Archive pour la catégorie ‘Cambodge’

23 au 27/4 – De Siem Reap à Sihanoukville, en passant par Battambang

Samedi 22 mai 2010
  • De Siem Reap à Battambang : une croisière mémorable !

Le projet était de rallier Battambang en bateau sur le lac Tonlé Sap : le Tonlé Sap est le plus vaste lac d’eau douce d’Asie du Sud-Est et revêt pour les cambodgiens une importance capitale puisqu’il fournit poissons et irrigation à la moitié de la population du pays. Tout au long du trajet, des villages flottants de pêcheurs.

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Le seul “hic” est que, en fin de période sèche – ce qui est notre cas – le niveau du lac est parfois si bas que les bateaux ne peuvent plus naviguer. Alertés de ce problème par notre premier guide, Mr Chan – que nous devions retrouver à Battambang – nous lui avions demandé de vérifier auprès de l’agence si le bateau pouvait passer. Réponse : “pas de problème”.

C’est donc totalement confiants que nous nous montons à bord. Hé bien nous aurions mille fois mieux fait de passer par la route ! en effet, au bout de 7 heures de navigation difficile, dans des conditions de confort plutôt “rustiques” et sous un soleil de plomb, le bateau a dû s’arrêter et c’est sur le plateau d’une camionnette que nous avons poursuivi : cela n’aurait pas été bien grave si nous n’avions pas été entassés à 22 personnes à l’arrière de la camionnette (plus les bagages), et si la route avait été une route et non une piste à travers champs : trous, secousses, branches d’arbres etc…Il fallait s’accrocher les uns aux autres pour ne pas tomber !!! Et si l’un d’entre nous voulait déplier une jambe ou un bras, tout le monde devait bouger !!!

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Heureusement, Mr Chan et son conducteur, ne nous voyant pas arriver, sont venus à notre rencontre et, au bout d’une heure nous avons pu quitter nos compagnons d’infortune et finir le trajet dans un véhicule confortable et climatisé ! Hélène et moi sommes sorties de là couvertes d’hématomes à un endroit que la décence m’interdit de nommer ici !… Inutile de vous dire que nous étions furieux après cette agence à qui nous avons envoyé un courrier (sans réponse à ce jour !).

  • Le train de bambou

Pour terminer cette journée mémorable, nous avons pris sur quelques kilomètres le train de bambou datant de la période coloniale française et encore utilisé de nos jours. En fait de train, il s’agit en réalité d’un plateau en bois, recouvert de lattes de bambou et posé sur des roues. L’essieu arrière est relié à un moteur par des courroies de ventilateur. Vitesse maximum 15 km/h. Une seule voie ferrée, aussi lorsqu’un train arrive en sens inverse, les passagers de celui qui est le moins chargé descendent et le train  est rapidement démonté et posé à côté des rails ! Un train peut transporter 10 à 15 passagers ou 2 à 3 tonnes de marchandises.

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Malgré nos fesses déjà endolories, ce fut un trajet charmant dans la campagne cambodgienne. La lumière du soir offrait un bel éclairage, on se laissait bercer par le mouvement et le bruit du train, l’air frais sur nos visages nous faisait oublier la chaleur…que du bonheur !…

Mr Chan nous emmène visiter un producteur de riz – dont le fils travaille à Toulouse ! – Les méthodes de travail et les installations datent du début du siècle dernier.

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  • Visite d’un village de potiers

Sur la route qui mène de Battambang à Phnom Penh, nous faisons halte au village de potiers de Kraing Dey Meas.

DSC06345Première rencontre :  Srei Sâr, une femme veuve qui, comme la plupart des habitants de ce village, vit (ou survit…) de son artisanat. En quelques minutes, elle réalise des poteries devant nos yeux médusés, avec pour tout outil ses mains et un bout de carton, parfois un morceau de bois ! Elle ne possède pas de tour, c’est donc elle qui tourne autour du pot, au sens propre cette fois ! Srei Sâr, le regard malicieux, nous propose d’essayer !…Seul Bernard s’y est risqué !…sans succès, il faut bien le dire !

