17/3 : Luang Prabang : douceur de vivre et sourires laotiens

3 avril 2010

Nous pensions passer 3-4 jours à Luang Prabang, nous y sommes restés 8 jours…c’est vous dire qu’on a bien aimé !

Luang Prabang, située en bordure du Mékong. fut la capitale de Lan Xang (ex Laos), jusqu’au XVIème siècle et est inscrite au patrimoine mondial de l’ Unesco depuis 1995. Ce qui séduit d’emblée, c’est le calme, la tranquillité, les nombreux temples ou monastères tous plus beaux les uns que les autres, les petites gargotes le long du fleuve, les moines vêtus d ‘étoffe d’une belle couleur orangée, les arbres fleuris…et le sourire des laotiens qui vous interpellent d’un joyeux “Sabaidee !” (bonjour ! prononcer Sa-i-ba-i-dii).

DSC05679   DSC05685

Nous avons trouvé un hôtel charmant, ancienne maison coloniale, et le matin, quand nous ne prenons pas notre petit-déjeuner au bord du Mékong, nous déjeunons sur le balcon de notre chambre qui donne sur  un jardin luxuriant. Le propriétaire, un vieux monsieur –ancien diplomate- parle le français.

Nous nous laissons rapidement contaminer par le rythme lent de la population. Un vieux dicton datant de l’époque coloniale dit : “les vietnamiens plantent le riz, les cambodgiens le regardent pousser et les laotiens l’écoutent”…Plus sérieusement, derrière leur nonchalance affichée, les habitants ont à cœur d’entretenir et d’embellir leur ville. De nombreux monuments ont été restaurés ou sont en cours de restauration – pour certains  avec l’aide du gouvernement français.

Nous flânons dans les petites ruelles pavées de briques rouges, nous ne nous lassons pas de visiter les temples ou monastères qui renferment des trésors (enfin, pour être tout à fait exact, Bernard s’en lasse un peu plus rapidement que moi…). La religion –ou la philosophie- bouddhiste est ici omniprésente. Devant chaque maison, est dressé un petit temple dédié au culte des ancêtres.

DSC05741 DSC05714

DSC05698 Chaque matin, dès 6 heures, il faut voir les quelques centaines de moines défiler dans les rues de la ville, recevant leur nourriture de la journée, selon un rituel bien établi : les habitants –et les touristes qui le souhaitent- s’installent sur une natte devant leur maison, les hommes debout, les femmes assises, les épaules recouvertes d’un écharpe. et distribuent par petites quantités du riz, des gâteaux, des fruits…

 

 

Un  jour, nous nous rendons d’un coup de “jumbo” (triporteur à moteur) dans le village voisin de Ban Xang Khong où travaillent de nombreux artisans (tissage, sculpture sur bois, confection de “pâte à papier” incrusté de pétales de fleurs…Les soieries sont magnifiques, difficile de résister à la tentation !

   DSC05743 DSC05768

P1010229 Un autre jour, nous partons en excursion à Tat Kuang Si : des cascades descendant sur plusieurs niveaux creusent des bassins où l’on peut se baigner, un vrai régal d’autant que depuis quelques jours, il fait vraiment très chaud !!!

 

 

 

P1010200 Les journées passent ainsi sans que l’on s’en rende compte. Nous commençons à avoir nos habitudes, nos petits restos, notre boulangerie !…Certains midi, nous pique-niquons, assis dans l’enceinte d’un monastère ou attablés dans le jardin de l’hôtel. Et, petit clin d’œil  à nos parents et amis bretons, nous avons même trouvé du pâté Hénaff sur le marché de Luang Prabang, incroyable, non ?…

 

Enfin, nous nous offrons “une petite folie” : 2 jours dans la forêt avec des éléphants !

Le Laos s’appelait antérieurement Lan Xang, ce qui signifiait le royaume du million d’éléphants. Il n’en reste plus aujourd’hui que 1500 et des programmes ont été mis en place afin de sauver cette espèce menacée d’extinction.

DSC05798 Avant de partir en balade à dos d’éléphant, un “mahout” (cornac) nous initie rapidement à la conduite de “l’animal” : au son de “Pai Pai” (tout droit), “Sai” (à gauche) ou “Koa” (à droite), prononcés fermement, l’éléphant est sensé nous obéir…Bon, heureusement que le mahout reste derrière nous ! N’empêche qu’un éléphant –même d’Asie- c’est haut (ceux d’Afrique sont encore plus grands) et ce n’est pas si simple de garder l’équilibre ! Bernard s’y sent tout de suite très à l’aise ; quant à moi, il me faut un peu plus de temps pour me décrisper et me persuader que je ne vais pas tomber ! Mais après des débuts un peu stressants, j’apprécie de voir le paysage “de haut”. Un seul autre couple de hollandais est avec nous, et en soirée nous allons tranquillement conduire les éléphants qui doivent passer la nuit dans la jungle. Les mains posées à plat sur la tête de l’éléphant, je me laisse bercer en m’étonnant du contact de cette peau rugueuse, et lorsque je sens que je perds l’équilibre, je m’accroche à ses  grandes oreilles !!!

DSC05801  DSC05791

Après une nuit passée dans cet endroit de rêve, nous partons de bon matin rechercher les éléphants pour les amener à la rivière. Bernard retrouve Mae Uak, son éléphant et moi Mae Nam (ben oui, maintenant qu’on se connaît bien, on s’appelle par nos prénoms !…). Re-balade dans la forêt, avec lever du soleil,  puis bain dans la rivière : moment magique et partie de rigolade ! L’éléphant de Bernard, particulièrement taquin, plonge profondément dans l’eau avant de remonter en douceur, Bernard est mouillé jusqu’au cou tandis que le couple de hollandais et moi ne sommes mouillés que jusqu’à la taille ! Munis de brosses, nous leur faisons une toilette énergique qu’ils semblent bien apprécier !

Ces animaux sont étonnants  et nous aurons pris beaucoup de plaisir à les côtoyer pendant ces deux jours.

Au bout de 8 jours, il est tout de même temps de reprendre la route ! Objectif : Vientiane.

Après  8 heures de bus sur une belle route sinueuse, nous faisons halte à Vang Vieng, petite ville située en bordure de rivière. Drôle d’impression : le centre de la ville est envahi de “bars à télé” où une population de jeunes occidentaux regardent, allongés sur des banquettes,  des dessins animés ou la série américaine “friends” qui passe en boucle !!! Les jeunes viennent ici pour les possibilités d’activités : rafting, kayak…et les environs sont très beaux. Mais notre hôtel n’est pas terrible, l’ambiance de la ville ne nous convient guère, mon bras ne nous permet pas de faire du kayak, aussi  nous décidons de poursuivre sans tarder notre route vers Vientiane.

Annick

11/3 – On va frôler la Chine

25 mars 2010

La Chine ne fait pas partie des pays que nous traverserons dans notre tour du monde. De nombreux voyageurs rencontrés et ayant séjourné dans ce pays, se sont étonnés de notre choix. En effet, quand on décide de faire le tour du monde, il est, bien sûr, impossible de voir tous les pays, de plus notre conception du voyage  consiste à prendre le temps de découvrir le plus possible un pays en y restant assez longtemps plutôt que de faire “ un tableau” de chasse en alignant les contrées. La Chine est un véritable continent qui nécessite d’y rester beaucoup de temps. Un jour peut-être……..

P1010155

  • De Hanoi à Lao Cai par le train de nuit

Donc nous prenons le train de nuit depuis Hanoi vers Lao Cai, dernière ville avant la frontière chinoise. Train avec 4 couchettes par compartiment, tout en bois. Couchettes molles ou couchettes dures ? nous avons choisi les molles car les dures sont vraiment dures, c’est carrément sur la planche!!! Dans le train nous partageons le compartiment avec un jeune couple d’américains dont le garçon est venu dans cette région, composée de 30% de catholiques, pour évangéliser la population avec un prêtre américo-vietnamien. A notre question sur l’attitude des autorités, il nous répond que ce n’est pas très bien vu mais comme ils laissent des dollars…… A 5h30 arrivée à Lao Cai. Nous sortons du train avec 30 minutes d’avance, à moitié endormis. Sur le quai, une horde de rabatteurs (totalement réveillés, eux !) essaie de nous coller dans un de leurs minibus qui vont vers Sapa, ancienne station climatique de la période française, au nord ouest, destination habituelle des touristes. Et nous, nous avons choisi d’aller à Bac Ha, au nord –est, avec un bus local qu’il faut aller chercher au terminal, situé à presque 2Km. Nous tentons de prendre un taxi, mais au bout de 15 minutes, nous renonçons car les chauffeurs voudraient bien nous emmener ailleurs. Pénible…..Donc nous faisons le trajet à pied, avec nos sacs sur le dos bien sûr ! Nous ne trouverons pas de terminal et c’est une dame en moto qui s’arrête et nous indique l’arrêt du bus que nous attendrons 1 bonne heure en buvant un thé,sur le bord du trottoir, à une petite échoppe.

