Archive pour la catégorie ‘Chili’

9/1 – Ile de Pâques : On t’ “M”

Lundi 1 février 2010

Nous arrivons sur ce petit bout de terre, perdu au milieu du pacifique, à mi- distance du Chili et de Tahiti, environ 4000kms de chaque côté. Formée à partir de 3 volcans, de forme triangulaire, elle ne fait que 24km de long et 12km en son point le plus large. Sa piste d’atterrissage est l’une des plus longues du monde car conçue pour pouvoir accueillir la navette spatiale américaine. Les 3 volcans dont elle est issue sont éteints (heureusement…).

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L’Ile de Pâques ( Rapa Nui en polynésien) tient son nom du fait que la première fois où un européen (un hollandais) a foulé son sol, c’était un dimanche de pâques de 1722.

On dit de Rapa Nui qu’elle est une ile déserte recouverte de tas de cailloux, que la déforestation est la conséquence d’un usage abusif des arbres pour le transport des statues. Aujourd’hui il y a de très belles forêts d’eucalyptus et les fameux tas de cailloux sont essentiellement des vestiges laissés par les pascuans constituant les 36000 lieux archéologiques recensés. Certes, l’ancienne forêt a disparu, la cause principale en est les incendies, la cuisson des aliments, la crémation des morts. Il fallait tordre le cou à une idée répandue selon laquelle les pascuans, afin d’honorer leurs dieux, auraient provoqué la déforestation de l’ile.

DSC04782 Nous tenons ces informations de la bouche de Lili, spécialiste de l’ile de Pâques,vivant sur l’ile depuis 27ans, marié à un pascuan Tadéo, de lignée royale. Nous avons rencontré Lili, aujourd’hui guide , lors d’une visite guidée d’une partie de l’ile. Elle est intarissable et répond à toutes nos questions en s’appuyant sur les résultats des recherches faites par des scientifiques ayant pu valider leurs hypothèses. Si un jour vous allez à l’Ile de Pâques, allez voir Lili.  Elle est connue de tout le monde. Un personnage hors du commun tant par son érudition que par son long parcours.

 

Un peu d’histoire……..car, nous français, sommes un peu concernés

Les premiers arrivants, auraient débarqué vers le Vème siècle, en provenance des iles du pacifique. Au début peu nombreux, la population s’est rapidement développée faisant place à des affrontements tribaux au cours du XVIIème siècle entre un clan de nobles (ceux- là mêmes qui ont réalisé les fameuses statues) et un clan de guerriers. C’est au cours de ces affrontements que les statues ont été pour la plupart renversées face au sol. Après 1722, espagnols, anglais,russes se succédèrent. Et puis, en 1870, l’aventurier français Jean Baptiste Dutroux-Bornier commença l’exploitation commerciale de l’ile. Il importa des moutons et transforma l’ile en un véritable ranch. Il y régna comme un tyran, proposant à la France (qui refusa)de prendre possession de l’ile. Il s’est illustré par sa sauvagerie, en effet , avide de femmes il les attrapait au lasso…….voilà de quoi ne pas être très fiers!!! Aujourd’hui Rapa Nui est chilienne, mais les pascuans ont des revendications foncières car ils estiment avoir été spoliés par le passé et réclament au gouvernement qui possède près de 90% des terres, la rétrocession de celles-ci.

Et si on parlait des statues : Les Moai

On a écrit beaucoup de choses sur les Moai. Grace au travail des chercheurs et de l’écoute qu’ils ont enfin accordé à la transmission orale des pascuans, il est établi que ces statues représentent les chefs de village, lesquels symbolisent la puissance et la fertilité. De leur vivant, ils faisaient tailler dans une carrière leur statue et à leur mort celle-ci était acheminée au village car elle conservait les symboles du chef décédé. C’est la raison pour laquelle les statues étaient tournés vers la terre (vers le village) et donc tournaient le dos à la mer.

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Leur taille de 2 à 21mètres de hauteur, pesant plusieurs dizaines de tonnes. Pendant longtemps leur déplacement a été une énigme; maintenant on sait qu’il étaient transportés depuis la carrière d’extraction en position verticale, par rotation, à la manière dont nous déplaçons nos machines à laver et réfrigérateurs, aidés par des troncs d’arbres et des cordes. Depuis toujours les pascuans disaient que les statues  se déplaçaient “ en dansant” Personne ne les prenaient au sérieux. Un jour mis au défi ils en ont fait la démonstration en déplaçant un Moai de 7m pesant 20 tonnes.