 

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Deuxième rencontre : Sorn Nem et sa grand-mère, qui à la fin de notre rencontre nous montreront fièrement les prix qu’elles ont l’une et l’autre obtenu pour la qualité de leurs réalisations. Grâce à un petit-fils adoptif qui vit en France, la famille bénéficie maintenant d’un tour et d’un four. L’accueil de ces deux femmes est chaleureux, les regards et les sourires compensent la difficulté de communiquer…L’on croit comprendre que la grand-mère est restée infirme à la suite d’une blessure datant de l’époque des khmers rouges…

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Trois belles rencontres  dans ces deux maisons où l’on devine des conditions de vie extrêmement précaires…

  • Et maintenant, en route pour Sihanoukville !

DSC06364 Sur notre programme était écrit : “arrêt en route pour prier Madame Mao”. Nous étions évidemment un peu perplexes et n’étions pas très enthousiastes à l’idée de devoir vénérer la femme de Mao Tsé Toung ! Mais il s’agissait bien sûr de tout autre chose : sur la route entre Phnom Penh et Sihanoukville, il est un arrêt “obligatoire” pour tout conducteur : afin d’éviter les accidents, il est recommandé de se mettre sous la protection de la  divinité, Madame Mao – notre Saint Christophe en quelque sorte – en lui présentant diverses offrandes.

Ceci étant fait nous avons pu poursuivre notre route.

Arrivée dans un hôtel pas terrible, un accueil pas des plus chaleureux : nous dérangions visiblement le réceptionniste qui regardait un film à la télé !

La plage en face de l’hôtel : pas terrible non plus  (jonchée de détritus) ! Mais passé ce premier contact un peu rude avec Sihanoukville, nous découvrirons une plage beaucoup mieux entretenue et de bons restos. La ville n’a toutefois pas grand cachet.

Farniente sur la plage Victory où se tient un restaurant un peu étonnant : le propriétaire, un russe passionné d’aviation, y a installé un véritable avion, un Antonov- 24 ! (en cherchant bien, vous le verrez au fond sur la photo ci-dessous).

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Hélène et moi testons la méthode “cambodgienne” d’épilation : avec un simple fil tendu…et ça marche très bien !

L’eau du Golfe de Siam est un peu chaude à notre goût, mais je sais que au même moment, le froid et la neige sévissent en France, alors nous ne nous plaindrons pas !

  • Retour à Phnom Penh et fin de notre séjour au Cambodge

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Après cette courte et bénéfique pose balnéaire,  il est temps de rentrer sur Phnom Penh,   où nous avons trouvé un charmant petit hôtel, avec piscine, cela va de soi !…

 

Dernières emplettes, et nous raccompagnons Hélène à l’aéroport avant de prendre à notre tour la direction de la Malaisie.

Nous garderons l’image d’un pays et d’un peuple attachant.

Nous avons bien aimé cette virée à trois. Merci à Hélène , compagne de voyage avec laquelle  nous sommes prêts à repartir vers de nouvelles destinations (on a d’ailleurs déjà des projets au chaud !!!).

Annick

18 au 22/4 – Siem Reap et les temples d’Angkor

Jeudi 20 mai 2010
  • Les temples d’Angkor

Non, je ne vous énumérerai pas tous les temples que nous avons visités pendant 4 jours complets et je vous épargnerai la description détaillée de chacun d’entre eux ! ouf, vous l’avez échappé belle !!! Avec l’aide de Samet, notre guide pour l’ensemble de ces sites, nous découvrons la grandeur de la civilisation khmère.

Nous avions peur d’être un peu lassés par les visites successives de  ces temples, mais chacun présente une architecture particulière et dégage une atmosphère bien spécifique et en dépit de la fatigue et d’une chaleur implacable (autour de 40°), nous ne regrettons pas d’y avoir consacré tout ce temps. De nombreux sites ont été restaurés, ou sont en cours de restauration avec l’aide de fonds étrangers – dont la France – mais il reste encore beaucoup à faire car le Cambodge compte plusieurs centaines de temples historiques.