  • De Lao Cai à Bac Ha en bus

Le bus local est vraiment “local” Nous avons la chance d’avoir 2 places assises car le trajet dure 2 heures. Le bus se remplit au fur et à mesure du voyage. Et bien rempli! car il faut sortir par les fenêtres aux arrêts. Dans le bus, tout le monde garde son calme. Il se dégage une petite odeur très, très “ rustique” dirons nous……Arrivés à Bac Ha, il nous faut enjamber les sièges pour descendre. Mais enfin nous y sommes, c’était pas gagné d’avance!

P1010158   P1010156

  • La petite ville de Bac Ha

Bac Ha, un peu plus de 7000 habitants, est située au nord-ouest du pays. Cette région, montagneuse et peu habitée, abrite ce que l’on appelle des minorités ethniques, car les vietnamiens se sont tenus à l’écart de cette zone tampon avec la Chine peuplée de Hmongs noirs ( parce que vêtus de noir) et  Hmongs fleurs ( parce que portant des vêtements colorés) A cette saison il fait un peu frais, nous devons ressortir notre petite laine polaire, restée dans nos sacs depuis la Patagonie (fin décembre). Ce qui nous frappe c’est le calme . Nous en avions besoin. Depuis 3 semaines nous avons presque tous les jours été exposés à l’effervescence qui caractérise les villes que nous avons traversées jusqu’ici. A part le traditionnel haut-parleur public, qui jacte dès 6h le matin, nous apprécions de ne plus entendre les moteurs et Klaxons des 2 roues.

Le lendemain nous faisons un trek, autour de Bac Ha avec Thong pour guide. Indispensable car il y a de nombreux sentiers, mais aucune indication. Nous traversons des villages Hmongs et des paysages merveilleux où se côtoient végétation luxuriante et culture en terrasse.

DSC05555  P1010168

DSC05527 Visite de l’école, d’une maison. Je dois dire que cela ne m’emballe pas d’aller voir les gens dans le cadre d’une excursion. Bien souvent ils reçoivent de l’argent pour assurer l’accueil ou tentent de vous vendre quelque chose, et l’authenticité fait défaut à ces instants où des personnes que tout éloigne se rencontrent pour un regard, un sourire qui témoignent de la même humanité. Bon! faut faire avec…

Le soir au resto, rencontre avec un couple de la région de Bordeaux. Elle, Hélène, native d’Indochine, qu’elle a dû quitter dans des circonstances tragiques, sans l’avoir choisi ,revient pour la première fois, à la soixantaine, revoir ce pays qu’elle n’a cessé d’aimer. Elle n’avait pas souhaité ou osé le faire avant par crainte d’y être mal accueillie. Et pourtant, nous dit elle, dès qu’elle fait savoir ses origines, les visages s’éclairent et on lui réserve toutes sortes d’attentions et de gentillesses. On l’accueille comme quelqu’un qui revient chez elle. Evidemment cette conversation résonne dans ma tête, en pensant à ce voyage fait en octobre 2008 en Algérie avec, mon frère, son épouse, leur fille et Annick. C’était, pour eux, la première fois qu’il retournaient dans notre pays natal, n’est-ce pas Jean, Gisèle, Hélène ? Et quel bonheur! Bon revenons à Bac ha…

  • Le marché traditionnel de Can Cau

Le lendemain nous avons prévu d’aller à Can Cau, petit village à 25km, où se tient le marché hebdomadaire. Les habitants des environs, en costumes traditionnel, se retrouvent pour acheter ou vendre leurs produits. Nous envisagions de louer une moto pour faire le trajet; mais au matin il fait frisquet, nous ne sommes pas équipés. Comment faire pour y aller quand même ? Il y a bien un bus local, on a déjà donné….Annick voyant un groupe de 5 personnes devant un minibus qui envisageaient d’aller au marché de Can Cau, leur demande l’autorisation de nous joindre à eux. C’est spontanément OK. Il s’agit de Tu (prononcer Tou), une vietnamienne avec son mari Barry, anglais, vivant à Genève, accompagnés de Linh- la fille de Tu – et d’une amie, Véronique, journaliste à l’AFP en retraite. Ils ont loué ce minibus avec chauffeur et guide pour visiter la région Nord que Tu ne connaissait pas. Nous voilà à ce marché, haut en couleur. On y trouve beaucoup de produits artisanaux, linges, tissages, nourriture, bêtes sur pieds etc….Et surtout des Hmongs avec des coiffes et habits colorés. De très beaux enfants. Je ne sais si cela tient à leurs yeux bridés mais je trouve que les enfants asiatiques sont très jolis.

DSC05574  DSC05578

De retour à Bac Ha, Tu nous propose de nous joindre à eux pour la suite de leur voyage vers le nord-est. Cela change nos projets et après quelques minutes de réflexion nous répondons positivement. Et voilà le voyage comme on l’aime, fait d’imprévus et de belles rencontres, celle-ci en sera une. Nous quittons Bac Ha en laissant Barry qui doit rentrer à Nha Trang, où il donne des cours d’anglais.

La route serpente dans la montagne, où les cultures en terrasse sculptent le paysage. Le bitume fait bientôt place à de la terre, on roule lentement, on rencontre personne ou presque et pourtant à un arrêt, sortis d’on ne sait où, un attroupement souriant se fait autour de nous.

DSC05622  DSC05645

Chaque arrêt est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur nos compagnes de voyage. Véronique nous donne moult commentaires car son métier de journaliste l’a amenée à couvrir la guerre entre le Nord et le Sud du Viet Nam ; il est très peu d’endroits du globe qui lui soient inconnus mais le Viet Nam garde une place de choix dans son cœur. Ce n’est quand même pas tous les jours que l’on peut faire ce genre de rencontre !…Nous en apprenons aussi un peu plus sur le fonctionnement de la Croix rouge dont Linh est une déléguée permanente.

Le soir nous faisons halte dans un petit hôtel. Et là commence , en particulier pour Tu – car c’est elle qui, parlant le vietnamien,fait l’interface -  le début des ennuis, car le chauffeur, estimant ne pas être assez payé, malgré l’accord de départ, exige pour aller à l’étape du lendemain une rallonge ! Dans un premier temps tout le monde est contre. Le lendemain nous faisons route vers Ha Giang, le chauffeur fait la tronche. Nous devions aller plus au Nord, mais les autorités locales nous imposent de prendre un permis accompagné d’un guide pour la “sécurité” dans cette zone paisible et de passer par une agence; bref pour continuer il faut “arroser” toute une filière. Tu est très déçue. Nous aussi mais pas trop surpris, et même un peu réconfortés. Car voilà, depuis quelques semaines, nous avons du mal à supporter d’être la cible quasi quotidienne de ces embrouilles et nous nous demandions si  la fatigue du voyage nous rendait moins tolérants. Nous pensions que les personnes parlant le vietnamien étaient peut-être davantage épargnées.

  • Le petit village de Tha

Le chauffeur sachant qu’on n’irait pas plus loin retrouve le sourire et nous emmène dans un petit village, entouré de rizières, non touristique mais combien accueillant. Toutes les maisons sont construites sur pilotis avec une surface de plus de 120m2, toit en feuilles de bananier. Des femmes pieds nus plantent du riz dans l’eau,  elles rient de nous voir là. Echange de gestes amicaux et sourires. Quelle fraicheur!!! Une dame quitte les travaux pour nous inviter à prendre le thé dans sa maison. Moment inoubliable car les regards ont remplacé les mots et c’était presque suffisant. A la sortie je suis interpellé par un autre villageois pour prendre le thé encore, et puis un autre…

DSC05673  DSC05668

Nous quittons Tha, c’est le nom de ce village, le cœur gai. Nous avons pu voir là une autre facette du Vietnam……

  • Retour à Hanoi

Le lendemain, après de nouvelles exigences du chauffeur, le groupe décide de s’en séparer et de rentrer à Hanoi avec un autre minibus privé, qui ne nous mènera que la moitié du trajet pour nous transférer dans un bus local. Bien sûr ce n’était pas prévu ainsi ! Nous arrivons à Hanoi où Tu nous a trouvé un hôtel très sympa dans le quartier de la cathédrale ( nous recommandons ce quartier plutôt que celui des touristes dans la vieille ville) Je ne sais si Tu lira ces quelques lignes, sa modestie dût-elle en souffrir, je dois dire que nous avons aimé être pendant ces 3 jours à ses côtés. Nous avons apprécié chez ce petit bout de femme, la gentillesse, la douceur, les éclats de rire, qui révèlent toute l’énergie, la détermination du personnage. Elle nous a confié des bouts de son étonnant et parfois douloureux parcours. Merci Tu, bonne chance pour tes projets avec Barry !…

Avant de partir, nous visitons le temple de la littérature, havre de paix datant de 1070 , dédié à Confucius afin d’honorer les lettrés et les grands écrivains.

