Archive pour la catégorie ‘Laos’

4/4 – Si Phan Don – en laotien : les 4ooo îles -

Dimanche 18 avril 2010

A ne rater sous aucun prétexte. Ce superbe archipel s’étire sur 50km au milieu du Mékong et les 4OOO îles qui le composent semblent vivre hors du temps. Pendant la saison des pluies le Mékong atteint 14km, sa plus grande largeur sur son cours de 4350km depuis le plateau tibétain. Les habitants  vivent tranquillement et produisent ce dont il ont besoin,  riz, canne à sucre, noix de coco, légumes, produits de la pêche et tissage. Le temps s’écoule tellement paisiblement que l’on imagine sans peine les iles dériver jusqu’au Cambodge sans que personne ne bouge de son hamac….

  • Don Khong

Le voyage depuis Pakse en bus local un peu “sardines à l’huile” car nous sommes 23 dans un minibus avec bagages et marchandises. La chaleur est  toujours présente, malgré la proximité du Mékong. Après la traversée en bateau nous trouvons une chambre avec clim. et vue sur le fleuve. Il faut dire que Si Phan Don n’est électrifié que depuis peu. Le propriétaire parle un peu le français qu’il a appris à l’école.

P1010263 Le restaurant de l’hôtel possède une terrasse ombragée surplombant le Mékong. La rue qui passe devant est en terre. C’est dire que nous sommes au calme. On va se plaire ici! mais quelle chaleur! Le lendemain nous faisons le tour de l’ile avec une moto louée pour l’occasion. Nous ne pouvons circuler que le matin car à partir de midi l’air est trop chaud (entre 40° et 45°) C’est la saison sèche, les rizières sont complètement brulées par le soleil. Les habitants ont déserté les champs et se rassemblent sous leurs habitations sur pilotis, espérant trouver là un peu de fraicheur……Nous faisons halte au nord de l’ile car on nous a indiqué la présence d’une plage. Effectivement, une petite trempette dans le Mékong est la bienvenue.

  Pendant qu’Annick part faire des photos, je reste à observer un pêcheur et son filet. Ses gestes calculés, lents mais sûrs pour refermer la senne. Il  ramassera une vingtaine de petits poissons,  qu’il vendra une misère sur le marché ou qui le nourriront. Et pourtant ma présence à ses côtés ne le dérange pas , mieux il me gratifie d’un sourire joyeux. Je pars le laissant là; moi, je ne fais que passer…..mais je garde le souvenir de ce regard et de cet instant de silence bruyant, certainement sans grand intérêt, sauf qu’il se tient ici au Laos et nous sommes deux……..si différents et si proches.

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Au crépuscule, nous apercevons, depuis la terrasse du resto de l’hôtel, des enfants jouant sur le dos des buffles qui se rafraichissent dans le fleuve. J’ai envie de les rejoindre. Non Bernard, c’est plus de ton âge!!

  • Don Det – Don Kone

6/4 – Descente en bateau, pendant presque 2 heures, au travers des nombreuses iles, pour rejoindre l’île de Don-Det. Notre hôtel  est tenu par un belge flamand. C’est le seul hébergement avec climatisation. Il faut dire que l’ile est électrifiée depuis septembre dernier. Au bord du Mékong, un endroit paradisiaque ( la chaleur de l’enfer en plus!) mais avec une piscine naturelle dans le fleuve pour pouvoir se baigner.

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On ne s’en prive pas car le thermomètre ne fait pas de cadeau! Le soir attablés sur la terrasse, devant un pastis (oui, oui!!) nous assistons au coucher du soleil sur le Mékong. Saisissant! Ensuite, carbonnade à la flamande préparée par Mathieu le patron, à s’en lécher les doigts. Le lendemain, de bonne heure, nous faisons le tour de l’ile à vélo. Les habitants commencent à ouvrir leurs échoppes, il fait moins chaud. Notre chemin borde le Mékong, qui laisse voir des iles avec  végétation et des bancs de sables.

DSC05915  A certains moments, nous avons l’impression de nous promener sur le chemin de halage au bord de la Loire. Il y a une similitude entre ces 2 fleuves sauvages…… la dimension en moins!