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La période d’Angkor s’étend de 802 à 1432. L’empire khmer était alors  puissant et étendu; chaque dieu-roi (représentant terrestre du dieu hindou Shiva) a voulu marquer son empreinte en construisant des sanctuaires tous plus grandioses les uns que les autres. Les maisons et bâtiments publics de l’époque, construits en bois, ont disparu. Seuls ont survécu les édifices sacrés, construits en brique et en pierre, et classés au patrimoine mondial depuis 1992. Depuis des siècles – et jusqu’à une période très récente – ces édifices ont été l’objet de destructions, reconstructions, pillages…Religions hindouiste et bouddhiste se sont succédées, chacune voulant effacer les traces de la précédente…De nombreuses sculptures sont en partie découpées, les “morceaux” étant “partis” vers des pays étrangers pour y être vendus ! Les éléphants n’ont plus de trompe, les lions ont perdu leur tête…Nombre d’objets d’art ont aussi disparu. Afin d’enrayer ce pillage massif, la plupart des statues originales ou objets précieux sont maintenant mis à l’abri et nous n’en verrons donc que des copies (certains originaux sont cependant visibles au musée national de Phnom Penh ou au musée Guimet à Paris).

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Mais la magie des lieux est toujours là. On reste stupéfait par l’architecture et la grandeur des bâtiments où cours et galeries entourent une cour centrale. On s’émerveille devant la finesse des sculptures ou des bas-reliefs qui racontent la religion hindoue et les guerres. Bernard est je crois tombé amoureux des sculptures de danseuses Apsara…

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Nous avons eu la chance de visiter Angkor Vat et Angkor Thom – deux sites majeurs – en fin de journée, sous une belle lumière douce.

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Et que dire de ces temples où la jungle a repris ses droits ? de vrais décors de films…c’est d’ailleurs dans l’un de ceux-ci, à Beng Melea que Jean-Jacques Annaud a tourné son film “les deux frères”.

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  • Et à part les temples ?

Il faut savoir que la culture cambodgienne traditionnelle a été presque anéantie par les Khmers rouges. Les nouvelles générations se réapproprient peu à peu les savoir-faire des anciens. Des “chantiers écoles” enseignent la sculpture sur bois ou sur pierre à de jeunes cambodgiens issus de milieux défavorisés. De même une ferme séricole (créée à l’initiative de la France qui s’est retirée du projet lorsque la ferme est devenue économiquement autonome) enseigne toutes les étapes de la fabrication de la soie : culture des mûriers, élevage des vers, teinture et tissage. Tout le travail est réalisé manuellement, dans des conditions parfois difficiles : ici, pas de syndicats ni de CHSCT !

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Nous avons pu également assister

à un spectacle de danses Apsara (danses khmères),

des costumes superbes, une gestuelle très codifiée et toute en délicatesse.

 

 

Ah ! se promener en “tuk-tuk” dans les rues de Siem Reap ! Le prix de la course fait toujours l’objet de discussions plus ou moins longues, mais une fois que l’on tombe d’accord sur le prix, on n’y revient pas…enfin, normalement car, après avoir “âprement” discuté, l’un de nous trois finissait souvent par trouver que le prix de la course était bien bas, ou que le tuk-tuk était dans un tel état qu’il fallait aider son propriétaire, ou que le chauffeur de tuk-tuk était tellement sympathique qu’on pouvait bien lui donner un peu plus… Hélène et moi avions fini par nous attacher les services d’un chauffeur de tuk-tuk qui nous disait “pour vous, c’est vous qui me dites quel prix vous voulez me payer !!!”

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(oui, oui, c’est bien Bernard au volant du tuk-tuk…mais juste le temps de la photo !)

DSC06298 Nous avons ainsi pu faire du shopping à Siem Reap (je ne sais pas pourquoi, Bernard n’a pas voulu nous suivre ce jour-là !…), emmenées à droite et à gauche par notre chauffeur de tuk-tuk préféré ! Et, croyez-moi, les tentations ne manquent pas à Siem Reap, l’artisanat cambodgien est fin et de bonne qualité : soieries diverses, vêtements, marionnettes de théâtre d’ombres en cuir, reproductions de sculptures…

Heureusement que nous ne disposions que d’une seule journée !

 

Demain nous quittons Siem Reap, ses temples, son artisanat…et ses chauffeurs de tuk-tuk !

Annick

11/4 – Phnom Penh

Samedi 8 mai 2010

Au cours d’un arrêt pendant le trajet depuis Kompong Cham un regard insistant d’un cambodgien me conduit à engager la conversation avec  lui. Je lui demande les raisons de sa présence ici. C’est un cambodgien réfugié en France et revenu à la retraite dans son pays qu’il a quitté pendant le régime des Khmers rouges; je lui demande s’il a de la famille; la réponse me glace : femme et enfants sont morts pendant cette période. Le car repart ne me laissant pas le temps de poursuivre cet échange avec cet homme. Cette rencontre va me marquer pendant toute la visite de ce pays.