Voilà le décor (succinct) planté……et nous….

Et nous, nous faisons partie de ces 40 OOO visiteurs qui atterrissent ici par an parmi les 3800 habitants que compte l’ile. Dès le premier soir, après avoir pris possession de notre chambre dans un camping face à l’océan, nous participons à une fête folklorique avec repas et danses pascuans.

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c’est là qu’on mesure combien l’Ile de Pâques est une véritable charnière entre une civilisation ( que nous avons quittée en partant de Santiago), somme toute “occidentale”, et notre future rencontre avec la civilisation asiatique.

Le lendemain avec Lili nous découvrirons le sud de l’Ile et au travers des multiples sites archéologiques, son histoire, racontée avec passion et érudition. 6heures durant ,explications, questionnement, affirmations, Lili nous a enchantés de son propos. Et pourtant c’est pas notre truc d’écouter un guide . A faire rêver.

DSC04865 Ensuite randonnée sur le sommet le plus haut, 514m. Oui ce n’est pas l’Himalaya. Pour nous conduire, au pied de la piste, nous sommes pris en stop et conversation s’engage avec un vieux monsieur. Nous apprendrons ensuite qu’il s’agissait d’une sommité de l’Ile qui à 89ans continue de sculpter des Moais pour l’italie, l’Espagne et les USA. Du sommet nous avons une vision à 360°. Seul le vent nous accompagne dans cette rando et de superbes chevaux sauvages en liberté.

Retour à Hanga Roa sous une pluie torrentielle, le seul village de l’Ile de Pâques, car autrefois tous les habitants ont été regroupés dans ce lieu afin d’être mieux surveillés. Cela ne nous empêchera pas de nous baigner dans une eau à 25° en compagnie d’une tortue géante. Nous faisons une autre rando sur le volcan Rano kau,  altitude 410m,  à côté d’un site abritant un ancien village cérémoniel parfaitement conservé construit sur les rebords d’un cratère, à 400m d’altitude au bord d’un à pic plongeant dans l’océan.

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Nous gardons la cerise sur le gâteau, pour le dernier jour en allant sur la seule plage de l’Ile, Anakena. Nous rêvions de sable blanc et cocotier, nous y voici.

DSC04857  Nous aurions bien aimé faire une petite sieste à l’ombre des cocotiers, mais la garde du parc nous siffle pour nous prévenir du danger des noix de coco sur la tête. Voilà notre périple dans la zone hispanique se termine. Ile de Pâques on t’M parce que tu es Mystérieuse, Mythique, Merveilleuse…….

Bernard

Cet article est publié depuis la Polynésie ou nous rencontrons des difficultés de connectivité. L’album de photos sera publié dès que possible

27/12 – Valparaiso : que des couleurs ! ( à mon frère Jean Michel )

Vendredi 15 janvier 2010

A Punta Arenas, après un 24/12 tranquille, très tranquille, trop tranquille…….( mais on ne peut tout avoir, n’est-ce pas; faire le tour du monde et être près des enfants) un vol avion jour de Noël nous ramène à Santiago. Ce vol avec un temps merveilleux nous fait survoler  et voir une partie du Chili et ses glaciers. Encore une idée de voyage pour une autre fois. Nous faisons escale à Santiago 1 jour, car notre destination est Valparaiso à environ 200kms au NE. Nous retrouvons Santiago avec grand plaisir, car il fait enfin chaud et beau. C’est le début de l’été. Depuis quelques semaines nous nous étions habitués avec les frimas de la Patagonie, il nous faut rapidement ranger nos petites laines ou du moins ce qu’il en reste; car nous avons fait un envoi en France de nos sacs de couchage et grosse laine polaire. normalement nous ne devrions plus en avoir besoin. Nous avons conservé nos grosses chaussures de rando mais déjà la question se pose de les renvoyer aussi….

