Archive pour la catégorie ‘Argentine’

15/12 USHUAIA, porte sur l’Antarctique

Dimanche 3 janvier 2010

Cette fois, nous ne rêvons pas, depuis le temps que nous en parlions, ça y est, nous y sommes !

Certains nous ont dit “Ushuaia c’est nul, ça ne présente aucun intérêt de s’y attarder”, d’autres nous ont dit “c’est super, il faut y aller”. Donc  le seul moyen de  vous faire votre propre  opinion, c’est de faire comme nous : venez sur place !!!…

  C’est vrai que la ville s’est étendue de manière anarchique depuis quelques années en raison de son développement touristique, mais ce qui en fait le charme, c’est le cadre environnant : les montagnes aux sommets enneigés entourant les eaux glaciales du  canal de Beagle, les sirènes des bateaux de toutes tailles qui invitent au voyage…et puis aussi bien sûr l’emprise qu’exerce sur notre imaginaire le fait de savoir que cette ville est la dernière du continent avant l’Antarctique… une ville au bout du monde, dans la Tierra del Fuego (la Terre de Feu)

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Dans les rues, les voyageurs se croisent, pour certains le voyage s’arrête ici, tandis que d’autres s’apprêtent à partir vers l’Antarctique et font leurs derniers achats dans les nombreuses boutiques de la rue San Martin…L’air est vif et lorsque nous arrivons en fin d’après midi, le vent souffle violemment,  nous apprendrons rapidement que cela est  habituel…Nous avons loué une chambre chez l’habitant – ou plutôt l’habitante – puisque Monica  vit seule avec ses 3 enfants jeunes adultes étudiants (qui lui donnent parfois du fil à retordre !). L’accueil est chaleureux, Monica aime vivre ici et nous donne une foule d’indications sur les choses intéressantes à voir ou à faire. Nous faisons connaissance avec Kathleen, irlandaise. Le soir, au restaurant, s’élève soudain la voix d’Edith Piaf “non, je ne regrette rien…”

Dès le lendemain matin, après un nuit où nous avons eu l’impression que le toît de la maison allait s’envoler, nous partons randonner sur les hauteurs de la ville. La montée jusqu’au glacier Martial est raide mais le temps s’est dégagé et l’on surplombe la ville et le canal de Beagle : pas mal du tout ! On a du mal à réaliser que nous sommes vraiment en cet endroit!

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3ème jour : excursion en 4X4 au lac Fagnano. Atu est notre sympathique chauffeur et guide. Il est jeune, ses parents ont quitté Buenos Aires alors qu’il avait 7 ans, il ne s’imagine pas pouvoir vivre ailleurs qu’ici et construit actuellement son bateau pour pouvoir organiser des expéditions en Antarctique. Dans le 4X4, six passagers et un conducteur, cinq nationalités différentes : Atu est argentin,Gerson et Lenis sont vénézuéliens, Tomas, lituanien, Kathleen, irlandaise, et nous deux…

P1000686 La première partie du trajet se déroule tranquillement, sur une route bitumée, puis nous prenons un chemin de terre qui nous mène au lac Fagnano et là, à notre surprise, le 4X4 poursuit sa route en s’engageant dans le lac : gerbes d’eau de chaque côté du véhicule, émotion garantie, mais nous nous sentons en totale sécurité  avec Atu. C’est pas très écolo d’accord! mais il n’y a pas d’autres moyens d’y parvenir……

 

 

 

DSC04325 Arrêt déjeuner dans une cabane au bord du lac (grillades, salade). Le paysage est magnifique. En dépit du barrage de la langue, “la mayonnaise prend bien” dans le groupe et au retour nous reculerons le moment de nous quitter en nous attardant autour d’un verre (voire de plusieurs verres pour certains…) dans un pub irlandais à Ushuaia !

 

 

 

4ème jour : randonnée dans le Parc national Tierra del Fuego, le long d’un très joli sentier côtier. Pique-nique – et petite sieste – dans une  crique sous le regard de deux canards. Encore une fois, le temps est avec nous et la beauté des paysages est saisissante.

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En Patagonie, les prévisions météorologiques sont difficiles, dans la même journée il peut faire chaud, froid, il peut pleuvoir, venter, neiger…Le chauffage dans les maisons fonctionne douze mois sur douze.

Pour notre dernière soirée à Ushuaia, nous goûtons les spécialités locales : crabe et merlu noir (au goût moins iodé que les poissons ou fruits de mer de l’Atlantique ou de la Manche…).

Le 5ème et dernier jour sera consacré aux préparatifs de départ et à diverses démarches. Nous n’aurons pas le temps de visiter l’ancien bagne qui abrite aujourd’hui le Museo Maritimo et le Museo  del Presidio, pourtant fort intéressants paraît-il.

Pour la première fois, la grisaille, le vent, le froid et la pluie sévissent sans discontinuer et nous sommes un peu inquiets car nous devons prendre le bateau en fin d’après-midi…

                                                                                                                                                                                                                    DSC04362 Vous l’aurez compris, nous avons aimé cette ville du bout du monde et y serions volontiers restés un ou deux jours de plus.

Annick

30/11 – Les glaciers côté argentin

Dimanche 13 décembre 2009

El Calafate et le glacier Perito Moreno

Pour apprécier cette région, il parait qu’il faut visiter les sites dans l’ordre “du moins beau au plus beau”. Donc nous suivons ces conseils. Nous commençons par El Calafate, ville de 15000 habitants située au bord du Lago Argentino, le plus grand lac d’Argentine. Cette ville où se pressent beaucoup de touristes n’est pas particulièrement attrayante, on a l’impression d’être à Zermatt dit Julian. Certainement mais en moins huppée. Hôtel sympa, on vient nous chercher au terminal de bus, accueil chaleureux .