P1010195   P1010189

Demain 17/3, nous quittons ce pays et prenons l’avion pour Luang Prabang au Laos.

Bernard

4/03 : de HANOI à l’île de CAT BA en passant par la BAIE d’ALONG

20 mars 2010
  • Croisière dans la baie d’Along : une croisière un peu spéciale !…

Après avoir vérifié l’état de nos comptes, nous décidons de nous offrir une croisière “de luxe” dans la baie d’ Along. Nous passons par une agence recommandée par Lonely Planet pour son sérieux et la qualité de ses services.

Après quelques heures de bus au départ de Hanoï pour rejoindre la ville d’ Along, nous embarquons en début d’après_midi sur le Bhaya, une superbe jonque aux voiles couleur ocre. Peu de temps après avoir levé l’ancre, nous avons le sentiment d’avoir changé de monde tant la beauté des lieux est saisissante. La baie d’ Along, Inscrite depuis 1994 au patrimoine mondial de l’ Unesco, est située dans le golfe du Tonkin et compte deux mille îles ( Bernard croyait qu’il y en avait quelques dizaines…) nous apercevons de petites criques, des grottes, le temps un peu brumeux amplifie le caractère mystérieux, poétique de l’endroit, le Bhaya glisse sans bruit sur une mer d’huile…

DSC05413  DSC05422

Déjeuner à bord, prise de possession de notre chambre…Un groupe d’une vingtaine de français – pas des plus jeunes ! – sont en voyage organisé : en 15 jours, Laos, Cambodge, Viet Nam, ils ont la santé ! Bernard devra écouter patiemment un monsieur qui énumère tous les pays qu’il a “faits” depuis qu’il est en retraite…Nous échangeons un peu avec un couple d’américains, puis plus longuement avec un australien originaire de Malaisie qui nous donne des infos intéressantes pour la suite de notre voyage.

Le bateau ayant jeté l’ancre, nous nous offrons même une petite balade en solitaires sur un canoe (mon bras droit est toujours faiblard,  c’est surtout Bernard qui rame !)

DSCN6556 Peu avant le repas du soir, alors que Bernard est sous la douche, mon téléphone sonne,  c’est un SMS de Nathalie (la fille de Bernard) : “La petite Maëlle est née ! Tout le monde se porte très bien !”.( Bernard devait le pressentir car depuis le matin, il m’avait demandé à plusieurs reprises de vérifier les messages reçus sur mon téléphone). Grand moment de bonheur, vous vous en doutez !…Nous fêtons cela au champagne. Bien sûr, nous aurions préféré partager ce moment avec la famille, mais heureusement le téléphone et internet atténuent la distance : dès le lendemain, Nathalie nous envoie une photo de Maëlle par téléphone et dès notre retour à Hanoï quelques jours plus tard, nous pourrons voir sur notre écran la petite famille au complet !

P1010109  P1010096

Et pour clore cette merveilleuse journée, coucher de soleil dans la Baie d’ Along : que demander de plus ?

DSC05472  DSC05463

Le lendemain, lever à l’aube pour assister au lever du jour, tandis que sur le pont, certains suivent un cours de “Taï chi” (gymnastique d’origine chinoise). Nous longeons des villages flottants de pêcheurs dont la vie doit être rude.

DSC05438  DSC05441

DSC05488 Puis visite de la grotte de Hang Sung Sot : là encore, nous sommes éblouis par ce que la nature nous offre, j’ai l’impression d’être dans les décors fantasmagoriques d’une bande dessinée ou d’un film de science fiction, les éclairages mettent bien en valeur les roches sculptées par les eaux et le temps…Nous essayons de faire abstraction de la guide qui veut à tout prix nous dire quelles formes ou représentations nous devons y voir !

 

 

C’est à partir de ce moment que l’organisation de notre croisière commence à “foirer”. Dans un premier temps un bateau devait venir nous récupérer sur le Bhaya pour nous emmener dans la baie de Lan Ha puis sur l’île de Cat Ba où nous devons passer notre seconde nuit car les passagers du Bhaya rentrent le jour même sur Hanoï. Après plusieurs ordres et contre-ordres, on nous demande de revenir avec le Bhaya à Along où nous devrons attendre un deuxième bateau. Attente, recherche vaine d’informations, démarche téléphonique auprès de l’agence avec laquelle nous avons contracté, bref nous finissons tout de même par nous retrouver sur ce deuxième bateau qui va dans la baie de Lan Ha, tout aussi belle que la baie d’ Along. Le bateau est plus petit, moins luxueux, mais l’ambiance y est plus jeune et plus décontractée ce qui nous convient bien. Cependant nos péripéties ne s’arrêtent pas là : ce bateau ne va pas sur l’île de Cat Ba ! Après une sortie en canoë, nous quittons l’équipe de passagers pour monter sur un nouveau bateau ! Il est déjà 17 heures et nous aurions dû arriver vers midi à l’ Ocean beach Resort, un hôtel situé en bord de plage sur un petit îlot au large de Cat Ba…Nous  sommes les deux seuls passagers de ce bateau que l’on devrait plutôt qualifier de “rafiot” : sièges cassés, trous dans le plancher pourri, il n’y a plus qu’à espérer que le moteur tienne bon !

DSC05503  DSC05505

Dès que nous nous éloignons de la baie de Lan Ha, la mer commence à se former, le bateau penche, les chaises glissent, la théière et les tasses tombent, faisant sortir de sa torpeur le matelot ! Plus ça va, plus les creux des vagues sont importants. Le jour qui commence à baisser renforce l’ambiance un peu inquiétante de cette traversée, mais c’est aussi très beau ! Enfin, après 1h30 de navigation houleuse, nous arrivons près des côtes de Cat Ba. Et là, vous n’allez peut-être pas nous croire, mais le bateau ne peut accoster sur le petit îlot où nous devons passer la nuit !

DSC05507 Et c’est sur un radeau de bambou(si, si !), à la nuit tombée, que nous finissons notre traversée !!! Pour clore le tout, le pied de Bernard passe au travers d’une latte de bambou au moment d’accoster, plus de peur que de mal, mais il y a comme ça des journées où l’on se dit que l’on aurait peut-être mieux fait de rester couchés !!!

 

 

P1010144 A l’Ocean Beach Resort, nous avons le plaisir de retrouver Annie et Aurélien, un jeune couple avec qui nous avions sympathisé lors de notre trajet en bus entre Hanoï et Along. Annie est québécoise et Aurélien est français mais vit au Québec depuis plusieurs années. Le soir plusieurs radeaux de bambou échouent en morceaux sur la plage, démontés par la violence de la mer…

 

Notre chambre donne sur la plage et nous nous endormons, bercés par le bruit des vagues. Le lendemain le temps est gris, nous devons repartir à midi, tant pis pour la matinée plage et transat !

 P1010139  P1010135

 

  • La baie d’Along terrestre

On surnomme ainsi le paysage de formations karstiques qui émergent au milieu de rizières situées à Tam Coc, dans les environs de Ninh Binh (environ 100 kms au sud de Hanoï). On les découvre au travers d’une balade en barque sur 2 kms le long d’une rivière .  C’est un endroit très touristique, aussi, suivant les conseils de notre précieux Lonely Planet, nous arrivons la veille de manière à pouvoir faire la visite de bonne heure avant l’arrivée des cars de touristes. Nous souhaitons partir à 7 heures mais notre guide nous convainc de partir à 8 heures seulement. Au petit matin, il pleut, et lorsque nous arrivons à l’endroit où attendent les embarcations, nous nous retrouvons au milieu d’un flot d’au moins 300 collégiens : le 8 mars, journée de la femme, est ici férié et les collégiens sont de sortie, c’est bien notre veine ! La balade au fil de l’eau perd de son charme au milieu des cris et plaisanteries des enfants qui nous regardent d’un air étonné et nous interpellent en riant…C’est tout de même un spectacle étonnant de voir ces femmes qui rament adroitement avec leurs pieds tandis que leurs mains sont occupées à  tricoter ou à éplucher  fruits ou légumes !!!