 

 

 

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Sur l’ile de Don Kone voisine, nous passons à côté d’une vieille loco laissée là par les français et allons jusqu’aux chutes du Mékong. En raison de la saison,  le niveau de l’eau très bas laisse apparaitre rochers et cascades, et nous laisse rêver au spectacle grandiose à la saison des pluies. Nous avons passé un séjour formidable dans ces iles et plus largement au Laos que nous quittons demain, pour le Cambodge. Nous sommes un peu impatients de connaitre ce pays, son histoire récente, ses temples et son peuple, bien entendu.

Bernard

28/3 – De Vientiane à Pakse : ça commence à chauffer dur…….

Mardi 13 avril 2010
  • VIENTIANE

Le premier critère de choix de nos hôtels, c’est la présence de climatisation  car la chaleur commence à atteindre des niveaux que nous n’avions pas eus depuis les chutes d’Iguazu au nord de l’Argentine. Le voyage depuis Van Vieng en bus confort (4heures) se déroule sans incident. Les paysages sont encore dans le “ brouillard” qui résulte de la culture sur brulis (essartage) à laquelle ont recours les Laotiens. Nous avions déjà vu cela pendant le trajet Luang Prabang – Van Vieng : les montagnes complètement pelées par le feu et une brume quasi permanente. Il parait que c’est un problème écologique important ( érosion, coulée de terre, fumée etc.…) car le recours à ce procédé est massif.

DSC05847 Donc Vientiane, 240 000 âmes, capitale du Laos, a été rasée par l’armée siamoise en 1828. Les français arrivés en 1867 entamèrent la reconstruction à la fin du XIXème siècle. Une ville nonchalante qui s’étire le long du Mékong. Peu de voitures. Si la libéralisation de son économie est marquée par la présence d’immeubles récents de firmes étrangères, Vientiane porte encore l’empreinte française. En témoignent les édifices abritant les services ministériels qui comportent  les indications en écriture Laotienne et sous titrées en français, et pourtant, très peu parlent notre langue. En vélos, loués pour la circonstance, nous faisons la visite de la ville :

  Le Patuxai qui évoque l’Arc de triomphe de Paris a été construit en 1960 avec du ciment américain qui était censé servir à la construction d’un nouvel aéroport !… Il parait qu’on l’appelle : la piste verticale……. De son sommet on peut avoir une vue à 360° de la ville.

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On enchaine ensuite sur série de “Vat” (temples) . Le premier m’a particulièrement intéressé : le Vat Si Saket  a été épargné lors de l’invasion par l’armée siamoise car il a une ressemblance architecturale avec des édifices siamois. Il est ceint de murs épais dans lesquels sont nichés quelques 2000 petits bouddhas en terre ou porcelaine. D’autres bouddhas debout ou couchés sont disposés dans les galeries en colonnades qui entourent le cloitre. La spécificité de ce Vat est le nombre de bouddhas qu’il renferme soit plus de 3000.

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Les autres temples que nous visitons sont plus récents car reconstruits au début du XXème siècle. Tous sont sont de belle facture très bien entretenus, repeints à la peinture ou le jaune d’or domine. Bon, il faut dire que depuis presque 2 mois on a avalé pas mal de temples ou monastères, alors……….

Alors nous chassons les bons restos, et comme nous ne sommes pas chauvins, on en trouve 3 tenus par des français ! Nous leur faisons honneur. Nous trouvons même un resto tenu par un breton qui a bien appris à son cuisinier à faire les “krampouez” on se croirait à Plougastel Daoulas !

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On quitte Vientiane pour continuer vers le sud , à 677km. Nous avons encore dans la tête les laotiens,qu’il suffit de regarder pour voir leur visage s’éclairer d’un sourire……..sans contre partie sauf le nôtre. Sympa!

  • PAKSE

Pour nous y rendre, un bus de nuit avec couchettes. Arrivée au petit matin dans cette bourgade de 66 000 habitants, au bord du Mékong,nous sommes sollicités par les chauffeurs de Tuk-tuk (sorte de petit véhicule ouvert avec des banquettes à l’arrière). 

Mais cette sollicitation n’est pas appuyée, elle reste très correcte avec le sourire en plus. Sur le chemin qui trace notre voyage, nous avons choisi de faire halte ici.  La ville par elle-même ne présente pas d’intérêt particulier, mais notre guide préféré LP (il va falloir leur demander des royalties!) nous indique de bonnes choses alentour. Négociations pour un tuk-tuk puis départ: direction Champasak à 25 km et visite des ruines du Vat Phu. Ca ballotte un peu, mais compte tenu de la chaleur, on est bien ventilés! Pour atteindre le village, on doit traverser le Mékong sur un bac.