Dans les rues de Santiago nous rencontrons un couple avec 2 enfants, la famille Eboué, qui fait également le tour du monde et qui cherche hébergement et restaurant. Nous nous retrouverons dans le même hôtel et passerons une agréable soirée en leur compagnie. Nous essaierons encore à 2 reprises de visiter le palais de La Monedad qui vit la fin de Salvador Allende. hélas nous nous heurtons toujours à la même interdiction. Déçus. Je ne sais pourquoi nous mettons tant d’insistance à voir ce palais. Peut-être le souvenir de nos protestations dans les années 70 contre la dictature du général Pinochet. Et puis, en bus, direction Valparaiso.

DSC04637 Immédiatement nous sommes séduits par cette ville de 280 000 habitants. Fondée au XVIème siècle pour être le port de Santiago, cette ville eut son heure de gloire avant la construction du canal de Panama. En effet les bateaux venant d’Europe étaient obligés de doubler le Cap Horn et plus tard le détroit de Magellan; ils faisaient escale à Valpo ( c’est ainsi qu’on la nomme).C’est aussi la ville qui a vu naitre Allende.

DSC04599 Nous sommes séduits par les couleurs des maisons. Ici aussi les habitants ont utilisé les restes de peinture des bateaux et ont ensuite continué à peindre leur maison avec des couleurs vives. Je dois à la vérité que cette séduction s’exerce sur moi; cette ville me rappelle Alger, ma ville natale. En effet, comme Alger, Valpo est nichée sur le côté d’une rade de 20km, posée dans une écrin. la partie plane qui longe le port fait environ 400 mètres, et ensuite les collines ( les Cerro) sur lesquelles serpentent les rues  sur des pentes abruptes.

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Pour y accéder un ensemble d’ascenseurs se hissent en grinçant. On devine que sur les parties les plus hautes les habitations font place à des bidonvilles.

Circuler dans les Cerros, c’est emprunter de véritables labyrinthes de rues escarpées. Valpo c’est la couleur, des maisons mais aussi des murs. Certes les Tags y ont leur place ( ce n’est pas ma tasse de thé!). mais le Cerro Bellavista ( où se trouve notre logement) abrite un musée à ciel ouvert constitué de fresques murales réalisées par des artistes venus du monde entier.

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Bref cette ville au charme bohème n’a pas cessé de nous surprendre. Que dire de ces vieux trolleybus que nous utilisons pour nous déplacer, encore un retour en arrière à Alger avec ses trolleys des années 50….

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31/12 – Jour de Gloire pour Valparaiso

Si nous sommes à Valparaiso pour ce 31/12, c’est qu’un chilien, rencontré en octobre en Argentine nous a vivement recommandé sa ville natale (merci à toi Gonsalo. encore une rencontre extraordinaire avec des gens ordinaires!) Et particulièrement pour le feu d’artifice tiré à cette occasion. Nous avions prévu de faire un bon petit resto  ce soir-là; mais sur les conseils d’un français établi ici, nous y renonçons, car les prix sont multipliés par 4. En effet tout le Chili se retrouve ici pour une nuit de fiesta. Il n’y a plus d’hébergement disponible.

Donc à minuit nous montons sur la terrasse de l’immeuble qui nous héberge, bouteille de champagne ( pardon vin mousseux car le champagne  importé est hors de prix ). Bill américain locataire de la terrasse nous y autorise. Nous y rencontrons Gisèle, une  chilienne dramaturge – dont les pièces ont été jouées en breton devant un public guatémaltèque !!! – et sa copine Patricia, une bretonne de “Brest même”. Minuit. Les bateaux ancrés dans la rade font hurler leur sirènes pendant quelques minutes. Le temps de se souhaiter la bonne année et commence le plus grand feu d’artifice du monde; cela durera 35 minutes. Ce n’est pas un feu mais 9 feux tirés simultanément d’embarcations amarrées dans la rade. C’est un festival de couleurs et de lumières. Certes, ce ne sont que des feux d’artifice mais ce qui en fait la différence c’est l’ampleur. A chaque tir la rade s’éclaire comme si le jour nous faisait des flashs. On entend monter les clameurs des habitants qui se sont réunis près du port. Bien sûr on voudrait que la gerbe finale ne s’arrête jamais. Grandiose! Le lendemain nous rencontrons quelques “égarés” qui n’en finissent pas de faire la fête et qui nous souhaitent “Feliz ano nuevo!” Bien sûr nous souhaitons à tous ceux qui lisent notre blog une bonne année de projets et voyages.