La gérante nous propose l’excursion du lendemain au glacier qui est le point d’orgue d’El Calafate. Nous prenons et le lendemain, appareils de photos, gants et pulls en laine polaire, bonnets nous voilà après 80km sur un catamaran qui glisse sur le lac en direction du glacier.

Nous commençons à apercevoir quelques glaçons qui dérivent et puis devant nous une paroi de 60m de haut barre le lac. Le catamaran se tient à distance. Nous avons déjà vu des glaciers de montagne. Mais là c’est autre chose. Nous sommes  à 200m au dessus du niveau de la mer et ce glacier se jette dans le lac après un parcours de 30kms sur 5kms de large. On entend craquer en permanence.

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Après la séance bateau le bus nous dépose un peu plus loin face au glacier. Un système de passerelles nous permet de voir le glacier dans toute sa largeur. Le temps brumeux ne nous laisse apercevoir qu’une partie de sa longueur.

DSC04004 A certains endroits des passerelles on est très près du front du glacier. Mais quelle beauté! Un dégradé de bleus au blanc; nous savons maintenant où Marjorelle a trouvé l’inspiration pour créer son bleu universel. Nous restons 3h à déambuler sur les passerelles pour admirer le Perito Moreno glacier mobile qui avance jusqu’à 2m par jour. C’est ainsi que tout le monde attend sur les passerelles le moment ou un sérac se fracasse dans le lac dans un grondement avec mini raz de marée.

 

De retour à l’hôtel nous décidons de partir dès le lendemain plus au nord pour El Chalten, second lieu du parc des Glaciares.

El Chalten – Enfin nous pouvons randonner !

DSC04128 Village de 600 habitants, près de la frontière chilienne,sorti de terre en 1985 par les argentins pour leur permettre de s’approprier les terres avant les chiliens. Village à l’abri du massif du Fitz Roy (3405 m) et du Cerro Torre. El Chalten est La Mecque de l’escalade argentine  où  alpinistes et andinistes viennent se mesurer au Cerro Torre et au Fitz Roy.Tous les véhicules qui rentrent dans le village doivent passer par le bureau des gardes du parc pour s’entendre donner les recommandations avant de se lancer sur les sentiers. Nous allons pouvoir enfin chausser nos chaussures de montagne qui croupissent dans le fond du sac depuis le Pérou.

DSC04035 Le lendemain après avoir fait provision du pique nique composé pour Julian essentiellement de carottes ( c’est fou ce qu’il croque de carottes par jour, un vrai lapin suisse! Mille excuses Julian..! mais c’est vrai! tu pourras t’indigner dans les commentaires) nous entamons la montée vers  le Fitz Roy, un pivert – d’une espèce inconnue de nous – est en plein travail.

Habituellement le temps couvert quasi permanent ne permet pas de voir le sommet des Torres. Nous n’échappons pas à la règle. Après une montée de 5h, nous sommes face au Fitz Roy qui ne montre pas sa partie sommitale, mais les lacs qui l’entourent et les glaciers sont une révélation.

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Le retour malgré la beauté des paysages sera un peu long. Au total environ 10h de marche, pour une mise en jambes c’est un peu rude !… Julian a quelque douleur au genou et nous, nous sommes rincés.

Le lendemain une petite promenade de 5h avec au bout un champ de pissenlits. Le temps est au beau et on peut apercevoir le Fitz Roy dans toute sa hauteur.

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C’est le 3ème jour que nous irons voir de près le Cerro Torre qui lui aussi se montre peu intégralement. Chance il fait grand bleu. Après 4h, c’est au bord d’un lac sur lequel dérivent des glaçons que nous ferons pique-nique (carottes au menu de Julian).

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 Nous ne cesserons de regarder ce grand pieu dressé devant nous et les montagnes environnantes. Nous sommes payés de nos efforts et avons beaucoup de chance avec le temps. Tout notre séjour à El Chalten aura été ensoleillé ce qui est tout à fait exceptionnel. Il nous faut quitter El Chalten pour rejoindre Puerto Natales de l’autre côté de la frontière au Chili. Pour cela nous devons retourner à El Calafate et prendre une correspondance au total 8h de bus. Avant de passer à la frontière, nous finissons toutes nos victuailles car il est strictement interdit de passer au Chili avec la moindre nourriture. Arrivée à Puerto Natales vers 22h30.

Bernard

 

25/11 – Après les Lacs, enfin la Patagonie et…… Julian

Dimanche 13 décembre 2009

Nous quittons Villa La Angostura pour retourner à Bariloche sous un ciel bleu. Le bus longe les lacs, et les montagnes qui l’entourent se découpent nous laissant un spectacle qui ressemble assez à la  Savoie, côté suisse…….Et c’est d’ailleurs à l’auberge de jeunesse que nous rencontrons un suisse francophone, anglophone,germanophone et suissophone…. Julian c’est son prénom. Le soir après le repas nous échangeons quelques mots et ce sera d’abord un immense fou-rire qui va nous lier. Imaginez : un suisse vivant au bord du lac de Genève qui vient en Argentine pour se dépayser et qui après 15h d’avion et 22h de bus arrive à Bariloche, ville de montagne au bord d’un lac, avec des chalets. Sortant de l’hôtel, sur la première place qu’il croise, il voit un tas de touristes se faisant prendre en photo avec des chiens……St Bernard. Poursuivant sa visite dans la rue principale de Bariloche, le premier restaurant qu’il rencontre propose à sa carte……une fondue savoyarde Et un peu plus loin un immense magasin de chocolats dont l’enseigne porte le nom de Weiss…..Tout à fait argentin!!! Julian nous demande s’il est vraiment parti de Genève et qu’est ce qu’il fout là……De cette histoire nous avons bien déliré, n’est-ce pas Julian!! Julian, la quarantaine, est journaliste chargé de l’actualité culturelle dans un grand journal suisse, il doit épuiser des congés que sa Direction lui impose de prendre……crise oblige. Hésitant à poursuivre son voyage en Suisse-argentine, il décide de venir avec nous vers les Parcs des Glaciers de la Patagonie.