  • Hanoï

De retour à Hanoï, nous essayons en pure perte de nous faire rembourser une partie de la croisière qui ne s’est pas déroulée comme prévu…

Et puisque les “emm…..” arrivent souvent en série, lorsque nous récupérons nos sacs à dos que nous avions laissés en consigne à l’hôtel, je découvre que la poche du dessus ainsi que le sac qui enveloppait mon sac à dos ont été mangés par un rongeur !!! La patronne de l’hôtel me reproche d’avoir laissé de la nourriture dans mon sac, et lorsque je lui réponds que je ne pouvais pas imaginer qu’il y avait des rats dans son hôtel, elle me dit “mais, il y en a partout dans le quartier !”. Moi qui ai la phobie de ces bestioles, me voilà tout à fait rassérénée!!!…( nous en verrons même dans un café à l’aéroport de Hanoï…). Mes sacs seront tout de même bien réparés et la réparation prise en charge par l’hôtel…

Le 9 mars au soir, nous rejoignons à l’aéroport  Annie, Cathy et Marie-Mad qui repartent vers la France. Merci à Annie qui se retrouve avec un sac plein  de “quelques affaires qui nous encombraient” !

Nous retrouvons Hanoï et sa circulation infernale, son bruit continuel, ses haut-parleurs qui – comme dans de nombreuses villes au Viet Nam – hurlent dès 6 heures du matin pour – selon la version officielle relayée par un guide – “réveiller les gens qui doivent partir au travail “ ou “donner des informations sur la culture du riz” ou “dire aux habitants qu’ils doivent nettoyer leurs trottoirs” ou que sais-je encore ! et bien sûr, nous sommes censés y croire sans plus nous poser de questions !!!

P1010145  P1010146

Dans la vieille ville, les rues portent des noms aux significations amusantes, telles que la rue Bat Dan (rue des bols en bois), la rue Bat Su (rue des bols de faïence), la rue Cha Ca (rue du poisson grillé) ou encore la rue Hai Tuong (rue des sandales) etc…Les rues grouillent de petits vendeurs ambulants portant de lourdes charges sur une épaule, il est possible de manger dans la rue pour très peu cher, assis sur des petites chaises d’enfants en plastique …Les “pousse-pousse” hèlent les clients potentiels…Il y a aussi bien sûr des quartiers plus chics.

 DSC05519  P1010151

Nous ne visiterons en fait pas beaucoup Hanoï. Nous sommes fatigués du harcèlement envers  les touristes, au point que nous envisageons même de quitter le Viet Nam sans aller dans les provinces du nord. Plusieurs voyageurs que nous avons rencontrés et qui, comme nous, voyagent sans passer par un “tour opérateur” éprouvent le même sentiment. Nous devons être en permanence sur nos gardes. Il faudrait pouvoir rencontrer des vietnamiens en dehors de la sphère commerciale. Peut-être aussi commençons-nous à sentir la fatigue accumulée au bout de bientôt 7 mois de voyage ?

Nous décidons malgré tout de partir au nord, vers Sapa et ensuite passer la frontière pour gagner le Laos où tout le monde nous dit que c’est beaucoup plus “cool”.

Annick

25/2 – On repart vers le Nord

17 mars 2010

11 heures de bus pas très confort ( où sont nos bus sud américains!!) et nous voilà à Nha Trang, ville touristique sans interêt particulier. Ah oui! notre hôtel avec chambre et personnel souriant, avenant,  au point qu’on leur promet de mettre un petit mot sur “Tripadvisor". Le lendemain, excursion touristique en bateau. Visite de l’aquarium aux formes un peu bizarres, mais recélant de nombreuses espèces inconnues de nos contrées. Journée mer, avec apéro aquatique; on vous expliquera à notre retour. Je trouve le moyen de passer dans une trappe du bateau avec plaie à la jambe qui mettra quelques jours à guérir. De retour nous allons voir une expo photos d’ un artiste très populaire au Vietnam. Photos noir et blanc de portraits et vie courante. Je suis resté scotché devant un portrait d’enfant au regard fixe,yeux ronds et amande, qui exprimait tout à la fois détresse, espoir, peur, joie. Rarement je n’ai ressenti une telle émotion devant une photographie. J’aurais aimé en faire l’acquisition Le soir au resto, nous rencontrons un parisien qui envisage de s’installer ici et monter une affaire de produits médicaux. Il nous dit en avoir marre des grèves des transports parisiens…….

27/2 – Hoi An

Enfin une ville vietnamienne telle que nous l’attendions, classée au patrimoine mondial. Certes aussi tournée vers le tourisme, mais ayant conservé son authenticité architecturale. Peuplée surtout de descendants chinois, les maisons basses qui bordent les rues étroites, sont construites suivant le même concept. D ailleurs nous serons invités à en visiter une, par une vieille dame de plus de 80ans, parlant français car ancienne institutrice, très attachée à la langue française et à l’histoire de notre pays.

DSC05241  DSC05232

DSC05235 Hoi An, située au bord de la rivière subit chaque année des inondations plus ou moins importantes, obligeant les habitants à  déménager les pièces du rez de chaussée. Nous prenons plaisir, malgré la chaleur à déambuler dans cette ville. visitant différents bâtiments historiques ( il y en a 800….)  Nous aurons même un petit moment de bonheur en écoutant assis à la devanture d’une échoppe, un morceau de piano :  sonate au clair de lune de Beethoven. Hoi An c’est aussi une ville d’artistes peintre sculpteurs, broderie sur soie , sans oublier les tailleurs sur mesure…

 

Assis à un café au bord de la rivière, nous regardons sans nous lasser les gens de la ville qui vaquent à leurs occupations.

DSC05261  DSC05263

 

DSC05255Nous avons de la chance car ce soir c’est fête, comme chaque mois au moment de la pleine lune. Les rues sont interdites au motos et seulement éclairées par des lanternes en soie.

1/3 – Hué

Ville aussi classée au patrimoine mondial est une base de départ pour qui est curieux des combats entre nord-vietnamiens et américains. C’est dans cette zône du centre du VietNam que des lieux au nom de Danang, Khe Sanh, Dong Ha, Hué rappellent aux plus anciens les âpres engagements entre américains et nord-vietnamiens. Nous allons visiter la DMZ ( traduire la zône démilitarisée) qui a été tellement militarisée pendant cette guerre. Nous faisons 8 heures de bus dans la journée pour voir à Khé San 2 hélicos pris aux américains. Mais bien sûr, comme dans tous ces lieux où la folie des hommes s’est exprimée, on a du mal à imaginer que ce fut un thêatre d’affrontements si meurtriers, tant le calme et le silence sont grands. L’après midi nous visitons les fameux tunnels construits par les Vietcongs pour échapper aux bombes américaines. On se dit que ces hommes et femmes étaient faits d’acier pour vivre dans ces conditions.

Mais Hué ce n’est pas que cela. C’est aussi une ville impériale qui a abrité les derniers descendants de la dynastie des Nguyen, jusqu’en 1947.

 DSC05295  DSC05384

C’est dans la citadelle, ceinturée par des murs de 10km de long, que le dernier empereur, Bao Dai abdiqua, en 1947 devant une délégation du gouvernement révolutionnaire d’Ho Chi Minh. Sa construction a débuté en 1804. Nous visitons 3 tombeaux impériaux. Tous furent érigés par les empereurs de leur vivant, certains leur ont même servi de résidence. En fait de tombeaux, ce sont surtout des mausolées immenses. Les empereurs vivaient là avec leurs nombreuses concubines – jusqu’à 500 concubines pour certains ! En fait de concubines, on devrait plutôt parler de femmes prisonnières à vie, soumises au bon vouloir de leur “maître”.

 DSC05403 Pour clore le chapitre vieilles pierres nous visitons la pagode Thien Mu. C’est d’ici que le bonze Thich Quang Duc est parti, en 1963,pour se rendre à Saigon et s’immoler par le feu publiquement. La photo de son sacrifice a fait le tour du monde. d’autres immolations suivirent; Elles avaient pour but de protester contre le régime du président Diem. La belle soeur de ce dernier  avait qualifié de “barbecue party” ces actes. Cela n’a pas porté bonheur au président : il fut assassiné, avec son frère quelques mois plus tard. La pagode abrite le véhicule dont s’est servi Thich Quang Duc pour aller à Saigon.

Bernard

23/2 – Ile de Phu Quoc ; retour en Polynésie

10 mars 2010

DSC05225 C’est sur le conseil de notre ami Julian, rencontré en Argentine que nous allons sur cette ile. Très bon conseil, merci Julian. En effet Phu Quoc, longue de 48km, située au sud du Vietnam, à 45km de ses côtes est un petit paradis. Avec de longues plages de sable blanc, des petites iles verdoyantes. Eloignée du delta du Mékong et de ses eaux boueuses, Phu Quoc est entourée d’une mer turquoise.