Le 3 janvier, nous changeons de domicile pour le Cerro Conception,certainement le plus beau. Nous trouvons une auberge dans une impasse fleurie qui porte le nom de Pierre Loti au n°51. Nous y trouvons amabilité, chaleur,une chambre avec balcon donnant sur la rade. On va avoir du mal à se tirer de là ! A cela s’ajoute les rencontres avec Jordan et Mathieu, 2 jeunes bretons qui vont errer 6 mois en Amérique du Sud, et un couple d’autrichiens Martin et Elfi en tour du monde.

DSC04656 avec Jordan et Mathieu

Nous prendrons le temps de visiter à Isla Negra la 2ème demeure de Pablo Neruda, aujourd’hui musée avec tout ce qu’il a pu collectionner. A cette occasion nous irons sur la plage dominée par cette maison. Devant nous le Pacifique et ses rouleaux. Cet océan me laisse une impression de force. On ne peut l’envisager sans la houle et les rouleaux, on ne peut l’envisager venir tranquillement caresser le sable de la plage. C’est un truc énorme, qui nous défie et nous met en garde au cas où nous serions tentés de l’affronter.

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Nous quittons Valparaiso – après 9 jours d’émerveillement – en sachant que c’est la dernière ville importante qui va clôturer 5 mois d’errance et de bonheur en Amérique du Sud.

5/12 Horcon le petit port

Avant de quitter définitivement le sol de ce continent, nous nous offrons quelques jours à 80kms au nord dans un petit port de pêche. Un avant goût de ce qui nous attend. Nous avons trouvé une auberge avec une chambre simple avec terrasse qui donne sur le port. Et le temps est avec nous, bien que frais. L’eau est à 15° ou 16°. Le propriétaire de l’auberge, Alejandro, un chilien ayant travaillé quelques années en France, personnage haut en couleur et faconde toute méridionale nous prépare parilla (grillade de viande) que nous partagerons avec les autres pensionnaires: Jacqueline et Charles et le couple d’autrichiens, rencontrés à Valpo, venus nous rejoindre. Dans l’après midi nous avons entendu un grand bruit sourd et la maison s’est mise à bouger, cela n’a duré que 3 ou 4 secondes. Alejandro nous dit que nous venons d’avoir un petit tremblement de terre ………Allez! pas de panique!!!! Ce n’était pas un “terramoto”

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Nous assistons le matin à l’arrivée des bateaux de pêche tirés par des chevaux pour les sortir de l’eau.  Les pêcheurs retirent de leurs filets des merlus, des maquereaux, plus loin ce sont des crabes; Cela me donne envie de me mettre aux fourneaux et préparer une petite sauce au beurre blanc……… Nous achetons des gros maquereaux que nous fera griller Alejandro. Ce petit port est vraiment ce que l’on adore à la mer.

Voilà nôtre séjour en Amérique du sud se termine. Nous ne ferons pas de bilan; D’ailleurs y en a-t-il un ? Mais nous sommes sûrs que lorsque samedi 9/12 l’avion décollera nous regarderons ce sol qui nous a si bien accueilli avec un peu de nostalgie. Cet avion nous emmènera vers d’autres lieux nous proposant d’autres rencontres, d’autres richesses. Nous sommes preneurs.

Bernard

19/12 : on embarque pour 3 jours sur le Via Australis

Lundi 4 janvier 2010

DSC04360 Le ciel est bas, il pleut, le vent s’engouffre dans les rues d’Ushuaia et dans le  canal de Beagle. La mer nous paraît bien menaçante…nous avons nos provisions  de  “cocculine” en cas de mal de mer.

Notre première idée était d’aller dans l’Antarctique, mais nous y avons renoncé car les prix étaient vraiment très élevés.  Cette croisière que nous avons choisie part d’Ushuaia, descend jusqu’au Cap Horn et remonte jusqu’à Punta Arenas (au Chili) en passant par les fjords, pas mal non plus, non ?

pour une carte de la Terre de Feu, cliquez sur le lien suivant

                                                       http://wapedia.mobi/fr/Fichier:Cities_of_Tierra_del_Fuego.png

 

