3/02 – Sydney ( Australie : un goût de revenez-y )

13 février 2010

Nous avons quitté la Polynésie pour l’Asie du sud est. Nous faisons un stop à Sydney pour obtenir le visa pour le Vietnam. Initialement l’Australie ne faisait (hélas) pas partie des pays que nous avons choisis pour  composer notre tour du monde. Nous avons prévu une semaine car le consulat du Vietnam demande 3 jours pour l’établir et 45€ par personne. Donc au cas où ça coincerait…….Et puis cela nous donnera un tout petit aperçu de l’Australie.

Dès notre arrivée, c’est un éblouissement. Sydney, 6,6 millions d’habitants, n’est pas la capitale de l’Australie (qui est une fédération de régions toutes aussi jalouses les unes que les autres de leur autonomie) Ce n’est pas Melbourne non plus, mais Canberra, un compromis entre les 2 précitées.

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Donc éblouis par le dynamisme qui y règne. mais tout cela se fait dans une ambiance très “ british” décontractée. Tout est clean et soft (voilà que je me mets à l’anglais…..) . Il y fait une température estivale, les gens se côtoient habillés léger pour les uns, costar cravate pour les autres. Il y règne une atmosphère de confiance et de non stress.Nous avons pas mal arpenté les rues du centre de la city. Il y a beaucoup de monde mais chacun vaque à ses occupations sans se précipiter.

  Les hautes tours voisinent avec des maisons d’architecture plus classique. Le boulevard central, George street, regorge de magasins hyper chics et de tours de 60 étages et plus. Et que dire du nombre de lieux où l’on peut boire ou manger. Les prix sont à peu près européens.

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DSC05069 Les hébergements ne sont pas donnés. Nous serons logés dans une des 4 auberges de jeunesse. Avec vue sur la baie et sur l’Opéra. Un bonheur. Cette auberge, pouvant contenir 350 personnes est ouverte depuis peu de temps. Tout confort, avec des cuisines de chez cuisine ! d’une propreté exemplaire. Le premier soir sur la terrasse un barbecue est organisé par les jeunes, nous y serons et faisons la connaissance d’Ingrid et Rita, 2  belges qui voyagent en Australie pour 3 mois. Echange sympa.

 

La fierté des habitants de Sydney c’est l’Opéra et le pont qui enjambe l’estuaire. L’opéra bâti sur une langue de terre de la baie est surprenant de premier abord, mais de plus près c’est une merveille architecturale et une prouesse technologique.

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L’histoire de sa réalisation participe aussi de son attrait. En effet, l’architecte retenu, parmi plus de 20 projets, un norvégien du nom de Utzon, déclare dès le début qu’il ne sait pas construire son projet. Le gouvernement lui donne 3 ans et 7 millions de dollars pour le réaliser . En réalité il faudra 16 années et 102 millions de dollars pour que l’ouvrage voit le jour !!! Au titre des prouesses technologiques, il a réussi à utiliser l’eau de la baie pour maintenir la même température dans les 2 grandes salles sans avoir recours à un système de climatisation. Il faut voir la salle des concerts: 2700 places dans un ensemble boisé ( pour l’acoustique) Ce doit être un pur bonheur que d’y écouter un concert. A noter que fâché avec les autorités australiennes, Mr Utzon, remercié pendant la construction, ne verra jamais de son vivant le résultat de son chef d’ œuvre qui vient récemment d’être classé par l’Unesco comme patrimoine mondial.

DSC05061  Le pont quant à lui, le Sydney Harbour bridge, est parait-il le plus large du monde. Bon nous n’avons pas trop d’infos sur sa construction, mais c’est vraiment un ouvrage dont les habitants sont également très fiers.

 

 

 

Nous sommes allés en bateau pour visiter le site des jeux olympiques. pas de chance nous sommes arrivés trop tard le stadium était fermé. Mais là encore c’est une véritable ville qui a été créée.

Nous allons repartir de Sydney en se disant que c’est une destination que nous inscrirons dans nos tablettes………parmi d’autres !! Car ce pays doit être fascinant, par sa taille, sa diversité, sa géographie et sa population.