Notre hôtel de style “massif” possède piscine et se trouve à 20m de la mer. Donc nous ne sommes pas malheureux! Nous nous inscrivons pour une excursion en bateau pour les iles avoisinantes. Le soir nous ne résistons pas au plaisir du coucher de soleil.

P1010071  P1010070

Le lendemain à l’heure dite, nous sommes invités à monter dans le bus de notre excursion. Il s’avère que ce bus n’est pas le nôtre, nous avons été “raptés” par un bus concurrent !!!!! On finira par rester dans ce bus pour une excursion similaire. Bien nous en a pris car nous faisons une rencontre avec Ferruccio, italien la soixantaine, qui voyage avec son fils, parlant français. Ce fut un moment de bravoure, lorsque Ferruccio, à qui nous demandons des conseils sur un éventuel voyage dans son pays pendant un mois, nous parle de Rome et de ses monuments, et de son amour fou pour une femme qui se révéla être………. une statue dans la petite église à côté de sa maison. Le sculpteur ayant laissé apparaitre un pied dénudé d’un voile, l’avait visiblement bouleversé! Le tout raconté avec souffle coupé , yeux mi-clos; à l’italienne quoi!!!! Nous avons passé une excellente journée à ses côtés. Le soir rencontre avec  Linda et Tracy, 2 canadiennes, voyageant depuis 6ans et, qui perdues cherchent leur route. 20 minutes d’échange intense au bord du port.

P1010059  P1010058

C’est fou ce que ces rencontres nous nourrissent. Nous rencontrerons aussi Cao, un belge d’origine vietnamienne, parti de son pays dont il nous parlera, hélas, que quelques instants avant que nous ne repartions vers Saigon. Dommage, il avait envie de “se” parler de son pays. Il avait des choses à nous dire qui sentait bon l’authenticité et nous avions envie de l’écouter.

24/2 – Retrouvailles

De retour à Saigon, nous retrouvons nos amies Annie, Cathy, Marie Mad arrivées quelques heures plus tôt pour un voyage de 2 semaines au Vietnam. Un peu fatiguées par le voyage et décalage horaire. Embrassades et émotion, car nous nous sommes quittés il y a plus de 6 mois et c’est un plaisir immense de les voir là.

P1010078 Sur la terrasse de l’hôtel, il y a une piscine. Nous faisons quelques longueurs avec Annie qui nous donne des nouvelles de tout le monde. Encore un moment étonnant arraché au temps qui nous manque, car les filles doivent suivre leur groupe. Le soir bonne rigolade au resto autour d’un repas vietnamien et d’un verre de vin que l’amitié nous a fait trouver bon!!  Nous récupérons les médocs amenés de France et le lendemain nous commençons à remonter vers le Nord en bus.

 

Bernard

19/02 Le delta du Mékong et ses marchés flottants

9 mars 2010

Il faut juste se laisser glisser au fil de l’eau et regarder…Mais ce matin, pas grand-monde sur le marché flottant de Cai Be, c’est encore la fête du Thêt…Seules quelques barques ici et là transportent du matériel ou des marchandises.

DSC05093  DSC05095

sur les rives, des maisons sur pilotis qui ne respirent pas la grande richesse

DSC05103  DSC05104

La barque s’enfonce dans des petits canaux, des scènes de la vie quotidienne nous surprennent ou nous émeuvent

DSC05120  DSC05196

DSC05112  DSC05150

Nous nous arrêtons dans un village et nous attardons quelques instants devant une femme qui fabrique des galettes de riz tandis qu’à côté l’on confectionne des bonbons au caramel de manière très artisanale

DSC05109 DSC05108

Visite de la pagode de Ba Chua Xu : foule dense, salles enfumées par les milliers de bâtons d’encens, mais en s’éloignant un peu, on découvre des salles plus tranquilles où sont exposées les offrandes faites aux divinités par des familles très riches : vêtements brodés d’or, statuettes, vases et meubles aux incrustations de nacre…quelle atmosphère étrange !

DSC05164  DSC05165

Autre arrêt dans une ferme d’élevage de crocodiles : et dire que ces énormes bestioles à l’air si peu engageant vont finir en chaussures ou en sacs à main, triste destinée…

DSC05174  DSC05177

 

Et pour finir, nous prenons le ferry pour nous rendre à Can Thô : joyeux embouteillage, concert de klaxons, tout le monde finit par descendre du bus pour se dégourdir les jambes et se rendre à pied au ferry !

P1010051 Arrivée à Can Thô en soirée. Repas sur le Mékong en compagnie de René, Bosco et  Hong Le, amie de Bosco. Nous les avons rencontrés durant notre croisière sur le delta. René et Bosco sont tous deux originaires de Narbonne. Bosco vient tous les ans au Viet Nam et parle le vietnamien. Il connaît tous les fruits et légumes de ce pays et nous a fait partager ses connaissances. Un bon moment passé ensemble.

 

Annick

15/02 Ho Chi Minh Ville ou Saïgon ? c’est comme vous voulez !

4 mars 2010

Après 11 heures d’avion depuis Sydney, avec une escale de quelques heures à Hong-Kong – soit 8900 kilomètres parcourus – nous voici à Saïgon, un peu fourbus et décalés ! Et histoire de nous mettre tout de suite dans le bain, une foule compacte est amassée à la sortie de l’aéroport. Agences de voyage et chauffeurs de taxis brandissent des pancartes pour retrouver leurs clients, mais nous avons beau scruter tous les panneaux, notre nom n’apparaît pas, un taxi devait pourtant nous attendre pour nous conduire à notre hôtel…évidemment, les offres se bousculent pour nous emmener, nous tenons bon et près d’une demi-heure plus tard notre chauffeur de taxi arrive enfin !

P1000996 Premier contact avec la  foule, la circulation dense, le nombre incroyable de scooters, mobylettes ou motos, et effarement mêlé d’admiration devant la manière de conduire des cyclistes,  motocyclistes et automobilistes qui se frôlent, se croisent, se faufilent. Bien sûr, j’ai oublié de préciser que la priorité à droite ou à gauche ne semble pas exister et que la plupart  des motocyclistes circulent à 2, 3, voire 4 personnes sur un même engin (dont 1 ou 2 enfants mais tout de même !!!). Le klaxon semble l’instrument magique qui permet que bon an mal an tout le monde finit par passer ! Il nous faudra quelques heures d’apprentissage pour parvenir à traverser certaines rues sans trop d’angoisse, car les passages pour piétons sont rares…et pas forcément respectés  !

L’hôtel que nous avons réservé  nous semble bien luxueux, cela va nous changer des petits hôtels ou auberges de jeunesse ! Nous déposons nos affaires et partons à la découverte de Ho Chi Minh Ville que beaucoup de vietnamiens continuent d’appeler Saïgon. J’imagine Marguerite Duras arpentant ces mêmes rues et allant rejoindre son amant de Cholon.

  • La fête du Têt

C’est la fête du Têt, qui comme le nouvel an chinois, marque le passage du Nouvel an lunaire (nous entrons dans l’année du tigre) :  à cette occasion les vietnamiens se retrouvent en famille, beaucoup de magasins sont fermés, les enfants ne vont pas à l’école…Les rues et les maisons sont joliment décorées de fleurs, de lampions, le rouge et le jaune (couleurs du drapeau vietnamien) dominent. La ville fonctionne au ralenti pendant environ 1 semaine. Evidemment, pour nous qui voulons faire des projets pour les jours à venir, ça n’est pas la période idéale !

P1000989  P1000987

 

Heureusement nous pouvons rencontrer Mai dès le lendemain – merci à Virginie qui nous a mis en relation avec cette femme très intéressante ! Mai vit à Saïgon et travaille comme guide pour différentes agences. Elle parle parfaitement le français et nous donne quantité d’informations précieuses pour que nous puissions y voir un peu plus clair dans ce que nous allons faire. Dommage qu’elle ne soit pas disponible pour nous accompagner ! Nous nous rendons en effet rapidement compte qu’il va nous être difficile de voyager dans ce pays par nous-même : peu de personnes parlent le français et j’ai beaucoup de mal à comprendre l’anglais que parlent les vietnamiens, par ailleurs nous comprenons vite qu’il est préférable de traiter avec un intermédiaire si l’on veut éviter les négociations ardues et les “embrouilles” ou arnaques dont les touristes sont la cible privilégiée…Nous décidons donc de passer par une agence qui prend en charge la réservation de nos transports et de nos hébergements et qui nous met à disposition un accompagnateur pour la visite de certains sites tout en gardant une certaine indépendance, tout cela pour un prix très intéressant.

  • L’argent 

Il faut s’habituer aux dongs, la monnaie vietnamienne : il faut 25 000 dongs pour 1 euro. Lorsque le 1er soir, nous avons mangé au restaurant pour 310 000 dongs, cela nous a fait un choc avant qu’on ne réalise que cela représentait en réalité 13 euros !!!