Cela doit faire environ 2000km en bus pour rejoindre les parcs. Il faut traverser l’Argentine d’Ouest en Est et revenir en Ouest. Pour éviter de prendre la fameuse Ruta 40 ( route de terre et pierres : le ripio) Nous faisons cela en 2 étapes. La route est un spectacle de beautés naturelles : sommets enneigés, lacs, espaces inhabités…Nous faisons halte à Sarmiento après 12h de bus.

Sarmiento……accrochez vous!!

Nous sommes les seuls à descendre du bus à Sarmiento. Même le chauffeur nous interroge, l’air très surpris de nous déposer dans ce village au beau milieu de rien du tout, balayé par des vents violents, avec un ciel bas et gris. Nous sommes en Patagonie. Cela ne parait pas un bon plan…et pourtant le lendemain en attendant de reprendre le bus du soir, nous irons tous les 3 en “Remis” ( taxi au forfait ) vers un lieu étrange : El Bosque pétrificado ( la forêt pétrifiée )

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En effet, nous voici à nouveau dans un paysage lunaire ressemblant à ce que nous avions vu dans le Parc d’Ischigualasto (cf. 13/10 Chilecito ) en moins immense. Le sol est jonché d’éclats de bois et de troncs pétrifiés. Ces arbres ne sont pas tombés sur place mais ont été charriés depuis les régions montagneuses il y a ……65 millions d’années, ont été recouverts de sédiments provoquant leur pétrification et l’érosion les fait réapparaître à ciel ouvert.

DSC03948 Le vent est très fort et glacial. Nous restons quand même pour admirer ce lieu un peu fantomatique. Nous apprenons que dans cette région ont été trouvés les restes du dinosaure le plus grand du monde: 42m de long et qu’il est reproduit à l’identique au musée de la ville. Nous en concluons que nous avons finalement eu le nez fin de nous arrêter à Sarmiento.

En route vers les parcs des glaciers

Nouvelle nuit de bus confort pour traverser la steppe patagonienne avec quelques estancias que nous apercevons au lever du jour. Nous passons devant une espèce de restaurant “routier” perdu au milieu de la steppe. L’enseigne porte le nom de Estancia Lemarchand, nous pensons à nos compatriotes qui se sont installés dans cette région et qui ne sont pas gênés par les voisins. Chacun peut imaginer les raisons qui les ont poussé ici….mais il ne faut pas avoir oublié les allumettes sous peine de faire plus de 200km pour en acheter. Là encore les immenses espaces; nous n’avons pas assez d’yeux pour voir toute l’immensité de ces terres avec quelques animaux. On dit que la steppe de la Patagonie est sans intérêt. Au contraire ici la nature est aride, sauvage, livrée à elle même, et les grands espaces qui se révèlent à nous, nous rendent minuscules et fragiles. Nouvelle correspondance de bus et nous voici au début d’une nouvelle aventure à El Calafate.

Bernard

10/11 – On repart vers les Andes !

Mercredi 25 novembre 2009

Nous quittons la Péninsule de Valdes et ses baleines,  des souvenirs plein la tête, et repartons vers les Andes, à l’ouest : encore quelques heures de bus, trajet de nuit, mais maintenant nous y sommes habitués et  dormons sans problème !…Lever du jour sur les montagnes andines…

Arrivés à ESQUEL, nous trouvons une auberge de jeunesse bien sympathique où nous pouvons faire nos repas…Changement de température, il fait froid…Petite randonnée au lac  Zeta, pour nous mettre en jambes…A part un couple de français que nous croisons en chemin, la route n’est pas très fréquentée.

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Mais les possibilités de randonner sont limitées : il y a peu de sentiers et  nous arrivons un peu trop tôt dans la saison… Nous optons pour une excursion en bateau sur le Lago Puelo, situé dans le Parc National Los Alerces : bof, le côté très touristique de l’excursion ne nous a pas séduits, mais le lac était  bien beau ! Les Alerces – cyprès ou mélèzes de Patagonie -  sont de très hauts arbres dont certains atteignent 4000 ans !…Nous verrons un spécimen âgé de 2600 ans, ce qui est déjà un âge tout à fait respectable !…

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Nouveau trajet en bus pour remonter un peu plus au nord dans la Région des Lacs :

               . El Bolson est une petite ville où s’installèrent de nombreux hippies dans les années 1970. Sur le marché du samedi, nous rencontrons Felicitas, une jeune femme qui vend des confitures de framboises qu’elle confectionne. Elle apprend le français car elle a le projet d’aller l’an prochain rendre visite à sa sœur qui habite Genève. 

               . Bariloche (ou San Carlos de Bariloche), située le long du lac Nahuel Huapi,  est la station de ski phare pour les argentins . Certes les montagnes enneigées qui bordent le lac en font un cadre exceptionnel mais nous sommes un peu déçus par cette ville sans charme, et décidons d’en repartir rapidement.

                . Villa La Angostura :  nous élisons domicile pour plusieurs jours à l’auberge de jeunesse de cette petite ville au bord du lac Nahuel Huapi…Les conditions météo depuis El Bolson sont très mauvaises (froid, pluie et même neige sur les sommets…), il va falloir encore une fois réviser à la baisse nos projets de randonnées…Après consultation des prévisions météo, une lucarne d’éclaircie s’annonce et nous louons une voiture pour faire sur deux jours la très belle “ruta de los siete lagos” (route des sept lacs) : près de 350 kms sur une route le plus souvent non asphaltée, mais quel régal ! ces lacs glaciaires sont d’une grande beauté…Ici c’est le printemps,  les sommets encore enneigés, les genêts  en fleurs,…Pique-nique, et même sieste au bord du lac Traful…calme absolu…

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Tout à coup une dizaine de chevaux dévalent la colline pour venir se désaltérer…puis repartent tranquillement sans s’occuper de nous.