Bernard

14/01/2010 Ah ! les îles polynésiennes !

12 février 2010

Ia ora na ! ( bonjour !)

A 4000 kms de l’île de Pâques, à 16 000 kms de la France – avec 9 heures de décalage horaire – 260 000 habitants vivent en   en plein cœur de l’océan  Pacifique sur 118 îles qui s’étendent sur une superficie égale à celle de l’Europe… Autant dire qu’il va falloir faire des choix : visiter le plus d’îles possibles ou en sélectionner 2 ou 3 où nous prendrons le temps…de prendre notre temps, voire de ne rien faire ?…C’est, vous vous en doutez cette dernière solution que nous retenons. Il nous faut donc renoncer à nous rendre dans l’archipel des Marquises, ainsi que dans l’archipel des Australes et celui des Gambier, tous trois très éloignés de Tahiti où nous atterrissons.

Polynésie version plages de sable fin et cocotiers…

  • TAHITI, MOOREA :

Comme les autres îles de l’archipel de la Société, Tahiti et Moorea sont des îles volcaniques, montagneuses (les îles hautes), ceinturées par une barrière de récifs coraliens ; entre le récif et l’île, c’est le lagon, aux couleurs bleu ou turquoise selon l’heure.

Notre premier contact avec Tahiti est toutefois moins idyllique. Sur les conseils de Patrick, un “baroudeur” rencontré au Pérou, nous avions retenu une chambre à la pension de famille “Chez Fifi”, près de l’aéroport. Les informations de notre ami devaient un peu dater, car nous découvrons un établissement dégradé dont la tenancière et son mari sont dans un état de santé tout aussi dégradé…Pas de serrure à la porte de notre chambre, un lit défoncé, des conditions d’hygiène douteuses, le tout avec une chaleur moite qui nous accable…Ambiance on ne peut plus “glauque”…il est 0h30, il fait nuit noire, pas question d’aller chercher autre chose…on dort tant bien que mal…

Le lendemain, découverte de Papeete et son marché coloré, fleurs, légumes et fruits en abondance…Les femmes, une fleur de tiaré dans les cheveux, sont habillées avec soin ou simplement vêtues d’un paréo…Des hommes jouent dans la rue sur leurs ukulele (mandoline)…

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DSC04896 Première pluie tropicale diluvienne, nous nous réfugions dans un café. Quand nous en sortons 1 heure plus tard, il est 17 heures et à notre grande surprise tous les magasins sont fermés, stores métalliques baissés, il n’y a plus grand monde dans les rues…Décidément, nous ne sommes plus en Amérique du Sud, il va falloir que nous prenions de nouveaux repères ! Ici les gens mangent – et se couchent – tôt le soir et se lèvent très tôt le matin ( vers 5h ou 6h, parfois même beaucoup plus tôt pour ceux qui doivent venir travailler à Papeete car il n’existe qu’une seule route très encombrée et nous avons rencontré une dame qui doit faire 3heures de trajet chaque matin pour se rendre à son travail ).

Impression curieuse de se trouver à des milliers de kilomètres de la France et de parler français, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps ! Nous avons même fait des courses dans un magasin Carrefour où nous avons retrouvé la plupart des produits qui se vendent en France ! Et pourtant la Polynésie nous semble étrangère, plus proche peut-être de la culture asiatique ?

Nous décidons de ne pas nous attarder sur Tahiti et de partir aussitôt pour Moorea. Nous aurons l’occasion de revenir à Papeete à 2 reprises et prendrons alors le temps de flaner, de goûter aux spécialités culinaires locales (dont le carpaccio ou le sashimi de thon) et de  faire le tour de l’île : visite de l’intéressant “Musée de Tahiti et des îles”, des jardins d’eaux de Vaipahi, de la presqu’île de Tahiti Iti (“la petite Tahiti”),  plus sauvage  que Tahiti Nui (“la grande”)…Il y a même sur la presqu’île un endroit qui ressemble à la Normandie ! oui, oui, vaches, champs verdoyants, on s’y croirait !