  • L’embarquement

Nous embarquons vers 17 heures sur le VIA AUSTRALIS. Première prise de contact avec le bateau et son équipage : nous qui choisissons le plus souvent des hébergements plutôt modestes, nous voici transplantés dans une ambiance luxueuse où tout est pensé pour le bien-être et le confort des passagers. Notre chambre, spacieuse, avec une large fenêtre pour nous permettre de profiter au maximum des paysages qui vont défiler devant nos yeux, puis les salons, le bar, le restaurant…Le VIA AUSTRALIS comporte quatre niveaux et peut accueillir 130 passagers. Le bateau lève l’ancre à 20h. Et là, le ciel est tout bleu, le vent s’est apaisé. Depuis le pont nous regardons s’éloigner le quai, nous savons qu’à cet instant nous quittons l’Argentine et nous lui sommes reconnaissants de ce qu’elle nous a offert pendant ces plus de 3mois.

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Bernard et moi n’avons évidemment aucune tenue un peu “habillée” dans nos sacs à dos ! Mais rapidement, lors de la  réunion d’accueil, le personnel nous met à l’aise en précisant qu’il s’agit bien d’une croisière d’expédition au style  décontracté. De fait, la plupart des passagers sont en jeans ou vêtements de randonnée…

Le spectacle de la mer est permanent, on ne se lasse pas…la nuit on voudrait ne pas dormir pour profiter au maximum, car ici les journées sont très longues et il ne fait jamais totalement nuit…

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A notre table, un banquier suisse, sa femme d’origine allemande et les deux filles de cette dernière qui sont  adolescentes et vivent à Bruxelles, un garagiste lyonnais, Jean-Claude,  venu rejoindre sa fille Marielle, infirmière et grande voyageuse…et nous deux…Jean-Claude a lui aussi beaucoup voyagé et nous sympathisons rapidement.

  • Le CAP HORN (ou Cabo de Hornos)

Dès le lendemain, à 7 heures du matin, nous embarquons sur un zodiac pour aller au Cap Horn. Jusqu’au dernier moment nous ne savions pas si cela serait possible car ici les conditions météo varient très vite et il est impossible de faire des prévisions.

DSC04446 Difficile de décrire ce que nous avons ressenti en apercevant le Cap Horn, puis en mettant pied à terre sur l’île d’Horn…on a l’impression d’être sur un nuage, nos pieds ne touchent pas le sol…On est vraiment cette fois sur le dernier  bout de terre de l’hémisphère sud… et les  glaces de l’Antarctique ne sont  qu’à environ 1000 kilomètres d’ici.

Pour nous, l’”aventure” ne présente aucun risque mais je pense aux marins qui naviguèrent dans ces eaux tourmentées où  océans Pacifique et  Atlantique se rejoignent , dix mille d’entre eux y ont  péri… nos imaginaires sont habités de ces  récits parfois terribles, parfois exaltants se déroulant dans cet univers  à la fois beau et hostile. Aujourd’hui il fait beau et cependant le vent souffle très fort, alors par temps de tempête…

DSC04450 Un mémorial rend hommage à tous ces marins, plus loin une stèle blanche se dresse, érigée en 1989 au nom de l’amicale des capitaines au long cours et cap-horniers – dont le siège se trouve à Saint-Malo.

Le phare veille, et une petite chapelle en bois offre à ceux qui le souhaitent une occasion de recueillement.

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C’est d’ici que nous voulons adresser nos voeux pour Noël et la nouvelle année, l’idée est bonne mais la réalisation un peu ardue ! Une première vidéo s’adressera à notre famille et à nos amis.  Après plusieurs tentatives, nous nous résignons : tant pis pour la qualité du son, l’essentiel est que vous puissiez voir le Cap Horn et entendre souffler le vent…

Une deuxième vidéo sera destinée à nos enfants : là ça devient plus compliqué car nous voulons pouvoir apparaître tous les deux sur la vidéo…impossible à réaliser au Cap Horn, nous la ferons au retour sur le bateau après avoir sollicité Jean-Claude pour tenir la caméra. Merci à lui !

Le Cap Horn restera sans nul doute un des souvenirs forts de notre voyage et nous avons du mal à nous en “arracher” pour regagner le Via Australis.

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  • L’île Navarino et la maison de Darwin

DSC04477 En fin d’après-midi, nous débarquons sur l’île Navarino, située en bordure du canal Murray et où se trouve, totalement isolée, la maison de Darwin qui séjourna ici au cours de son voyage autour du monde avec Fitz Roy sur le “Beagle” . C’est au cours de ces cinq années de voyage qu’il élabora sa théorie sur l’évolution des espèces.