Le bus nous dépose au Psar Thmei ( marché central ) en fin de matinée sous une chaleur torride ( 35°).

DSC05950  Nous prenons un Tuk-Tuk pour nous rendre à l’hôtel. La capitale du Cambodge, 2 millions d’habitants, est très étendue. D’emblée nous sommes saisis par les contrastes qui marquent cette ville. Pauvreté absolue et richesse extrême, charme et chaos, immeubles resplendissants et taudis de tôle, tout cela se conjugue en même temps comme témoins du présent et du passé. L’activité est débordante aujourd’hui. Phnom Penh est le point de départ de notre circuit au Cambodge. Pour cela nous avons passé contrat avec une agence afin de ne rien louper de son histoire lointaine et plus récente. Le lendemain nous allons à l’aéroport chercher Hélène, ma nièce et filleule, venue faire un bout de chemin dans notre périple.

DSC05951Hélène nous a gâté avec une bouteille de Bordeaux, une boite de foie gras, et quelques tablettes de chocolat ! Nous sifflerons les 2 premiers le lendemain à l’apéro, pendant qu’Hélène nous donne les nouvelles fraiches de la famille, un régal!!! Le 15/4 nous commençons notre circuit avec guide francophone, voiture et chauffeur. On a un peu cassé la tirelire pour cela mais le Cambodge c’est tellement de choses à voir et à comprendre. Notre guide pour quelques jours, Mr CHAN, est sur le point de prendre sa retraite, il est responsable au sein du ministère de la culture du département ayant à charge de réparer le palais royal et le musée national après le passage des Khmers rouges. De même il a eu une part active à la création du musée du génocide et de la mise à jour du charnier de Choeung Ek dont nous parlons plus loin. Donc un monsieur très érudit parlant un français plus que convenable, très serviable et attentif, il sera un compagnon très agréable. Pour le 1er jour Mr Chan nous fait visiter les incontournables de Phnom Penh:

DSC05954  Palais royal et pagode d’argent – Le palais royal abrite encore la famille royale mais une partie est ouverte au public. La salle du trône est utilisée pour le couronnement et des cérémonies importantes. Le roi Sihanouk y vit encore mais ne se montre plus. Il a abdiqué en 2004 au profit de Sihamoni, l’ un de ses nombreux enfants, légitimé par le gouvernement. La pagode d’argent doit son nom à son sol constitué de plus de 5000 dalles d’argent, pesant chacune 1kg. Un bouddha grandeur nature en or pesant près de 90kg et orné de 9584 diamants d’une beauté indescriptible (hélas les photos sont interdites…)

 

 

DSC05972  Le musée National – à deux pas du palais royal, il occupe un bâtiment traditionnel en terre cuite. Il renferme la plus belle collection au monde de sculptures khmères. Mr Chan est intarissable sur la description historique. Il est en partie responsable de la restauration du musée.

L’après midi nous faisons la visite de 2 sites consacrés à la mémoire des victimes de la barbarie des Khmers rouges. Initialement Annick et moi, nous n’étions pas très chauds pour voir le témoignage de ces horreurs. Mais le jour où nous sommes arrivés à Phnom Penh, nous avons vu cette immense ville qui en avril 1975 a été totalement vidée de ses habitants par les Khmers rouges entrés en vainqueurs, cet homme rencontré ayant perdu femme et enfants, notre guide Mr Chan rescapé de l’horreur. Tout cela a balayé nos hésitations. Nous qui ne faisons que passer nous avons un devoir de dire. Pardon pour ces quelques lignes que j’écris, elles peuvent heurter la sensibilité de chacun. Nous nous sommes interdits de prendre des photos de ces lieux.

Musée de Tuol Sleng ou musée du génocide – En 1975 les forces de sécurité de Pol Pot investissent le lycée de Tuol Svay Prey pour en faire une prison de haute sécurité appelée S-21. Entre 1975 et 1978, 17000 personnes y furent emprisonnées dans des conditions inhumaines, torturées pour leur extorquer des aveux, et envoyées au camp de Choeung Ek pour y être massacrées. En 1977 le S-21 revendiquait une moyenne de 100 personnes par jour. Le musée a conservé en l’état toutes les salles de classe transformées en prison collective ou cellules et salles d’interrogatoire comprenant les instruments laissés là par les tortionnaires avant leur fuite en 1979. Des photos des victimes –hommes, femmes, enfants ou adolescents – tapissent les murs. L’aspect banal du lieu le rend d’autant plus épouvantable. Mr Chan nous explique comment, alors qu’il participait à la création de ce musée, il a eu la douleur de reconnaître sur ces photos  l’un de ses amis ainsi que l’un de ses professeurs.