 

 

 

 

DSC03883 La saison de pêche vient tout juste de démarrer, et là, on s’aperçoit rapidement que l’on a affaire à des “pros” équipés jusqu’aux dents !…La truite se pêche “à la mouche”…

 

 

 

 

 

 DSC03921Nous faisons halte à San Martin de los Andes, jolie petite ville de montagne au bord du lago Lacar. Il est tard, nous cherchons un restaurant : un vieil argentin du coin nous indique – en français – un “bon restaurant” : pavé de saumon avec gratin de courgettes, suivi d’un délicieux crumble aux fruits rouge accompagné d’une glace à la vanille, humm !…cela nous change de la soupe en sachet et du jambon cru qui depuis quelques temps constituent l’essentiel de nos repas !

 

 

On comprend que les argentins soient nombreux à venir passer leurs vacances dans cette superbe région, que ce soit l’hiver pour y faire du ski ou l’été pour profiter de la pêche, de la randonnée à pied ou à cheval, ou des sports d’eaux vives…Les campings et les locations affichent alors complet ; de nombreux argentins aisés y possèdent aussi, en résidence secondaire, de cossus chalets entourés de verdure.

Retour à Villa la Angostura : la pluie se remet à tomber au moment où nous arrivons à l’auberge ! Nous retrouvons avec plaisir la sympathique équipe de l’auberge, mais apprécions beaucoup moins la musique qui y “sévit” du matin au soir…Ce n’est d’ailleurs pas spécifique à cette auberge : nous la retrouvons dans les bus, dans les cafés, les restos…Le silence, c’est bien aussi !…

DSC03864 Ah, j’allais oublier de vous dire que la Région des Lacs est spécialisée dans le chocolat ! Les rues débordent de magasins tous plus attirants les uns que les autres : comment résister ?

 

 

 

Annick

9/11 – L’Homme qui parle aux baleines….

Mardi 17 novembre 2009

La météo est mauvaise, le vent souffle fort. Puerto Piramides – port d’où partent les bateaux pour l’observation des baleines – se trouve à 104km de Puerto Madryn. On nous dit qu’en raison du mauvais temps le port  est fermé sans savoir quand il ouvrira. Nous avons loué une voiture qui nous permettra de faire le tour de la péninsule afin de voir les autres animaux. La route suit le littoral et nous scrutons la mer au cas ou nous verrions une baleine. Effectivement dans la mer agitée à 150m du bord on aperçoit un jet d’eau. “Elle souffle,elle souffle…” s’écriait le capitaine Achab poursuivant Moby Dick, la baleine blanche responsable de la perte de sa jambe……C’est à ce roman, porté à l’écran dans les années 50, que je pense à ce moment. Se dire que l’on est si proche à cet instant de ces énormes animaux, qui ont une place si particulière dans notre imaginaire…

Arrivés à Puerto Piramides, confirmation de la fermeture du port. Peut être sera-t-il ouvert en fin d’après midi. Déçus car nous allons devoir revenir demain, nous faisons le tour de la péninsule. C’est plus de 200km de route en “Ripio” (route non asphaltée mais stabilisée par des cailloux). Au passage nous récupérons un stoppeur belge . Il voyage seul depuis 4 mois et campe dans la péninsule, où il n’y a rien et il y fait un vent glacial……Bon courage. Il nous dit avoir campé près du bord de mer et avoir été empêché de dormir par le bruit du souffle des baleines qui passaient très près. Veinard…Il parait que certaine nuit on les entend “chanter”

A la Punta Norte, nous voyons des éléphants et des lions de mer ainsi que des otaries et des petits pingouins de Magellan. C’est à cet endroit que viennent les Orques se repaitre en septembre octobre. J’ai vu à la télé le spectacle de ces baleines qui surgissent des vagues qui déferlent sur la grève pour capturer leur proie et retourner dans les profondeurs. C’est hallucinant. Nous ne verrons rien de tel….à mon grand regret.

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Sur le retour nous observons que le vent est tombé, le ciel gris a fait place au bleu. Nous interrogeons un garde du parc qui nous dit que le port est ouvert. Nous sommes à 75km du port, il est 16h45 et il faut arriver avant 18h. Au pays de Manuel Fangio ( légendaire champion du monde argentin de course automobile, enlevé par Castro pendant la révolution cubaine, pour l’anecdote), je ferai mieux, nous couvrons la distance dans un nuage de poussière en 1h.

Nous finissons après 2 échecs par trouver les 2 dernières places sur un petit bateau de 15 personnes. La mer s’est calmée. Le bateau nous conduit sur une zone où nous allons voir les baleines. Le capitaine du bateau arrête le moteur et là, le spectacle s’offre à nous à 20m une masse noire énorme sort de l’eau et nous montre son échine, et puis une autre , et puis encore une autre. Le bateau dérive lentement et les 3 baleines se rapprochent, on voit et on entend leur souffle. Bientôt elles sont à 5m du bateau sortant puis s’enfonçant dans l’eau claire. Le temps est superbe, c’est bientôt le coucher de soleil. Les baleines s‘approchent encore plus , elles passent sous le bateau en le frôlant sans le toucher et sortent de l’autre côté, c’est un spectacle extraordinaire. A un moment je me penche du bateau pour voir dans l’eau une masse énorme à 5 ou 6m de fond et la masse remonte lentement et là, la gueule de la baleine sort lentement de l’eau comme pour dire bonjour à 10cm du bord du bateau, Ma voisine a le temps de la caresser. Ensuite elle se retire lentement. C’est un moment d’une rare intensité émotionnelle. A voix basse, je les remercie d’être là…On se demande comment de telles masses peuvent se mouvoir avec autant de précision si près de l’embarcation. Jamais nous ne serons effrayés par leur présence. Et le spectacle durera plus d’une heure. Le capitaine nous dira que c’est tout à fait exceptionnel.