Le versant opposé de l’île donne sur le canal de Beagle et abrite la garnison militaire de Puerto Williams, ce qui fait dire aux chiliens que la dernière ville du bout du monde est Puerto Williams et non Ushuaia !…

 

  DSC04485 Nous voyons ici aussi les dégâts causés aux forêts par les castors qui ont été importés en Amérique du sud pour en faire le commerce des peaux, maintenant ce commerce a périclité mais les castors sont toujours là…les argentins comme les chiliens ont essayé diverses méthodes pour s’en débarrasser, mais en vain…Les chiliens ( marins sur notre bateau ) accusent les argentins qui accusent les canadiens qui…..etc…etc….

 

 

 

Il règne ici un calme absolu et la vue sur le canal Murray et la cordillère Darwin est superbe.

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Retour au bateau, la croisière se poursuit dans les fjords, la nuit est claire et l’on regrette que le bateau poursuive sa route pendant que nous dormons, nous privant ainsi de cette beauté.

  • Les glaciers Piloto et Nena

Deuxième journée : une baleine est en vue aux abords du bateau ! tous les passagers se retrouvent sur le pont ou dans les salons pour l’apercevoir.

Puis, virée en zodiac au milieu des fjords, le zodiac se glisse parmi les glaces, parfois le moteur peine, l’hélice rencontre des morceaux de glace résistants que le pilote doit dégager de la main, ou du pied ! Seuls des petits bateaux peuvent s’aventurer ici, et seulement en été, l’hiver c’est totalement inaccessible. Soudain, on découvre le Glacier Piloto qui se jette dans la mer dans des dégradés de bleu, c’est un moment magique. Le bateau se tient à distance et heureusement, car brusquement un grand pan se détache et tombe à l’eau dans un bruit fracassant, quel spectacle !

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  • L’île aux pingouins

Troisième et dernier jour : dès 7 heures du matin, nous débarquons sur l’Isla Magdalena, dans le détroit de Magellan. Une foule “affairée” de petits pingouins de Magellan nous y attendent ! comme ils sont drôles avec leur démarche pataude ! Les pingouins de Magellan ne mesurent pas  plus de 55cm de hauteur. Il y en a partout, ils  se croisent, vaquent à leurs occupations, on les verrait bien avec un “attaché-case” sous le bras !…(pour visionner 2 petites vidéos, faire un clic droit sur les liens suivants et cliquer sur “ouvrir le lien hypertexte”: 

http://www.youtube.com/watch?v=9GDvFSo8Sy4
http://www.youtube.com/watch?v=44E_jFS6cNk

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Les petits sont à l’abri dans des nids creusés dans le sol et méticuleusement nettoyés par les mâles avant l’arrivée de leur femelle. Lorsque la femelle arrive, comment fait-elle pour  reconnaître l’appel de “son” mâle entre les milliers de cris qui nous emplissent les oreilles ? mystère…

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Quelques pingouins nous raccompagnent à la nage jusqu’au bateau , ils se déplacent à la manière des dauphins et sont très rapides.

  • Punta Arenas

DSC04572 Nous arrivons en fin de matinée au terme de la croisière. Débarquement, formalités douanières…Nous avons réservé une chambre dans une auberge de jeunesse, le contraste est un peu rude…

 

 

 

 

DSC04577 Nous sommes le 23 décembre, on croise des Pères Noël et les habitants de Punta Arenas connaissent eux aussi les affres de la fièvre acheteuse !…On se sent complètement décalés ! Nous retrouvons Jean-Claude et Marielle qui repartent demain pour El Calafate et le glacier Perito Moreno…Marielle nous donne un précieux coup de main pour nous permettre d’envoyer nos vidéos de voeux grâce à “you tube”, ah ces jeunes, ils sont trop forts !

Bien sûr en cette période de fêtes, la famille et les amis nous manquent davantage encore.

Le 24 au soir, les rues se vident, pour nous le réveillon se passera au restaurant “Finis Terrae” situé au 5ème étage, rien de très exceptionnel au menu, mais vue panoramique sur le détroit de Magellan, Joyeux Noël !!!

Demain, nous prenons l’avion pour Santiago du Chili.