Les Charniers de Choeung Ek – A 15km de Phnom Penh, c’est là qu’étaient envoyés les détenus de S-21 pour y être éliminés. 17000 hommes, femmes, enfants et bébés y périrent. tous déclarés coupables……43 des 129 charniers sont restés intacts. Cela c’est ce que nous avons vu. Mais tout le Cambodge a été le théâtre des horreurs. Pendant les 3ans 8mois et 20 jours du régime de Pol Pot, Mr Chan nous dit que 50% environ de la population aura été décimée, assassinée ou morte de faim et de maladie. Pendant cette visite Mr Chan, un professionnel, aura du mal à cacher sa propre émotion en évoquant le sort de ses proches et sa vie pendant cette période. Qu’il y soit ici respectueusement remercié.

La visite de ces 2 lieux est très éprouvante car ils évoquent la face la plus terrifiante de l’humanité. Nous ne cessons de nous poser la question: comment  et au nom de quoi cela a-t-il été possible ? De même lorsque nous croisons le regard d’un homme en âge d’avoir été un possible acteur de cette période, nous nous demandons : était-il du côté des bourreaux ou des victimes ? Sans réponse……. Nous rentrons le soir à l’hôtel vidés mais satisfaits d’avoir été au bout de cette démarche absolument indispensable pour qui vient au Cambodge. Les cambodgiens font un travail remarquable de mémoire sur cette période: monuments, livres, articles de journaux intervention dans les écoles….;

DSC05982  Le lendemain départ vers Siem Reap, pour les temples d’Angkor, avec une “escale “ à Kampong Thom . En route à l’heure de midi, Mr Chan nous arrête pour voir quelques spécialités culinaires cambodgiennes. Insectes grillées notamment des mygales……On ne reste pas longtemps ! A Kompong Thom nous allons rendre visite dans un orphelinat à une jeune fille parrainée par une amie.

 

 

 

Rencontre émouvante car Mechs, c’est son nom, nous fait visiter la chambre collective sommaire où elle a vécu, car actuellement elle se prépare à une activité professionnelle. J’oubliais de préciser que le Cambodge fête du 14/4 au 18/4 le nouvel an. C’est l’occasion pour les familles de se réunir, parfois en venant de très loin, et d’aller à la pagode du village pour faire la fête ; la coutume veut que l’on s’asperge de farine.

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Nous sommes parfois pressés de retourner dans la voiture car la chaleur est accablante.

Bernard

8/04 – Kratie, Kompong Cham : deux étapes sur la route qui doit nous mener à Phnom Penh

Dimanche 2 mai 2010

On quitte les kips (monnaie laotienne) pour les riels (monnaie cambodgienne). Le passage de la frontière ne se fait pas sans difficulté : disons-le tout net, nous nous sommes fait “racketter” par les douaniers puis les policiers laotiens d’abord, cambodgiens ensuite !!! Tous les passagers du bus en font les frais ; seuls Julie et Olivier, un jeune couple de français avec qui nous avons sympathisé, ainsi qu’un autre jeune couple n’acceptent pas de payer : le policier refuse de leur délivrer leur visa d’entrée et menace de bloquer le bus à la frontière ! Au bout d’une bonne demi-heure, l’un des jeunes a l’idée de noter ostensiblement sur un papier le nom et le numéro inscrits sur la plaque de l’un des policiers qui panique aussitôt et comme par enchantement, les visas sont apposés sur leurs passeports !!!

