Archive pour la catégorie ‘Polynésie française’

14/01/2010 Ah ! les îles polynésiennes !

Vendredi 12 février 2010

Ia ora na ! ( bonjour !)

A 4000 kms de l’île de Pâques, à 16 000 kms de la France – avec 9 heures de décalage horaire – 260 000 habitants vivent en   en plein cœur de l’océan  Pacifique sur 118 îles qui s’étendent sur une superficie égale à celle de l’Europe… Autant dire qu’il va falloir faire des choix : visiter le plus d’îles possibles ou en sélectionner 2 ou 3 où nous prendrons le temps…de prendre notre temps, voire de ne rien faire ?…C’est, vous vous en doutez cette dernière solution que nous retenons. Il nous faut donc renoncer à nous rendre dans l’archipel des Marquises, ainsi que dans l’archipel des Australes et celui des Gambier, tous trois très éloignés de Tahiti où nous atterrissons.

Polynésie version plages de sable fin et cocotiers…

  • TAHITI, MOOREA :

Comme les autres îles de l’archipel de la Société, Tahiti et Moorea sont des îles volcaniques, montagneuses (les îles hautes), ceinturées par une barrière de récifs coraliens ; entre le récif et l’île, c’est le lagon, aux couleurs bleu ou turquoise selon l’heure.

Notre premier contact avec Tahiti est toutefois moins idyllique. Sur les conseils de Patrick, un “baroudeur” rencontré au Pérou, nous avions retenu une chambre à la pension de famille “Chez Fifi”, près de l’aéroport. Les informations de notre ami devaient un peu dater, car nous découvrons un établissement dégradé dont la tenancière et son mari sont dans un état de santé tout aussi dégradé…Pas de serrure à la porte de notre chambre, un lit défoncé, des conditions d’hygiène douteuses, le tout avec une chaleur moite qui nous accable…Ambiance on ne peut plus “glauque”…il est 0h30, il fait nuit noire, pas question d’aller chercher autre chose…on dort tant bien que mal…

Le lendemain, découverte de Papeete et son marché coloré, fleurs, légumes et fruits en abondance…Les femmes, une fleur de tiaré dans les cheveux, sont habillées avec soin ou simplement vêtues d’un paréo…Des hommes jouent dans la rue sur leurs ukulele (mandoline)…

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DSC04896 Première pluie tropicale diluvienne, nous nous réfugions dans un café. Quand nous en sortons 1 heure plus tard, il est 17 heures et à notre grande surprise tous les magasins sont fermés, stores métalliques baissés, il n’y a plus grand monde dans les rues…Décidément, nous ne sommes plus en Amérique du Sud, il va falloir que nous prenions de nouveaux repères ! Ici les gens mangent – et se couchent – tôt le soir et se lèvent très tôt le matin ( vers 5h ou 6h, parfois même beaucoup plus tôt pour ceux qui doivent venir travailler à Papeete car il n’existe qu’une seule route très encombrée et nous avons rencontré une dame qui doit faire 3heures de trajet chaque matin pour se rendre à son travail ).

Impression curieuse de se trouver à des milliers de kilomètres de la France et de parler français, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps ! Nous avons même fait des courses dans un magasin Carrefour où nous avons retrouvé la plupart des produits qui se vendent en France ! Et pourtant la Polynésie nous semble étrangère, plus proche peut-être de la culture asiatique ?

Nous décidons de ne pas nous attarder sur Tahiti et de partir aussitôt pour Moorea. Nous aurons l’occasion de revenir à Papeete à 2 reprises et prendrons alors le temps de flaner, de goûter aux spécialités culinaires locales (dont le carpaccio ou le sashimi de thon) et de  faire le tour de l’île : visite de l’intéressant “Musée de Tahiti et des îles”, des jardins d’eaux de Vaipahi, de la presqu’île de Tahiti Iti (“la petite Tahiti”),  plus sauvage  que Tahiti Nui (“la grande”)…Il y a même sur la presqu’île un endroit qui ressemble à la Normandie ! oui, oui, vaches, champs verdoyants, on s’y croirait !