  • Les marchés 

Marché couvert de Ben Thanh, marché de Cholon…Difficilement descriptible ! Il y règne une activité bourdonnante et une abondance de produits alimentaires que nous ne connaissons pas. Nous passons sans nous attarder devant les étals de poissons séchés ! Et après avoir à deux reprises aperçu des rats se faufilant aux abords des marchés, mon attrait pour les marchés en prend un coup !

DSC05079  DSC05078

  • Le Palais de la réunification

DSC05077 C’est ici que les premiers tanks communistes entrèrent dans Saïgon le 30 avril 1975, entraînant la chute de la république du Viet Nam.

 

 

 

 

  • La ville, ses temples, ses pagodes, ses églises

Nous parcourons les rues de Saïgon, en essayant de nous habituer aux noms aux consonances si étrangères pour nous : rues Ly Tu Trong, Le Thanh Ton, Le Loi, Nguyen Hue, etc…Pas simple, encore une chance que l’écriture vietnamienne utilise les mêmes caractères que nous ! La plupart de ces noms évoquent des héros de l’histoire vietnamienne mouvementée. Les Vietnamiens se sont battus contre les chinois, les japonais, les cambodgiens, les français, les américains…Les monuments que nous visitons reflètent ces influences multiples : on retrouve des temples bouddhistes, des pagodes, des églises catholiques…

DSC05076  La Cathédrale Notre-Dame

DSC05080 Les temples ou les pagodes renferment pour nous toujours autant de mystère, nous avons du mal à nous y retrouver parmi les nombreuses divinités, parfois représentées sous la forme de personnages ou animaux fantasmagoriques…Les gens viennent y déposer leurs offrandes pour s’attirer les bonnes grâces de leurs divinités et pour vénérer leurs ancêtres : fruits, encens …Je pense aux petits-enfants de Bernard, dont l’imaginaire s’alimenterait sans nul doute de toutes ces figures et de ces noms évocateurs : “la pagode de l’empereur de Jade”, “Tahn Hoang, le maître des enfers” etc…

 P1010014  P1010012

Au bout de 3 jours, le trafic et le bruit de la ville nous pèsent et nous décidons de partir dès que possible vers le Delta du Mékong.

 

Annick

3/02 – Sydney ( Australie : un goût de revenez-y )

13 février 2010

Nous avons quitté la Polynésie pour l’Asie du sud est. Nous faisons un stop à Sydney pour obtenir le visa pour le Vietnam. Initialement l’Australie ne faisait (hélas) pas partie des pays que nous avons choisis pour  composer notre tour du monde. Nous avons prévu une semaine car le consulat du Vietnam demande 3 jours pour l’établir et 45€ par personne. Donc au cas où ça coincerait…….Et puis cela nous donnera un tout petit aperçu de l’Australie.

Dès notre arrivée, c’est un éblouissement. Sydney, 6,6 millions d’habitants, n’est pas la capitale de l’Australie (qui est une fédération de régions toutes aussi jalouses les unes que les autres de leur autonomie) Ce n’est pas Melbourne non plus, mais Canberra, un compromis entre les 2 précitées.

P1000973  P1000959

Donc éblouis par le dynamisme qui y règne. mais tout cela se fait dans une ambiance très “ british” décontractée. Tout est clean et soft (voilà que je me mets à l’anglais…..) . Il y fait une température estivale, les gens se côtoient habillés léger pour les uns, costar cravate pour les autres. Il y règne une atmosphère de confiance et de non stress.Nous avons pas mal arpenté les rues du centre de la city. Il y a beaucoup de monde mais chacun vaque à ses occupations sans se précipiter.

  Les hautes tours voisinent avec des maisons d’architecture plus classique. Le boulevard central, George street, regorge de magasins hyper chics et de tours de 60 étages et plus. Et que dire du nombre de lieux où l’on peut boire ou manger. Les prix sont à peu près européens.

DSC05050

 DSC05051

DSC05069 Les hébergements ne sont pas donnés. Nous serons logés dans une des 4 auberges de jeunesse. Avec vue sur la baie et sur l’Opéra. Un bonheur. Cette auberge, pouvant contenir 350 personnes est ouverte depuis peu de temps. Tout confort, avec des cuisines de chez cuisine ! d’une propreté exemplaire. Le premier soir sur la terrasse un barbecue est organisé par les jeunes, nous y serons et faisons la connaissance d’Ingrid et Rita, 2  belges qui voyagent en Australie pour 3 mois. Echange sympa.

 

La fierté des habitants de Sydney c’est l’Opéra et le pont qui enjambe l’estuaire. L’opéra bâti sur une langue de terre de la baie est surprenant de premier abord, mais de plus près c’est une merveille architecturale et une prouesse technologique.

P1000975  DSC05055

L’histoire de sa réalisation participe aussi de son attrait. En effet, l’architecte retenu, parmi plus de 20 projets, un norvégien du nom de Utzon, déclare dès le début qu’il ne sait pas construire son projet. Le gouvernement lui donne 3 ans et 7 millions de dollars pour le réaliser . En réalité il faudra 16 années et 102 millions de dollars pour que l’ouvrage voit le jour !!! Au titre des prouesses technologiques, il a réussi à utiliser l’eau de la baie pour maintenir la même température dans les 2 grandes salles sans avoir recours à un système de climatisation. Il faut voir la salle des concerts: 2700 places dans un ensemble boisé ( pour l’acoustique) Ce doit être un pur bonheur que d’y écouter un concert. A noter que fâché avec les autorités australiennes, Mr Utzon, remercié pendant la construction, ne verra jamais de son vivant le résultat de son chef d’ œuvre qui vient récemment d’être classé par l’Unesco comme patrimoine mondial.

DSC05061  Le pont quant à lui, le Sydney Harbour bridge, est parait-il le plus large du monde. Bon nous n’avons pas trop d’infos sur sa construction, mais c’est vraiment un ouvrage dont les habitants sont également très fiers.

 

 

 

Nous sommes allés en bateau pour visiter le site des jeux olympiques. pas de chance nous sommes arrivés trop tard le stadium était fermé. Mais là encore c’est une véritable ville qui a été créée.

Nous allons repartir de Sydney en se disant que c’est une destination que nous inscrirons dans nos tablettes………parmi d’autres !! Car ce pays doit être fascinant, par sa taille, sa diversité, sa géographie et sa population.

Bernard

14/01/2010 Ah ! les îles polynésiennes !

12 février 2010

Ia ora na ! ( bonjour !)

A 4000 kms de l’île de Pâques, à 16 000 kms de la France – avec 9 heures de décalage horaire – 260 000 habitants vivent en   en plein cœur de l’océan  Pacifique sur 118 îles qui s’étendent sur une superficie égale à celle de l’Europe… Autant dire qu’il va falloir faire des choix : visiter le plus d’îles possibles ou en sélectionner 2 ou 3 où nous prendrons le temps…de prendre notre temps, voire de ne rien faire ?…C’est, vous vous en doutez cette dernière solution que nous retenons. Il nous faut donc renoncer à nous rendre dans l’archipel des Marquises, ainsi que dans l’archipel des Australes et celui des Gambier, tous trois très éloignés de Tahiti où nous atterrissons.

Polynésie version plages de sable fin et cocotiers…

  • TAHITI, MOOREA :

Comme les autres îles de l’archipel de la Société, Tahiti et Moorea sont des îles volcaniques, montagneuses (les îles hautes), ceinturées par une barrière de récifs coraliens ; entre le récif et l’île, c’est le lagon, aux couleurs bleu ou turquoise selon l’heure.

Notre premier contact avec Tahiti est toutefois moins idyllique. Sur les conseils de Patrick, un “baroudeur” rencontré au Pérou, nous avions retenu une chambre à la pension de famille “Chez Fifi”, près de l’aéroport. Les informations de notre ami devaient un peu dater, car nous découvrons un établissement dégradé dont la tenancière et son mari sont dans un état de santé tout aussi dégradé…Pas de serrure à la porte de notre chambre, un lit défoncé, des conditions d’hygiène douteuses, le tout avec une chaleur moite qui nous accable…Ambiance on ne peut plus “glauque”…il est 0h30, il fait nuit noire, pas question d’aller chercher autre chose…on dort tant bien que mal…

Le lendemain, découverte de Papeete et son marché coloré, fleurs, légumes et fruits en abondance…Les femmes, une fleur de tiaré dans les cheveux, sont habillées avec soin ou simplement vêtues d’un paréo…Des hommes jouent dans la rue sur leurs ukulele (mandoline)…

DSC04886

      P1000875

DSC04896 Première pluie tropicale diluvienne, nous nous réfugions dans un café. Quand nous en sortons 1 heure plus tard, il est 17 heures et à notre grande surprise tous les magasins sont fermés, stores métalliques baissés, il n’y a plus grand monde dans les rues…Décidément, nous ne sommes plus en Amérique du Sud, il va falloir que nous prenions de nouveaux repères ! Ici les gens mangent – et se couchent – tôt le soir et se lèvent très tôt le matin ( vers 5h ou 6h, parfois même beaucoup plus tôt pour ceux qui doivent venir travailler à Papeete car il n’existe qu’une seule route très encombrée et nous avons rencontré une dame qui doit faire 3heures de trajet chaque matin pour se rendre à son travail ).