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Au loin nous apercevons d’autres baleines qui soufflent et sautent de l’eau. Nous ferons le retour au port accompagnés d’une baleine et de son baleineau. C’est tout simplement divin avec ce soleil couchant……..Merci encore dame nature

Bernard

7/11 – On redescend vers la PATAGONIE

Mardi 17 novembre 2009

Le départ d’Iguazu se fait sous des trombes d’eau et le voyage retour en avion à Buenos Aires est très mouvementé. En attendant le vol pour Trelew nous déambulons dans Buenos Aires. Un dernier petit détour au café Tortoni, et c’est le départ vers la Patagonie, plus exactement vers la péninsule de Valdès. Vraiment Buenos Aires que nous quittons sous un ciel bleu azur est une ville qui nous aura touché. Arrivée à Trelew à minuit. Demain on reprend nos sacs pour Puerto Madryn à 1h de bus. Le trajet nous permet d’ avoir  une première approche de ce qu’est la pampa immense et sans âme qui vive, balayée par le vent.

Puerto Madryn se situe à peu près au milieu de l’Argentine sur la côte est. Nous revoyons avec plaisir l’océan atlantique quitté il y a presque 3 mois.

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Notre but ici est d’aller voir la réserve faunistique de la péninsule de Valdès et notamment les baleines. Du moins c’est ainsi que nous l’avions envisagé en préparant notre voyage. Encore une fois ce site est inscrit au patrimoine de l’humanité et c’est chose juste, par la beauté de son territoire et par les animaux qui y sont présents. La péninsule c’est : 400km de littoral qui abritent une grande variété d’animaux, des éléphants et lions de mer, des pingouins, des guanacos et bien sûr les baleines – les Orques (ou baleines tueuses) et la baleine franche australe- Ce sont ces dernières que l’on peut apercevoir à cette époque. Celles-ci mesurent en moyenne 12m et pèsent 25 tonnes. Elles viennent se reproduire dans les eaux peu profondes et froides de la péninsule, de juin à mi décembre. Combien de fois avons nous parlé avec Annick de ces baleines.

Bernard

4/11 – Les chutes d’IGUAZU…….. à tomber par terre

Mardi 17 novembre 2009

Après 10 jours à Buenos Aires, nous laissons notre petit studio sympa et le temps d’un vol d’avion pour quelques 1500km  vers le nord, nous atterrissons à Puerto Iguazu. Après avoir réservé notre billet d’avion par internet, j’ai par erreur pris 2 billets “résidentes” car il existe cette espèce d’aberration de double tarification, injustifiable selon moi, qui fait payer plus cher les étrangers que les “locaux”. je m’en aperçois en arrivant à l’aéroport et fais le nécessaire pour acheter le complément. Ca double presque le prix, mauvaise surprise…….

Donc nous atterrissons à Puerto Iguazu. Nous avons laissé Buenos Aires avec 16°. A la sortie de l’avion sur le tarmac il fait…….37°. nous trouvons un hôtel avec clim et piscine pour environ 20€. Puerto Iguazu se trouve au nord-est de l’Argentine à la frontière avec le Brésil et L’Uruguay. Ville sans intérêt particulier sauf pour recevoir les milliers de touristes qui comme nous viennent admirer les chutes , lieu classé au patrimoine mondial de l’humanité. Et ça le mérite!

Il faut 2 jours pour aller voir les chutes; 1 jour côté Brésilien, 1 jour côté Argentin. Car les chutes se trouvent sur le Rio Iguazu qui sert de frontière. Il est préférable de commencer par le côté Brésilien. Ce que nous faisons. les formalités douanières sont simples et la visite est super organisée.

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Il faut commencer par aller voir le parc zoologique des oiseaux avec des centaines d”espèces. Ce parc est installé au milieu de la forêt tropicale qui borde les chutes.

DSC03769 Et puis un bus nous conduit aux chutes. Et là…..tenez vous bien! Un spectacle inoubliable….où la beauté des chutes se mêle à la puissance des eaux , au bruit. Vous avez devant vous, des chutes qui s’étalent sur 2km de large, avec 80m de hauteur. nous avons la chance d’avoir un beau temps. L’explication géologique des chutes est que le Rio Iguazu coule sur un plateau de basalte qui s’arrête brusquement. Là se déversent des dizaines de milliers de m3 d’eau à la seconde. Une passerelle nous mène près d’une chute où quelques embruns nous rafraichissent. Nous avons du mal à quitter des yeux ce spectacle.

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De retour à l’hôtel nous n’avons qu’une hâte, nous mettre dans la piscine car il fait très très chaud ( le thermomètre de la voiture qui nous ramène affiche 40°)

Le lendemain nous faisons la visite côté argentin. Une succession de sentiers, passerelles,ponts nous font pénétrer au cœur des chutes, c’est vraiment bien fait.  Nous les voyons de dessus, de dessous sur le côté. Côté argentin on est au centre des chutes et côté brésilien on a une vu extérieure panoramique. Cela se complète parfaitement. Je ne résiste pas au plaisir d’aller en bateau au pied des chutes. Annick préfère prendre des photos.