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MOOREA

Nous avions prévu d’y passer 4-5 jours, nous y sommes restés 10 jours ! Pour deux raisons principalement : d’abord parce-que cette île a beaucoup d’attraits et que nous y avons trouvé un camping situé dans un endroit merveilleux, donnant directement sur la plage et le lagon, et ensuite parce-que le port répété de mon sac à dos depuis 5 mois m’a causé une douloureuse tendinite au bras et à l’épaule. Repos obligatoire, et séances de kiné qui nous ont valu de faire la connaissance d’Anne-Marie, kinésithérapeute vivant ici avec sa fille  depuis 10 ans. Imaginez les séances de kiné au camping : allongée sur une table au bord de la plage, Anne-Marie me prodigue ses soins tout en me faisant partager sa connaissance de la culture et du mode de vie polynésiens et en me livrant des petits bouts de sa propre histoire. Rapidement se crée une relation amicale. Nous l’invitons à venir diner un soir, en fait c’est elle qui préparera le repas composé de plats locaux : salade tahitienne, poisson cru,  gâteau à la banane…le tout arrosé d’un bon petit rosé !

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Durant ce séjour, nous faisons une cure de mangues, papayes, pamplemousses délicieux (qui n’ont pas du tout le même goût que les pamplemousses que nous mangeons en France), et bien sûr les réputés ananas de Moorea !

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A part 3 autres personnes durant quelques jours, nous sommes seuls sur ce camping, la plage et le lagon nous appartiennent. Chaque matin, nous commençons la journée par un bain, l’eau est au moins à 27 degrés, nous croisons des petits poissons aux couleurs fluo. Le soir, nous évitons de nous baigner car nous apercevons les ailerons de petits requins qui viennent en fin de journée chasser dans ce coin : les gens d’ici ont beau nous dire qu’ils  sont absolument inoffensifs, nous préférons nous tenir hors de l’eau !!! Nous apercevons aussi parfois des raies pastenagues et assistons sans nous lasser aux couchers du soleil sur le lagon. Quelques pirogues glissent doucement sur l’eau. Calme, beauté… la langueur polynésienne ne tarde pas à nous gagner…

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La chaleur est certains jours difficile à supporter. L’emplacement du camping est superbe mais notre bungalow est très sommaire, sans climatisation bien sûr. Nous avons dû acheter une moustiquaire pour nous protéger des hordes de moustiques la nuit. Malgré cela dès que nous mettons le pied hors du lit, ils ne nous loupent pas !

La culture polynésienne est complexe et certaines croyances ancestrales sont encore bien vivaces. L’artisanat est très riche : sculptures sur bois, sur nacre, sur os, paréos aux vives couleurs, bijoux de coquillages,  fameuses perles de Tahiti etc.

Il y a ici les polynésiens “de souche”, les “demis” (descendants de mariages mixtes entre les colons français et les grandes familles polynésiennes) et les “popaas” (métropolitains résidant en Polynésie). Toutes les personnes que nous avons rencontrées nous ont parlé de leur inquiétude liée au contexte politique délétère (incompétence des dirigeants, détournements de fonds, corruption…). Ceci – ajouté au coût élevé de la vie ici et à la crise économique – participe à la baisse de l’activité  touristique dans toute la Polynésie.

Soirée intéressante à Tiki Village : repas typiques, danses polynésiennes…Bernard est séduit par les belles polynésiennes, moi je ne vois vraiment pas ce qu’il leur trouve !… Les hommes, par contre, avec leurs beaux tatouages sur tout le corps, je ne dis pas !!!…

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  • MATAIVA

Située dans l’archipel des Tuamotu, Mataiva (un peu plus de 200 habitants) est un atoll : ici pas de montagnes, l’île au niveau de l’eau est recouverte d’arbustes et de cocotiers. Ile perdue au milieu de nulle part, superbes plages de sable fin, images de carte postale…

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Nous logeons à la  pension de famille Ariiheevai – chez François et Alphonsine – Pension complète obligatoire car il n’y a ici rien d’autre pour les touristes. Accueil charmant, activités et sorties incluses dans le prix de la pension : c’est ainsi que nous nous retrouvons à confectionner des assiettes en feuilles de palmier ou des bijoux de coquillages sous l’œil attentif de Priscilla !!!