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  En l’attendant, petite collation de nems au légumes vendus par une petite dame âgée, un vrai régal. Puis traversée. Quelques kms et nous voici sur le site du Vat Phu, site classé au patrimoine mondial.

  Le soleil nous écrase de ses rayons, il fait très chaud,autour de 40°, la sueur nous dégouline sur les joues. Pardon à nos lecteurs pour cette description mais cela vous réchauffera un peu! Nous faisons la visite des ruines, disposées sur un site de 84ha, sur 3 niveaux.

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  Le dernier, abrite une source sacrée et nous offre un souffle d’air. Ouf! Au retour arrêt au marché, dans un petit village. Accueil souriant et chaleureux des vendeurs.

Le lendemain re Tuk-tuk et visite de cascades environnantes, de plantations de thé et de café ( le Laos est producteur de café ) la chaleur est un peu moins accablante car nous sommes sur le Plateau des Boloven à 900m d’altitude. La dernière cascade nous donne l’occasion d’un bain extraordinaire, dans une vasque naturelle, où l’on se fait doucher par une chute de 80m.

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Les habitations qui bordent la route sont toutes en bois sur pilotis et les habitants pour se protéger de la chaleur s’amassent sous la maison. On a le sentiment que le temps s’est arrêté pour eux il y a belle lurette, ça ne respire pas la richesse loin de là. La seule route qui mène de Vientiane à la frontière cambodgienne suit le cours du Mékong.

Un conseil aux voyageurs : lors des haltes dans les ville, ne pas hésiter à prendre un tuk-tuk, et visiter les villages vers l’est.

 

Bus du matin pour la dernière zone laotienne avant la frontière : les 4000 îles…

Bernard

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17/3 : Luang Prabang : douceur de vivre et sourires laotiens

Samedi 3 avril 2010

Nous pensions passer 3-4 jours à Luang Prabang, nous y sommes restés 8 jours…c’est vous dire qu’on a bien aimé !

Luang Prabang, située en bordure du Mékong. fut la capitale de Lan Xang (ex Laos), jusqu’au XVIème siècle et est inscrite au patrimoine mondial de l’ Unesco depuis 1995. Ce qui séduit d’emblée, c’est le calme, la tranquillité, les nombreux temples ou monastères tous plus beaux les uns que les autres, les petites gargotes le long du fleuve, les moines vêtus d ‘étoffe d’une belle couleur orangée, les arbres fleuris…et le sourire des laotiens qui vous interpellent d’un joyeux “Sabaidee !” (bonjour ! prononcer Sa-i-ba-i-dii).

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Nous avons trouvé un hôtel charmant, ancienne maison coloniale, et le matin, quand nous ne prenons pas notre petit-déjeuner au bord du Mékong, nous déjeunons sur le balcon de notre chambre qui donne sur  un jardin luxuriant. Le propriétaire, un vieux monsieur –ancien diplomate- parle le français.

Nous nous laissons rapidement contaminer par le rythme lent de la population. Un vieux dicton datant de l’époque coloniale dit : “les vietnamiens plantent le riz, les cambodgiens le regardent pousser et les laotiens l’écoutent”…Plus sérieusement, derrière leur nonchalance affichée, les habitants ont à cœur d’entretenir et d’embellir leur ville. De nombreux monuments ont été restaurés ou sont en cours de restauration – pour certains  avec l’aide du gouvernement français.

Nous flânons dans les petites ruelles pavées de briques rouges, nous ne nous lassons pas de visiter les temples ou monastères qui renferment des trésors (enfin, pour être tout à fait exact, Bernard s’en lasse un peu plus rapidement que moi…). La religion –ou la philosophie- bouddhiste est ici omniprésente. Devant chaque maison, est dressé un petit temple dédié au culte des ancêtres.

