cette sollicitation n’est pas appuyée, elle reste très correcte avec le sourire en plus. Sur le chemin qui trace notre voyage, nous avons choisi de faire halte ici.  La ville par elle-même ne présente pas d’intérêt particulier, mais notre guide préféré LP (il va falloir leur demander des royalties!) nous indique de bonnes choses alentour. Négociations pour un tuk-tuk puis départ: direction Champasak à 25 km et visite des ruines du Vat Phu. Ca ballotte un peu, mais compte tenu de la chaleur, on est bien ventilés! Pour atteindre le village, on doit traverser le Mékong sur un bac.

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  En l’attendant, petite collation de nems au légumes vendus par une petite dame âgée, un vrai régal. Puis traversée. Quelques kms et nous voici sur le site du Vat Phu, site classé au patrimoine mondial.

  Le soleil nous écrase de ses rayons, il fait très chaud,autour de 40°, la sueur nous dégouline sur les joues. Pardon à nos lecteurs pour cette description mais cela vous réchauffera un peu! Nous faisons la visite des ruines, disposées sur un site de 84ha, sur 3 niveaux.

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  Le dernier, abrite une source sacrée et nous offre un souffle d’air. Ouf! Au retour arrêt au marché, dans un petit village. Accueil souriant et chaleureux des vendeurs.

Le lendemain re Tuk-tuk et visite de cascades environnantes, de plantations de thé et de café ( le Laos est producteur de café ) la chaleur est un peu moins accablante car nous sommes sur le Plateau des Boloven à 900m d’altitude. La dernière cascade nous donne l’occasion d’un bain extraordinaire, dans une vasque naturelle, où l’on se fait doucher par une chute de 80m.

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Les habitations qui bordent la route sont toutes en bois sur pilotis et les habitants pour se protéger de la chaleur s’amassent sous la maison. On a le sentiment que le temps s’est arrêté pour eux il y a belle lurette, ça ne respire pas la richesse loin de là. La seule route qui mène de Vientiane à la frontière cambodgienne suit le cours du Mékong.

Un conseil aux voyageurs : lors des haltes dans les ville, ne pas hésiter à prendre un tuk-tuk, et visiter les villages vers l’est.

 

Bus du matin pour la dernière zone laotienne avant la frontière : les 4000 îles…

Bernard

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