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Jules et Kaoui nous font découvrir leur île et nous préparent les poissons qu’ils viennent de pêcher devant nos yeux. Jules est aussi le roi des petits pains de coco qu’il fait cuire au feu de bois ! délicieux !

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Nous sommes en tout 8 personnes dans la pension et la communication passe bien dans le groupe.                                    Le dernier soir , Priscilla nous a confectionné de superbes couronnes de fleurs et initie les femmes à la danse polynésienne tandis que les hommes répètent leur “spectacle” avec Jules, tout cela dans les rires bien sûr !

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Le temps n’est cependant pas terrible, il y a même eu un avis de “bébé cyclone” mais cela se transforme en “simple” tempête tropicale. Le vent souffle tout de même bien fort et un instant nous craignons de ne pouvoir repartir en avion.

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Malgré cela – et en dépit des “nonos” qui sont encore plus voraces que les moustiques – la beauté de Mataiva et la gentillesse de la famille d’Alphonsine et François resteront parmi nos meilleurs souvenirs.

 Polynésie version cyclone…

Vous avez peut-être entendu parler du passage du cyclone OLI sur certaines îles polynésiennes ? Hé bien, nous y étions ! Cela s’est produit dans les derniers jours de notre séjour, nous séjournions alors à Fare, un petit village sur l’île de HUAHINE, dans l’archipel de la Société, pas très loin de Moorea et Tahiti.

Dès l’annonce du cyclone , les habitants ont envahi l’unique supermarché du coin, faisant provisions d’eau, de riz, de lentilles etc.

P1000953 Puis rapidement, les rues se sont vidées, la circulation automobile a été interdite, tous les vols annulés, tout le monde est rentré chez soi se mettre à l’abri ou se préparer à l’arrivée du cyclone : amarrage des toits en tôle, consolidation des fermetures, protection des vitrines avec des plaques de contreplaqué etc…La pluie a commencé à tomber et le vent à souffler de plus en plus fort. La houle a commencé à se former, les vagues ont formé des creux de 7mètres au plus fort de la tempête. La mer a alors débordé sur la route, nous guettions son avancée avec anxiété car la pension où nous logions (“chez Guynette”, très bonne adresse) était située juste de l’autre côté de la route…Enfin disons plutôt “je” guettais avec anxiété, car Bernard était étonnamment calme, voire sans réactions, ce qui ne faisait qu’amplifier ma propre inquiétude !…Il y avait dans la pension seulement un autre couple de polynésiens et un jeune californien.

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Le spectacle de l’océan était à la fois fascinant, beau  et inquiétant. La nuit est arrivée et nous nous sommes réfugiés dans notre chambre, nos sacs faits pour le cas où il faudrait évacuer rapidement les lieux…Je me suis plongée dans un bon roman et sortais de temps en temps surveiller l’évolution de la situation, tandis que Bernard s’endormait comme un gros bébé ! Le vent s’est un peu apaisé dans la nuit et la mer s’est arrêtée à la porte de “Chez Guynette” !

Nous avons eu beaucoup de chance car à environ 50 mètres de là, plusieurs maisons ont été détruites ou sérieusement endommagées : le vent a arraché de nombreux arbres mais c’est surtout la mer qui a fait le plus de dégâts, charriant des tonnes de sable et de coraux dans les maisons. Les habitants de l’île ne se rappelaient pas avoir vu un cyclone aussi fort depuis très longtemps. Certains ont tout perdu mais Il n’y a pas eu de pertes humaines heureusement.

Progressivement les commerces ont rouvert leurs portes. Les habitants, soulagés de se retrouver, se serraient la main et restaient parler dans les rangs du supermarché, plusieurs d’entre eux sont venus échanger quelques mots avec Bernard.

Il nous a fallu attendre un jour de plus pour que le trafic aérien soit rétabli et que nous puissions rentrer sur Papeete pour prendre notre avion vers l’Australie.

HUAHINE est certainement une très belle île et c’est avec regret que nous la quittons sans avoir pu la découvrir sous son aspect tranquille.

Na na ! (au revoir !)

Annick