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DSC05698 Chaque matin, dès 6 heures, il faut voir les quelques centaines de moines défiler dans les rues de la ville, recevant leur nourriture de la journée, selon un rituel bien établi : les habitants –et les touristes qui le souhaitent- s’installent sur une natte devant leur maison, les hommes debout, les femmes assises, les épaules recouvertes d’un écharpe. et distribuent par petites quantités du riz, des gâteaux, des fruits…

 

 

Un  jour, nous nous rendons d’un coup de “jumbo” (triporteur à moteur) dans le village voisin de Ban Xang Khong où travaillent de nombreux artisans (tissage, sculpture sur bois, confection de “pâte à papier” incrusté de pétales de fleurs…Les soieries sont magnifiques, difficile de résister à la tentation !

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P1010229 Un autre jour, nous partons en excursion à Tat Kuang Si : des cascades descendant sur plusieurs niveaux creusent des bassins où l’on peut se baigner, un vrai régal d’autant que depuis quelques jours, il fait vraiment très chaud !!!

 

 

 

P1010200 Les journées passent ainsi sans que l’on s’en rende compte. Nous commençons à avoir nos habitudes, nos petits restos, notre boulangerie !…Certains midi, nous pique-niquons, assis dans l’enceinte d’un monastère ou attablés dans le jardin de l’hôtel. Et, petit clin d’œil  à nos parents et amis bretons, nous avons même trouvé du pâté Hénaff sur le marché de Luang Prabang, incroyable, non ?…

 

Enfin, nous nous offrons “une petite folie” : 2 jours dans la forêt avec des éléphants !

Le Laos s’appelait antérieurement Lan Xang, ce qui signifiait le royaume du million d’éléphants. Il n’en reste plus aujourd’hui que 1500 et des programmes ont été mis en place afin de sauver cette espèce menacée d’extinction.

DSC05798 Avant de partir en balade à dos d’éléphant, un “mahout” (cornac) nous initie rapidement à la conduite de “l’animal” : au son de “Pai Pai” (tout droit), “Sai” (à gauche) ou “Koa” (à droite), prononcés fermement, l’éléphant est sensé nous obéir…Bon, heureusement que le mahout reste derrière nous ! N’empêche qu’un éléphant –même d’Asie- c’est haut (ceux d’Afrique sont encore plus grands) et ce n’est pas si simple de garder l’équilibre ! Bernard s’y sent tout de suite très à l’aise ; quant à moi, il me faut un peu plus de temps pour me décrisper et me persuader que je ne vais pas tomber ! Mais après des débuts un peu stressants, j’apprécie de voir le paysage “de haut”. Un seul autre couple de hollandais est avec nous, et en soirée nous allons tranquillement conduire les éléphants qui doivent passer la nuit dans la jungle. Les mains posées à plat sur la tête de l’éléphant, je me laisse bercer en m’étonnant du contact de cette peau rugueuse, et lorsque je sens que je perds l’équilibre, je m’accroche à ses  grandes oreilles !!!

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Après une nuit passée dans cet endroit de rêve, nous partons de bon matin rechercher les éléphants pour les amener à la rivière. Bernard retrouve Mae Uak, son éléphant et moi Mae Nam (ben oui, maintenant qu’on se connaît bien, on s’appelle par nos prénoms !…). Re-balade dans la forêt, avec lever du soleil,  puis bain dans la rivière : moment magique et partie de rigolade ! L’éléphant de Bernard, particulièrement taquin, plonge profondément dans l’eau avant de remonter en douceur, Bernard est mouillé jusqu’au cou tandis que le couple de hollandais et moi ne sommes mouillés que jusqu’à la taille ! Munis de brosses, nous leur faisons une toilette énergique qu’ils semblent bien apprécier !

Ces animaux sont étonnants  et nous aurons pris beaucoup de plaisir à les côtoyer pendant ces deux jours.

Au bout de 8 jours, il est tout de même temps de reprendre la route ! Objectif : Vientiane.

Après  8 heures de bus sur une belle route sinueuse, nous faisons halte à Vang Vieng, petite ville située en bordure de rivière. Drôle d’impression : le centre de la ville est envahi de “bars à télé” où une population de jeunes occidentaux regardent, allongés sur des banquettes,  des dessins animés ou la série américaine “friends” qui passe en boucle !!! Les jeunes viennent ici pour les possibilités d’activités : rafting, kayak…et les environs sont très beaux. Mais notre hôtel n’est pas terrible, l’ambiance de la ville ne nous convient guère, mon bras ne nous permet pas de faire du kayak, aussi  nous décidons de poursuivre sans tarder notre route vers Vientiane.

Annick