Impression curieuse de se trouver à des milliers de kilomètres de la France et de parler français, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps ! Nous avons même fait des courses dans un magasin Carrefour où nous avons retrouvé la plupart des produits qui se vendent en France ! Et pourtant la Polynésie nous semble étrangère, plus proche peut-être de la culture asiatique ?

Nous décidons de ne pas nous attarder sur Tahiti et de partir aussitôt pour Moorea. Nous aurons l’occasion de revenir à Papeete à 2 reprises et prendrons alors le temps de flaner, de goûter aux spécialités culinaires locales (dont le carpaccio ou le sashimi de thon) et de  faire le tour de l’île : visite de l’intéressant “Musée de Tahiti et des îles”, des jardins d’eaux de Vaipahi, de la presqu’île de Tahiti Iti (“la petite Tahiti”),  plus sauvage  que Tahiti Nui (“la grande”)…Il y a même sur la presqu’île un endroit qui ressemble à la Normandie ! oui, oui, vaches, champs verdoyants, on s’y croirait !

DSC05010  DSC04990

 

MOOREA

Nous avions prévu d’y passer 4-5 jours, nous y sommes restés 10 jours ! Pour deux raisons principalement : d’abord parce-que cette île a beaucoup d’attraits et que nous y avons trouvé un camping situé dans un endroit merveilleux, donnant directement sur la plage et le lagon, et ensuite parce-que le port répété de mon sac à dos depuis 5 mois m’a causé une douloureuse tendinite au bras et à l’épaule. Repos obligatoire, et séances de kiné qui nous ont valu de faire la connaissance d’Anne-Marie, kinésithérapeute vivant ici avec sa fille  depuis 10 ans. Imaginez les séances de kiné au camping : allongée sur une table au bord de la plage, Anne-Marie me prodigue ses soins tout en me faisant partager sa connaissance de la culture et du mode de vie polynésiens et en me livrant des petits bouts de sa propre histoire. Rapidement se crée une relation amicale. Nous l’invitons à venir diner un soir, en fait c’est elle qui préparera le repas composé de plats locaux : salade tahitienne, poisson cru,  gâteau à la banane…le tout arrosé d’un bon petit rosé !

P1000879  DSC04951

Durant ce séjour, nous faisons une cure de mangues, papayes, pamplemousses délicieux (qui n’ont pas du tout le même goût que les pamplemousses que nous mangeons en France), et bien sûr les réputés ananas de Moorea !

DSC04941  DSC04934

A part 3 autres personnes durant quelques jours, nous sommes seuls sur ce camping, la plage et le lagon nous appartiennent. Chaque matin, nous commençons la journée par un bain, l’eau est au moins à 27 degrés, nous croisons des petits poissons aux couleurs fluo. Le soir, nous évitons de nous baigner car nous apercevons les ailerons de petits requins qui viennent en fin de journée chasser dans ce coin : les gens d’ici ont beau nous dire qu’ils  sont absolument inoffensifs, nous préférons nous tenir hors de l’eau !!! Nous apercevons aussi parfois des raies pastenagues et assistons sans nous lasser aux couchers du soleil sur le lagon. Quelques pirogues glissent doucement sur l’eau. Calme, beauté… la langueur polynésienne ne tarde pas à nous gagner…

DSC04909  P1000888

DSC04978  DSC04980

La chaleur est certains jours difficile à supporter. L’emplacement du camping est superbe mais notre bungalow est très sommaire, sans climatisation bien sûr. Nous avons dû acheter une moustiquaire pour nous protéger des hordes de moustiques la nuit. Malgré cela dès que nous mettons le pied hors du lit, ils ne nous loupent pas !

La culture polynésienne est complexe et certaines croyances ancestrales sont encore bien vivaces. L’artisanat est très riche : sculptures sur bois, sur nacre, sur os, paréos aux vives couleurs, bijoux de coquillages,  fameuses perles de Tahiti etc.

Il y a ici les polynésiens “de souche”, les “demis” (descendants de mariages mixtes entre les colons français et les grandes familles polynésiennes) et les “popaas” (métropolitains résidant en Polynésie). Toutes les personnes que nous avons rencontrées nous ont parlé de leur inquiétude liée au contexte politique délétère (incompétence des dirigeants, détournements de fonds, corruption…). Ceci – ajouté au coût élevé de la vie ici et à la crise économique – participe à la baisse de l’activité  touristique dans toute la Polynésie.

Soirée intéressante à Tiki Village : repas typiques, danses polynésiennes…Bernard est séduit par les belles polynésiennes, moi je ne vois vraiment pas ce qu’il leur trouve !… Les hommes, par contre, avec leurs beaux tatouages sur tout le corps, je ne dis pas !!!…

DSC04965  DSC04967

  • MATAIVA

Située dans l’archipel des Tuamotu, Mataiva (un peu plus de 200 habitants) est un atoll : ici pas de montagnes, l’île au niveau de l’eau est recouverte d’arbustes et de cocotiers. Ile perdue au milieu de nulle part, superbes plages de sable fin, images de carte postale…

DSC05021  DSC05018

Nous logeons à la  pension de famille Ariiheevai – chez François et Alphonsine – Pension complète obligatoire car il n’y a ici rien d’autre pour les touristes. Accueil charmant, activités et sorties incluses dans le prix de la pension : c’est ainsi que nous nous retrouvons à confectionner des assiettes en feuilles de palmier ou des bijoux de coquillages sous l’œil attentif de Priscilla !!!

DSC05016  DSC05017

Jules et Kaoui nous font découvrir leur île et nous préparent les poissons qu’ils viennent de pêcher devant nos yeux. Jules est aussi le roi des petits pains de coco qu’il fait cuire au feu de bois ! délicieux !

P1000896  P1000897

Nous sommes en tout 8 personnes dans la pension et la communication passe bien dans le groupe.                                    Le dernier soir , Priscilla nous a confectionné de superbes couronnes de fleurs et initie les femmes à la danse polynésienne tandis que les hommes répètent leur “spectacle” avec Jules, tout cela dans les rires bien sûr !

P1000924  P1000934

Le temps n’est cependant pas terrible, il y a même eu un avis de “bébé cyclone” mais cela se transforme en “simple” tempête tropicale. Le vent souffle tout de même bien fort et un instant nous craignons de ne pouvoir repartir en avion.

P1000910

 

 

 

 

 

 

Malgré cela – et en dépit des “nonos” qui sont encore plus voraces que les moustiques – la beauté de Mataiva et la gentillesse de la famille d’Alphonsine et François resteront parmi nos meilleurs souvenirs.

 Polynésie version cyclone…

Vous avez peut-être entendu parler du passage du cyclone OLI sur certaines îles polynésiennes ? Hé bien, nous y étions ! Cela s’est produit dans les derniers jours de notre séjour, nous séjournions alors à Fare, un petit village sur l’île de HUAHINE, dans l’archipel de la Société, pas très loin de Moorea et Tahiti.

Dès l’annonce du cyclone , les habitants ont envahi l’unique supermarché du coin, faisant provisions d’eau, de riz, de lentilles etc.

P1000953 Puis rapidement, les rues se sont vidées, la circulation automobile a été interdite, tous les vols annulés, tout le monde est rentré chez soi se mettre à l’abri ou se préparer à l’arrivée du cyclone : amarrage des toits en tôle, consolidation des fermetures, protection des vitrines avec des plaques de contreplaqué etc…La pluie a commencé à tomber et le vent à souffler de plus en plus fort. La houle a commencé à se former, les vagues ont formé des creux de 7mètres au plus fort de la tempête. La mer a alors débordé sur la route, nous guettions son avancée avec anxiété car la pension où nous logions (“chez Guynette”, très bonne adresse) était située juste de l’autre côté de la route…Enfin disons plutôt “je” guettais avec anxiété, car Bernard était étonnamment calme, voire sans réactions, ce qui ne faisait qu’amplifier ma propre inquiétude !…Il y avait dans la pension seulement un autre couple de polynésiens et un jeune californien.