Annick

5/12 – Les Glaciers côté Chilien

Samedi 19 décembre 2009

Nous voici arrivés au Chili, à Puerto Natales. C’est le sud de la Patagonie côté chilien. On commence vraiment à sentir le climat du sud de l’Amérique. En arrivant à Puerto Natalès on a cru un instant que cette ville était au bord d’un lac bordé de montagnes enneigées. Et non c’est bien l’océan pacifique qui s’est faufilé jusque là au travers des milliers de petites îles qui composent le Sud du Chili, un peu comme si une main avait brisé un bout de terre en laissant les morceaux. A l’hôtel, le responsable nous informe des possibilités de nous rendre dans le Parc National Torres del Paine, le but de notre virée au Chili. Hélas c’est dimanche et rien ne fonctionne. Après réflexion, nous décidons tous les 3 de nous rendre dès lundi au parc, sans avoir réservé le 1er refuge. En effet il ne reste que peu de jours à Julian pour terminer son voyage. Le parc est à environ 120km.

DSC04187  Après le bus, un catamaran traverse un lac pour nous conduire au refuge. C’est bien la première fois que nous nous rendons dans un refuge de montagne en bateau….! Nous sommes un peu inquiets car le refuge est peut-être complet par ceux qui ont réservé. Je me précipite le premier pendant qu’Annick et Julian récupèrent les sacs, et à l’accueil bingo….l’hôtesse me dit “compléto” allez voir dehors si vous trouvez une tente. Je trouve  et réserve. Par acquis de conscience je retourne faire du charme à l’hôtesse qui succombe et me dit qu’elle a 3 lits en dortoir…..Balaise! non….! En fait il s’agit d’une annulation de dernière minute. Faut pas rêver!!!

 

1er jour : Départ dès 14h vers le glacier Grey. c’est 7h aller-retour et il faut être revenus avant 21h pour le repas du soir. Nous serons là à 20h30 . Un peu speed la ballade mais merveille, lac avec icebergs, glacier qui se jette dans le lac. Le genou de Julian tient et nous sommes bien las.

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2ème jour : Départ vers la Valle Frances. Journée splendide. Quelle chance! Le refuge nous a préparé le pique-nique. Il est 8h30. Cette randonnée est magnifique car après 3h le sentier monte avec de superbes glaciers de montagne, suspendus par miracle, et on entend les séracs se fracasser dans les pentes. Nous serons payés de nos efforts par la beauté des paysages. Mais alors c’est beaucoup de marche, au total presque 11h de marche effective. Et il ne faut pas trainer pour être rentrés avant 21H.

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3ème jour: repos car nous changeons de refuge en utilisant le bateau et le bus

DSC04236 4ème jour : Le temps est moyen pour aller voir les Torres del Paine. Petite ballade de 7h de marche avec un final de 300m de denivelé assez raides. Mais à l’arrivée le ciel est dégagé comme pour nous accueillir…….. regardez les photos c’est mieux qu’un commentaire.

 

Hier et aujourd’hui nous avons vu beaucoup d’oiseaux. Une petite pensée pour Jacqueline et Michel Besnard, grands amateurs d’oiseaux. (A ce propos, il y a une erreur dans l’article précédent : l’oiseau sur la photo est un pic-vert de Magellan, et non un pivert…)

 

 

DSC04274  Le soir retour à Puerto Natales un peu tardivement. Nous trouverons une Parillada (resto où l’on mange des grillades) pour fêter nos exploits et le dernier jour pour Julian qui part demain. Au fait, c’est une blague il ne mange pas que des carottes……il mange aussi des fruits secs. Le lendemain on se sépare après presque 2 semaines passées à partager. Voilà une rencontre qui nous aura marqué et dont nous gardons un souvenir ému. Merci à toi, Julian. Nous aurions continué avec plaisir le chemin commun. Quant à nous nous allons rester quelques jours à Puerto Natales.

Cette ville est constituée d’habitations basses qui paraissent bien légères pour affronter les hivers rigoureux qui sévissent. Les parois et les toits sont faits de tôle et d’une mince épaisseur. Les peintures sont assez diverses comme s’il fallait donner une allure un peu gaie dans cette univers souvent gris.

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Avant de quitter Puerto Natales, qui finalement nous a plu pour ce qu’elle est, un petit port au bord du pacifique à l’intérieur des terres, nous faisons un soir une Cabalgatas ‘(un promenade à cheval) C’est la fin de la journée, notre balade commence par le bord de mer.