Au cours de notre séjour au Cambodge, cette question de la corruption reviendra régulièrement dans les conversations que nous aurons avec les cambodgiens. Certains journaux en parlent également, mais attention s’ils vont “trop loin” : Hang Chakra, directeur du journal Khmer Machas Srok en sait quelque chose : il vient de passer plusieurs mois en prison pour avoir publié deux articles dans lesquels il accusait l’entourage du vice-premier ministre de corruption…

  • KRATIE

P1010307 Nous faisons une première halte de deux jours à Kratie, petite ville située en bordure du Mékong. En face de Kratie, au milieu du fleuve, s’étend un petite île nommée Koh Trong : après avoir loué des vélos, nous nous apprêtons à prendre le bac pour nous rendre sur cette île. Pour accéder au bac, il faut passer au-dessus du fleuve sur une planche étroite, le vélo est lourd, j’ai toujours mon bras défaillant, bref tout à coup la roue arrière se défile et il s’en faut de peu que je suive le vélo qui tombe à l’eau !!! Heureusement il n’y avait pas beaucoup de fond, le vélo est rapidement récupéré, il n’y a aucun dégât et le “spectacle” a beaucoup plu aux riverains !!!

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Koh Trong est un endroit charmant. A notre arrivée, nous entendons de la musique traditionnelle : il y a un mariage au village ! Des barnums sont dressés et les convives sont attablés. L’un deux invite Bernard à s’installer avec eux, mais nous poursuivons notre route.

 

 

Nous roulons sur des chemins de terre bordés de palmiers, de bananiers, c’est le début de la matinée et la chaleur est encore supportable. Les gens qui vivent ici ne respirent pas la richesse, les maisons, sur pilotis, sont faites de planches de bois, les toits sont en feuilles de bananier. Tout au long du chemin, enfants et adultes nous font des signes de bienvenue, nous arrêtent parfois pour nous poser quelques questions (les jeunes apprennent l’anglais à l’école). Cette balade à vélo est un régal, nous apprécions le calme, la nature. Au nord de l’île nous découvrons un village flottant de pêcheurs.

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  • KOMPONG CHAM

DSC05934   Toujours au bord du Mékong (c’est notre fil conducteur…), Kompong Cham est une petite bourgade paisible. Notre hôtel – dont le propriétaire est paraît-il le neveu du premier ministre ! – donne sur le fleuve. Il fait toujours une chaleur torride, entre 13 heures et 16 heures nous restons enfermés dans la chambre. En fin d’après-midi, les habitants de Kompong Cham viennent prendre le frais au bord du fleuve, la ville recommence alors à s’animer un peu, des jeunes jouent au volley, des marchands ambulants installent des tables et préparent à manger, la nuit tombe vite et la ville s’assoupit jusqu’au lendemain.

 

Etonnant ce pont de bambou utilisé seulement pendant la période sèche et qui doit être totalement reconstruit à la main chaque année !

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Le croirez-vous ? C’est une station essence !!!

 

 

 

Un petit clin d’œil à notre amie Anne qui a passé deux étés au Cambodge dans le cadre d’un échange entre enseignants français et cambodgiens. Anne nous a envoyé un mail nous demandant de transmettre le bonjour à Madame Hem Dy, si nous la croisions à Kompong Cham : le seul indice dont nous disposions est que cette dame s’occupait de la bibliothèque, vraiment Anne ton message manquait un peu de précisions ! Mais il en faut plus pour nous décourager et nous voilà donc partis sur les traces de Madame Hem Dy ! Un vieux monsieur parlant français et rencontré sur le marché nous met sur une piste : il nous dit qu’il a maintenant du mal à trouver des personnes avec qui échanger en français, mais qu’il va de temps en temps discuter avec des religieux français…Après quelques tâtonnements nous finissons par trouver ces prêtres. Celui qui nous reçoit vit ici depuis 17 ans, parle, lit et écrit le cambodgien…et connaît Madame Hem Dy !!! Malheureusement, nous sommes en période de Nouvel An Khmer (ce n’est pas le même calendrier que les vietnamiens ou les chinois), le lycée où travaille Mme Hem Dy est fermé et l’abbé qui nous reçoit ne connaît pas sa nouvelle adresse car elle a déménagé…Déception car nous étions près du but, mais nous partons le lendemain…Désolés, Anne, nous aurons essayé ! 

P1010328 Nous partageons plusieurs repas avec Olivier et Julie que nous avons rencontrés au Laos et qui ont passé la frontière avec nous. Ils voyagent également autour du monde. Ils sont partis de France depuis trois mois. Ils rédigent aussi un blog qu’ils ont appelé “voir ailleurs” !!! Reconnaissez que les probabilités de se rencontrer étaient assez minimes ! Nous avons passé avec eux d’agréables moments et leur souhaitons plein de bonnes choses pour la suite de leur périple !

 

Annick