DSC05027  DSC05033

Le spectacle de l’océan était à la fois fascinant, beau  et inquiétant. La nuit est arrivée et nous nous sommes réfugiés dans notre chambre, nos sacs faits pour le cas où il faudrait évacuer rapidement les lieux…Je me suis plongée dans un bon roman et sortais de temps en temps surveiller l’évolution de la situation, tandis que Bernard s’endormait comme un gros bébé ! Le vent s’est un peu apaisé dans la nuit et la mer s’est arrêtée à la porte de “Chez Guynette” !

Nous avons eu beaucoup de chance car à environ 50 mètres de là, plusieurs maisons ont été détruites ou sérieusement endommagées : le vent a arraché de nombreux arbres mais c’est surtout la mer qui a fait le plus de dégâts, charriant des tonnes de sable et de coraux dans les maisons. Les habitants de l’île ne se rappelaient pas avoir vu un cyclone aussi fort depuis très longtemps. Certains ont tout perdu mais Il n’y a pas eu de pertes humaines heureusement.

Progressivement les commerces ont rouvert leurs portes. Les habitants, soulagés de se retrouver, se serraient la main et restaient parler dans les rangs du supermarché, plusieurs d’entre eux sont venus échanger quelques mots avec Bernard.

Il nous a fallu attendre un jour de plus pour que le trafic aérien soit rétabli et que nous puissions rentrer sur Papeete pour prendre notre avion vers l’Australie.

HUAHINE est certainement une très belle île et c’est avec regret que nous la quittons sans avoir pu la découvrir sous son aspect tranquille.

Na na ! (au revoir !)

Annick

9/1 – Ile de Pâques : On t’ “M”

1 février 2010

Nous arrivons sur ce petit bout de terre, perdu au milieu du pacifique, à mi- distance du Chili et de Tahiti, environ 4000kms de chaque côté. Formée à partir de 3 volcans, de forme triangulaire, elle ne fait que 24km de long et 12km en son point le plus large. Sa piste d’atterrissage est l’une des plus longues du monde car conçue pour pouvoir accueillir la navette spatiale américaine. Les 3 volcans dont elle est issue sont éteints (heureusement…).

DSC04770  DSC04751

L’Ile de Pâques ( Rapa Nui en polynésien) tient son nom du fait que la première fois où un européen (un hollandais) a foulé son sol, c’était un dimanche de pâques de 1722.

On dit de Rapa Nui qu’elle est une ile déserte recouverte de tas de cailloux, que la déforestation est la conséquence d’un usage abusif des arbres pour le transport des statues. Aujourd’hui il y a de très belles forêts d’eucalyptus et les fameux tas de cailloux sont essentiellement des vestiges laissés par les pascuans constituant les 36000 lieux archéologiques recensés. Certes, l’ancienne forêt a disparu, la cause principale en est les incendies, la cuisson des aliments, la crémation des morts. Il fallait tordre le cou à une idée répandue selon laquelle les pascuans, afin d’honorer leurs dieux, auraient provoqué la déforestation de l’ile.

DSC04782 Nous tenons ces informations de la bouche de Lili, spécialiste de l’ile de Pâques,vivant sur l’ile depuis 27ans, marié à un pascuan Tadéo, de lignée royale. Nous avons rencontré Lili, aujourd’hui guide , lors d’une visite guidée d’une partie de l’ile. Elle est intarissable et répond à toutes nos questions en s’appuyant sur les résultats des recherches faites par des scientifiques ayant pu valider leurs hypothèses. Si un jour vous allez à l’Ile de Pâques, allez voir Lili.  Elle est connue de tout le monde. Un personnage hors du commun tant par son érudition que par son long parcours.

 

Un peu d’histoire……..car, nous français, sommes un peu concernés

Les premiers arrivants, auraient débarqué vers le Vème siècle, en provenance des iles du pacifique. Au début peu nombreux, la population s’est rapidement développée faisant place à des affrontements tribaux au cours du XVIIème siècle entre un clan de nobles (ceux- là mêmes qui ont réalisé les fameuses statues) et un clan de guerriers. C’est au cours de ces affrontements que les statues ont été pour la plupart renversées face au sol. Après 1722, espagnols, anglais,russes se succédèrent. Et puis, en 1870, l’aventurier français Jean Baptiste Dutroux-Bornier commença l’exploitation commerciale de l’ile. Il importa des moutons et transforma l’ile en un véritable ranch. Il y régna comme un tyran, proposant à la France (qui refusa)de prendre possession de l’ile. Il s’est illustré par sa sauvagerie, en effet , avide de femmes il les attrapait au lasso…….voilà de quoi ne pas être très fiers!!! Aujourd’hui Rapa Nui est chilienne, mais les pascuans ont des revendications foncières car ils estiment avoir été spoliés par le passé et réclament au gouvernement qui possède près de 90% des terres, la rétrocession de celles-ci.

Et si on parlait des statues : Les Moai

On a écrit beaucoup de choses sur les Moai. Grace au travail des chercheurs et de l’écoute qu’ils ont enfin accordé à la transmission orale des pascuans, il est établi que ces statues représentent les chefs de village, lesquels symbolisent la puissance et la fertilité. De leur vivant, ils faisaient tailler dans une carrière leur statue et à leur mort celle-ci était acheminée au village car elle conservait les symboles du chef décédé. C’est la raison pour laquelle les statues étaient tournés vers la terre (vers le village) et donc tournaient le dos à la mer.

DSC04787  DSC04793  DSC04836

Leur taille de 2 à 21mètres de hauteur, pesant plusieurs dizaines de tonnes. Pendant longtemps leur déplacement a été une énigme; maintenant on sait qu’il étaient transportés depuis la carrière d’extraction en position verticale, par rotation, à la manière dont nous déplaçons nos machines à laver et réfrigérateurs, aidés par des troncs d’arbres et des cordes. Depuis toujours les pascuans disaient que les statues  se déplaçaient “ en dansant” Personne ne les prenaient au sérieux. Un jour mis au défi ils en ont fait la démonstration en déplaçant un Moai de 7m pesant 20 tonnes.

Voilà le décor (succinct) planté……et nous….

Et nous, nous faisons partie de ces 40 OOO visiteurs qui atterrissent ici par an parmi les 3800 habitants que compte l’ile. Dès le premier soir, après avoir pris possession de notre chambre dans un camping face à l’océan, nous participons à une fête folklorique avec repas et danses pascuans.

DSC04738  DSC04743

c’est là qu’on mesure combien l’Ile de Pâques est une véritable charnière entre une civilisation ( que nous avons quittée en partant de Santiago), somme toute “occidentale”, et notre future rencontre avec la civilisation asiatique.

Le lendemain avec Lili nous découvrirons le sud de l’Ile et au travers des multiples sites archéologiques, son histoire, racontée avec passion et érudition. 6heures durant ,explications, questionnement, affirmations, Lili nous a enchantés de son propos. Et pourtant c’est pas notre truc d’écouter un guide . A faire rêver.

DSC04865 Ensuite randonnée sur le sommet le plus haut, 514m. Oui ce n’est pas l’Himalaya. Pour nous conduire, au pied de la piste, nous sommes pris en stop et conversation s’engage avec un vieux monsieur. Nous apprendrons ensuite qu’il s’agissait d’une sommité de l’Ile qui à 89ans continue de sculpter des Moais pour l’italie, l’Espagne et les USA. Du sommet nous avons une vision à 360°. Seul le vent nous accompagne dans cette rando et de superbes chevaux sauvages en liberté.

Retour à Hanga Roa sous une pluie torrentielle, le seul village de l’Ile de Pâques, car autrefois tous les habitants ont été regroupés dans ce lieu afin d’être mieux surveillés. Cela ne nous empêchera pas de nous baigner dans une eau à 25° en compagnie d’une tortue géante. Nous faisons une autre rando sur le volcan Rano kau,  altitude 410m,  à côté d’un site abritant un ancien village cérémoniel parfaitement conservé construit sur les rebords d’un cratère, à 400m d’altitude au bord d’un à pic plongeant dans l’océan.

DSC04828  DSC04872

Nous gardons la cerise sur le gâteau, pour le dernier jour en allant sur la seule plage de l’Ile, Anakena. Nous rêvions de sable blanc et cocotier, nous y voici.

DSC04857  Nous aurions bien aimé faire une petite sieste à l’ombre des cocotiers, mais la garde du parc nous siffle pour nous prévenir du danger des noix de coco sur la tête. Voilà notre périple dans la zone hispanique se termine. Ile de Pâques on t’M parce que tu es Mystérieuse, Mythique, Merveilleuse…….

Bernard

Cet article est publié depuis la Polynésie ou nous rencontrons des difficultés de connectivité. L’album de photos sera publié dès que possible