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Devant nous des cygnes majestueux et puis une dizaine de flamants de rose prennent leur envol dans un ciel tourmenté. Qué Bueno!!! Es muy lindo!!  et puis la balade se poursuit dans la pampa, les chevaux dociles obéissent. Le vent nous glace le visage. Nous sommes 3 avec le guide qui parle anglais et espagnol. C’est un moment de pur bonheur. Se prendre pour des Gauchos…….. Et puis c’est le retour à El Calafate pour prendre l’avion. Destination Ushuaia, le bout du monde puisque la dernière ville avant le pôle sud. nous sommes impatients d’y être

Bernard

ESCALE à SANTIAGO du CHILI

Mardi 3 novembre 2009

 SANTIAGO du CHILI – du 23 au 26 octobre

Nous arrivons en fin d’ après-midi à Santiago du Chili.

Après avoir retiré de l’ argent chilien (distributeur dans une pharmacie, il fallait le savoir !!!), nous prenons un taxi pour aller chercher un hôtel. Premier aperçu de cette ville où nous reviendrons en fin d’ année.

L’ hôtel "El Patio Suizo" , situé dans le quartier Providencia, nous plaît bien . L’accueil y est très sympa, l’ endroit calme. On y retrouve le côté douillet et  soigné des chalets suisses : Armen, le propriétaire d’ origine suisse, vit ici depuis 8 ans. Petit déjeuner fabuleux comme nous n’ en avions pas eu depuis longtemps…Malheureusement, nous ne pouvons y rester qu’ une nuit, Armen nous trouve un autre hôtel pour les deux nuits suivantes, l’ hôtel Paris, plus proche du centre, où nous ferons la rencontre d’ un groupe de 5 français originaires de La Flèche et Noyant.

Santiago, capitale du Chili, est une immense ville encaissée entre la cordillère des Andes à l’ est et la cordillère côtière à l’ ouest. Ses larges avenues, ses rues piétonnes, ses espaces verts nous plaisent bien. Et nous pouvons faire provision de presse française !…

P1000420 En arrivant devant Le Palais de la Moneda (palais présidentiel), les images du coup d’ état de 1973 et de la mort d’ Allende nous reviennent en mémoire…Ce n’ est qu’en 1990 que le Chili a connu le retour à la démocratie et les cicatrices de 17 années de dictature ne sont pas encore totalement refermées…Au fil de nos déambulations, plaques sur les murs ou sur les pavés nous obligent à nous souvenir de ces hommes et femmes – parfois très jeunes – morts ou torturés durant cette sinistre période…Normalement, le Palais de la Moneda peut se visiter, mais lors de notre passage les visites étaient annulées – pour cause de manifestations, avons-nous cru comprendre…Nous retenterons notre chance en décembre…

P1000427 Autre visite qui restera dans nos mémoires : la visite de "La Chascona", l’ une des trois superbes maisons du poète Pablo Neruda, aujourd’hui transformée en musée. "La Chascona" ou "L’ ébouriffée", c’ était la deuxième  épouse de Neruda, Matilde Urrutia : cette maison avait été construite dans les premières années de leur relation pour abriter leurs amours clandestines…Une maison de rêve, construite et aménagée avec goût et fantaisie, remplie d’ objets de collection, tous plus beaux les uns que les autres…Neruda et Matilde aimaient y accueillir leurs amis et y faire la fête…Chaque pièce a son caractère bien particulier (les photos sont interdites)…l’ évocation de la mer y est partout présente…Le jardin s’ étage sur plusieurs niveaux. Hélas, la bibliothèque qui contenait 7000 ouvrages a été en grande partie brûlée par les militaires – seuls 2000 livres ont pu être sauvés…

 

La montée en funiculaire au  Cerro de San Cristobal (480 m) nous permet de surplomber la ville.

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Pour le reste, nous verrons cela lors de notre prochain passage car il nous faut avant tout préparer la suite de notre voyage : recherche de documentation dans nos guides de voyage et sur internet, étude des différents itinéraires possibles, réservation de certains vols, hébergements etc…on ne le croirait pas mais cela nous prend beaucoup de temps !…

Demain, nous repartons vers l’ Argentine, direction Buenos Aires, en avion cette fois !…

Annick