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Un truc de OUF……

Le gars qui vend les billets de bateau me souhaite “bonne douche” Je lui réponds que pour une douche 75 pésos (13€) c’est cher. Il me rétorque : oui, mais c’est de l’eau minérale. Je ne pensais pas à quel point il avait raison. En effet le bateau va jusqu’au pied de la chute dans une eau bouillonnante et nous recevons  l’écume par seau, ça ne dure pas longtemps mais c’est un truc de Ouf.

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La cerise sur le gâteau est la Gorge du Diable étape ultime de cette journée. Nous sommes au dessus d’une chute dont on ne voit pas le fond avec un superbe arc en ciel.

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Merci dame nature de nous proposer tes joyaux……

Bernard

DIX JOURS à BUENOS AIRES

Vendredi 13 novembre 2009

Arrivée le 26 octobre. Le chauffeur de taxi qui nous ramène de l’aéroport tente de nous “arnaquer”, mais nous commençons à “avoir de la bouteille” et même si les sommes en jeu ne sont pas importantes, pour le principe on ne se laisse pas faire !…

Sachant que nous allions nous poser ici pour une semaine au moins, nous avons loué par internet un studio. Angelica, une jeune franco-argentine qui dirige l’ agence « un lit à buenos aires » nous donne quelques tuyaux bien utiles sur les endroits intéressants à visiter. Le logement est sympa, le prix très raisonnable (22€ la nuit),  et le quartier – la Recoletta –  plaisant : tous les commerces sont à proximité et nous goûtons au plaisir de nous retrouver un peu “chez nous” et de pouvoir nous préparer quelques repas –  particulièrement nos petit-déjeuners…

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nous nous offrons même le luxe d’un apéro au champagne argentin !…

Et comble de bonheur, le studio est équipé d’une chaîne hi-fi et j’ai réussi à trouver une station de radio diffusant de la bonne musique classique…que demander de plus ?

Ces dix jours ne seront pas de trop pour prendre un peu de repos et visiter cette grande et belle ville.

Première impression agréable, ambiance printanière, il fait même chaud…Buenos Aires présente des similitudes avec nos grandes villes européennes : belles avenues, quartiers chics et moins chics, quartiers bohêmes, il fait bon s’y promener…L’ architecture coloniale y côtoie des bâtiments contemporains et d’ impressionnants “buildings”. La vie culturelle y est riche (musées, expos, concerts, théâtre…). Malheureusement, au cours de notre séjour, aucun concert à notre goût…

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Plutôt qu’une description détaillée , voici en vrac quelques photos et impressions…

La Place de mai, où se rassemblent encore chaque jeudi à 15 heures les mères et grand-mères dont les proches ont disparu pendant la “Guerra Sucia” (“guerre sale”) : on évalue à 30 000 le nombre de “disparus” entre 1976 et 1983 ; la plupart des responsables de cette période n’ont pas été condamnés…

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C’est aussi sur cette place que se tenait le palais du gouvernement que l’on peut visiter aujourd’ hui : balcon d’où  le président Juan Peron et sa femme Eva (Evita) prononcèrent leurs discours, salle où sont exposés des portraits de femmes qui ont marqué l’ histoire politique de l’Argentine etc…La Présidente actuelle, Christina KIRCHNER, y a toujours un bureau.

L’ ambiance bohême du  quartier de la Boca, aux maisons colorées et aux façades en trompe-l’ oeil

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le marché aux antiquités dans le quartier de San Telmo

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Le cimetière de la Recoleta, où les monuments funéraires ont des dimensions impressionnantes : c’est dans ce cimetière que reposent les personnages les plus importants de la ville ou du pays : présidents, personnages politiques, célébrités….dont bien sûr Eva Peron.

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Le célèbre café Tortoni, magnifique établissement qui fut fréquenté par de nombreux artistes, poètes, écrivains…(ci-dessous les statues en cire de Jorge Luis Borges, Carlos Gardel, et Alfonsina Storni)

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L’ ambiance maritime de Puerto Madero et la Frégate Sarmiento, qui fit 40 fois le tour du monde entre 1899 et 1938

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Le calme reposant du jardin botanique et du jardin japonais

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Enfin, impossible bien sûr de parler de Buenos Aires sans parler du TANGO !

Nous avons assisté durant une soirée entière à un cours de tango suivi d’un bal (milonga). Nous étions totalement captivés ! Hélas, nous n’ avons pas pu prendre de photos…Lieu essentiellement fréquenté par des argentins qui viennent danser le tango, ou se côtoient jeunes et vieux, en tous cas des “ aficionados”…

Danse complexe, à la fois aérienne et intensément corporelle, sensuelle…les danseurs glissent sur la piste, les corps s’accordent parfaitement, les visages sont graves, concentrés, pris dans un instant “dramatique”…ce n’est qu’une fois la danse terminée que les visages se détendent et que la parole se libère…On voudrait être argentin !  et on comprend que le tango soit désormais inscrit au patrimoine mondial !…

Juste une dernière anecdote pour vous prouver que Bernard est en pleine forme et en pleine possession de ses moyens et de ses réflexes : nous étions dans un “cybercafé” en train de chercher une information sur internet, lorsque Bernard a senti partir son sac à dos qui était posé à ses pieds, tandis qu’un individu faisait diversion en me posant une question : Bernard a aussitôt bondi de son siège, a dû bousculer l’individu qui me parlait et qui obstruait volontairement le passage et a réussi à récupérer son sac qui était déjà entre les mains d’un deuxième homme !!!…Pas mal, non ?…

Nous avons apprécié cette halte de dix jours mais nous sommes aussi contents de reprendre la route. Direction donc vers l’aéroport pour prendre un avion qui doit nous emmener à la frontière brésilienne admirer les chutes d’Iguazu.

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Et en attendant le bus pour l’aéroport, encore une belle rencontre avec Rodrigo et José Luis, deux brésiliens en vacances à Buenos Aires…échange d’adresses, photos, promesse de se voir en France…ça fera beaucoup de monde…

Annick

De Mendoza à Santiago du Chili

Lundi 2 novembre 2009

P1000399 Nous ne quittons pas l’Argentine pour longtemps, mais, d’une part nous voulions voir l’Aconcagua – le plus haut sommet du continent sud américain, 6962 m – proche de la frontière chilienne, et d’autre part, il nous faut renouveler notre visa pour pouvoir rester plus longtemps en Argentine : le fait d’aller au Chili, nous permet d’obtenir un nouveau visa de 3 mois lorsque nous reviendrons en Argentine.

Le trajet se fera par étapes. La route est superbe.

1. USPALLATA

Durant le trajet en bus (2h30 à partir de Mendoza), nous échangeons quelques mots avec de jeunes argentins qui se rendent à Las Cuevas,  petit village dans les hautes Andes, à 10 kms de la frontière chilienne.  Ils suivent une formation  de guides de montagne. L’ un d’ eux transporte dans son sac à dos, outre le matériel de montagne nécessaire à son expédition, un grill portatif : c’est dire à quel point les argentins ne peuvent se passer de manger de la viande !!!

USPALLATA est une petite ville de 3200 habitants, située à 1700 mètres d’altitude. Les montagnes qui l’entourent ont inspiré Jean-Jacques Annaud qui y a tourné son film « Sept ans au Tibet ». Nous n’ avons bien sûr pas manqué d’ aller boire un coup au « Café Tibet » décoré avec des accessoires utilisés lors du tournage…Cependant, le village en lui-même n’ offre rien d’ extraordinaire, et nous reprenons la route dès le lendemain…

2. LOS PENITENTES

Los Penitentes est une petite station de ski bien connue des habitants de la région de Mendoza. Mais à l’ époque où nous arrivons, la plupart des bâtiments sont fermés et à l’ hôtel Refugio Aconcagua, nous sommes les seuls touristes. Les montagnes environnantes ont encore les sommets enneigés, le décor est superbe, il fait un froid de canard et il se dégage de cet endroit une atmosphère  de « bout du monde »…

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Après information, une petite randonnée est possible dans le parc de l’ Aconcagua : en montant à « Laguna Los Horcones », nous pourrons admirer de près ce majestueux sommet de l’ Aconcagua…Mais en cette basse saison, trouver un moyen de locomotion pour nous rendre dans le parc n’ est pas chose aisée…Après recherche laborieuse d’ informations, nous trouvons enfin un bus qui nous dépose à l’ entrée du parc. Hélas, le sentier qui mène à « Laguna Los Horcones » est fermé car un avalanche s’ est produite dans les parages quelques jours plus tôt…Et nous ne verrons pas l’ Aconcagua caché dans les nuages…Il fait froid…

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P1000412 Les gardes du Parc nous  indiquent qu ‘il n’ existe pas de sentier pour revenir à Los Penitentes…Nous allons donc devoir rentrer  à pied (16 kms) par la route nationale 7 : c’est la route qui mène au Chili et le trafic y est intense – bus, camions qui roulent très vite. Nous décidons de ne pas emprunter un tunnel – trop dangereux – et après quelques essais infructueux d’ auto-stop, nous le contournons avec un peu de difficulté en raison d’une avalanche qui obstrue les abords du tunnel…

Petite halte à Puente del Inca où nous visitons le Cementero Andinista (cimetière des Andinistes) où reposent des grimpeurs morts dans l’ Aconcagua…impressionnant et émouvant…

P1000411 Le pont de l’ Inca doit sa couleur orange aux eaux chaudes sulfureuses de la rivière. On peut y voir les ruines d’un ancien hôtel thermal détruit par une inondation.

De retour à Los Penitentes, nous allons dans un hôtel voisin du nôtre, l’ hôtel Ayelen, qui vend des billets permettant de se rendre à Santiago du Chili en minibus  (les bus ne s’arrêtent pas ici). Après quelques minutes de conversation avec l’ hôtelier, Armando PINI, celui-ci nous apprend que son fils, Daniel, est actuellement pour quelques mois à ANGERS, à l’ École Supérieure d’ Agriculture !…Incroyable, non ?…

Le soir, Bernard discute longuement avec Gustavo, employé à l’ hôtel. Gustavo est chilien et nous donne plein de « tuyaux » sur son pays. Il nous suggère de passer la fin d’ année à VALPARAISO : la ville y est en fête du 26 au 31 décembre…Nous nous interrogions pour savoir où passer les fêtes et l’ idée nous paraît séduisante…A creuser…

3. En route vers SANTIAGO du CHILI

Il nous faudra pas moins de 6 heures pour faire les 200 kms qui nous séparent de SANTIAGO du CHILI !!!…Et le confort du minibus laisse à désirer !…Le passage de la frontière est particulièrement long : nous restons bloqués 2 heures (ce qui, aux dires de certains passagers, n’ est pas beaucoup !…). Les chiliens et les argentins redoutent par dessus tout que ne s’ introduise dans leur pays – par l’ intermédiaire de la nourriture, et notamment des fruits – une mouche particulièrement dangereuse pour leurs cultures…L ‘introduction de toute nourriture est donc très sévèrement punie et les contrôles sont drastiques…Tous les bagages sont sortis des véhicules et contrôlés un par un…Des files d’ attente se forment pour les formalités administratives et seulement deux guichets sont ouverts…

Côté positif : cela laisse le temps d’ échanger avec les autres passagers !…Nous conversons  un long moment avec un chilien vivant en Argentine et parlant parfaitement bien le français : après avoir travaillé durant plusieurs années à PARIS – à Air Inter – il est revenu en Amérique du Sud depuis une vingtaine d’ années. Il a quatre enfants : trois sont architectes en Argentine – car nous dit-il, la vie y est plus facile qu’ au Chili – et une fille vit en France où elle vient d’obtenir un doctorat de philosophie à La Sorbonne.

Annick

Du 18 au 21 octobre : la région de Mendoza

Lundi 2 novembre 2009

Trajet de nuit en bus entre Chilecito et Mendoza : 720 kms – 10 heures de trajet…Finalement, on s’y habitue et nous avons plutôt bien dormi…

Arrivée à MENDOZA à 7 heures le matin, petit-déjeuner à la gare routière avec Chantal qui a pris le même bus que nous, puis chacun part de son côté…

Accueil sympa d’Eduardo, propriétaire de l’hôtel Punto Urbano situé à quelques "cuadras" du centre ville :

P1000460  en Argentine, comme au Pérou et en Bolivie,  la plupart des villes sont construites de manière quadrillée, les rues peuvent être très longues et les habitants se repèrent en fonction du nombre de blocs d’habitations (cuadras)…

 

Après les chambres plutôt sommaires que nous avons connues ces derniers temps, celle d’aujourd’hui nous paraît quasiment luxueuse : spacieuse, claire, avec une vraie salle de bains…Seul bémol, le bâtiment est sonore et bruyant…il va falloir utiliser nos bouchons d’oreilles pour la nuit…on ne peut pas tout avoir !…

Nous sommes immédiatement séduits par MENDOZA, ville de 130 000 habitants, aux larges avenues arborées et aux nombreux espaces verts – dont le beau Parc  San Martin : après un tour du lac à pied, il nous faut prendre une navette si nous voulons avoir une vision d’ensemble de cet immense parc (420 ha). Le minibus monte jusqu’au Cerro de la Gloria d’où l’on a une superbe vue sur la ville de Mendoza et la vallée. Aujourd’hui c’est dimanche et jour de la fête des mères, et si la ville est plutôt déserte, le parc semble être un lieu de promenade privilégié des habitants de Mendoza : familles qui se retrouvent autour d’un pique-nique, sportifs qui viennent ici faire leur jogging… Le retour en ville à pied nous permet d’admirer des maisons  cossues.DSC03682

 

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Au cours de ces trois jours, nous arpentons les rues de la ville, avec une préférence pour la rue piétonne Sarmiento, où l’on peut s’asseoir aux terrasses de cafés ou de restaurants. Nous découvrons un marché couvert : le "mercado central" et sa "parillada" (resto où l’on fait des grillades au barbecue") : boudin et saucisse pour Bernard, côte de porc pour moi. La viande est excellente et les prix très modérés.

DSC03680 Dans un petit magasin d’articles de sport, Bernard tombe en arrêt devant un "lambretta" qui lui rappelle sa jeunesse : souvenirs, souvenirs… échanges avec le jeune propriétaire du magasin qui est un passionné de lambrettas, de montagne …et du Tour de France !!!

 

DSC03684 Nous testons aussi les déplacements en trolley-bus. Mais problème: la machine à tickets n’accepte que la monnaie et nous n’en avons pas suffisamment. La petite monnaie manque partout dans le pays : parfois à défaut de monnaie, le commerçant nous donne des bonbons (dans une  pharmacie, nous avons aussi eu un cachet d’aspirine !!!). Heureusement, une dame avec qui nous avions échangé quelques mots à l’arrêt du bus – et dont les grand-parents étaient originaires de Pau -  nous propose de payer nos trajets avec sa carte…

Nous nous renseignons sur les randonnées possibles dans les Andes toutes proches : déception, les sentiers sont encore trop enneigés et glacés pour pouvoir envisager d’y randonner…(il ne faut pas oublier qu’ici,  nous ne sommes qu’au début du printemps).

. Visite des vignobles de Maipu

Pour les argentins, la ville de Mendoza est associée aux vignobles : impossible de venir dans cette région sans les visiter ! La plupart des viticulteurs ont leurs chais à Maipu, à quelques kms de Mendoza.

Nous prenons une excursion qui nous emmène d’ abord visiter la Bodega LOPEZ (bodega = entreprise viticole). Mais, étonnement, nous n’ avons pas encore vu un seul pied de vigne dans les alentours…et pourtant LOPEZ produit 5 millions de bouteilles par an !!!…C’ est une véritable usine, tout est mécanisé, les fûts contiennent de 270 à 320 hectolitres…on se sent un peu perdus dans cet univers…La visite se clôt bien sûr par une dégustation…qui ne nous convainc pas…(cabernet, crémant)

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Puis visite d’ une bodega plus petite (enfin, tout est relatif… production de 500 000 bouteilles par an…seulement…). Il s’ agit d’ une entreprise familiale montée par un italien arrivé en 1930. Nouvelle dégustation, mieux appréciée cette fois…(malbec)

Nous poursuivons par la  visite d’ une oliveraie avec dégustation de petits toasts imbibés d’ huile d’ olives et accompagnés de tomates séchées au soleil…un régal…Nous apprenons que la couleur de l’huile n’a strictement rien à voir avec le goût.

L’ excursion se termine avec  la visite d’ une fabrique de liqueurs et de chocolats…hé oui, tant qu’ on y est, hein, pourquoi se priver ?…

Nous rentrons sur Mendoza plus tard que prévu et ne pouvons assister à la dispersion des cendres de Mercedes Sosa – chanteuse argentine décédée le 6 octobre -  dans le canal Guaymallen (environ 3000 personnes présentes).

DSC03686 En soirée, la ville est animée, il fait bon, …Les argentins ne mangent pas avant 21 heures, voire 22 ou 23 heures…nous terminons la journée à la terrasse d’un resto de la rue Sarmiento, autour de  picadas : assiette de hors d’oeuvres ou en-cas (charcuterie, fromage, olives etc…)

 

Demain nous quittons Mendoza.

Annick