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MOOREA

Nous avions prévu d’y passer 4-5 jours, nous y sommes restés 10 jours ! Pour deux raisons principalement : d’abord parce-que cette île a beaucoup d’attraits et que nous y avons trouvé un camping situé dans un endroit merveilleux, donnant directement sur la plage et le lagon, et ensuite parce-que le port répété de mon sac à dos depuis 5 mois m’a causé une douloureuse tendinite au bras et à l’épaule. Repos obligatoire, et séances de kiné qui nous ont valu de faire la connaissance d’Anne-Marie, kinésithérapeute vivant ici avec sa fille  depuis 10 ans. Imaginez les séances de kiné au camping : allongée sur une table au bord de la plage, Anne-Marie me prodigue ses soins tout en me faisant partager sa connaissance de la culture et du mode de vie polynésiens et en me livrant des petits bouts de sa propre histoire. Rapidement se crée une relation amicale. Nous l’invitons à venir diner un soir, en fait c’est elle qui préparera le repas composé de plats locaux : salade tahitienne, poisson cru,  gâteau à la banane…le tout arrosé d’un bon petit rosé !

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Durant ce séjour, nous faisons une cure de mangues, papayes, pamplemousses délicieux (qui n’ont pas du tout le même goût que les pamplemousses que nous mangeons en France), et bien sûr les réputés ananas de Moorea !

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A part 3 autres personnes durant quelques jours, nous sommes seuls sur ce camping, la plage et le lagon nous appartiennent. Chaque matin, nous commençons la journée par un bain, l’eau est au moins à 27 degrés, nous croisons des petits poissons aux couleurs fluo. Le soir, nous évitons de nous baigner car nous apercevons les ailerons de petits requins qui viennent en fin de journée chasser dans ce coin : les gens d’ici ont beau nous dire qu’ils  sont absolument inoffensifs, nous préférons nous tenir hors de l’eau !!! Nous apercevons aussi parfois des raies pastenagues et assistons sans nous lasser aux couchers du soleil sur le lagon. Quelques pirogues glissent doucement sur l’eau. Calme, beauté… la langueur polynésienne ne tarde pas à nous gagner…

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La chaleur est certains jours difficile à supporter. L’emplacement du camping est superbe mais notre bungalow est très sommaire, sans climatisation bien sûr. Nous avons dû acheter une moustiquaire pour nous protéger des hordes de moustiques la nuit. Malgré cela dès que nous mettons le pied hors du lit, ils ne nous loupent pas !

La culture polynésienne est complexe et certaines croyances ancestrales sont encore bien vivaces. L’artisanat est très riche : sculptures sur bois, sur nacre, sur os, paréos aux vives couleurs, bijoux de coquillages,  fameuses perles de Tahiti etc.

Il y a ici les polynésiens “de souche”, les “demis” (descendants de mariages mixtes entre les colons français et les grandes familles polynésiennes) et les “popaas” (métropolitains résidant en Polynésie). Toutes les personnes que nous avons rencontrées nous ont parlé de leur inquiétude liée au contexte politique délétère (incompétence des dirigeants, détournements de fonds, corruption…). Ceci – ajouté au coût élevé de la vie ici et à la crise économique – participe à la baisse de l’activité  touristique dans toute la Polynésie.

Soirée intéressante à Tiki Village : repas typiques, danses polynésiennes…Bernard est séduit par les belles polynésiennes, moi je ne vois vraiment pas ce qu’il leur trouve !… Les hommes, par contre, avec leurs beaux tatouages sur tout le corps, je ne dis pas !!!…

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  • MATAIVA

Située dans l’archipel des Tuamotu, Mataiva (un peu plus de 200 habitants) est un atoll : ici pas de montagnes, l’île au niveau de l’eau est recouverte d’arbustes et de cocotiers. Ile perdue au milieu de nulle part, superbes plages de sable fin, images de carte postale…

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Nous logeons à la  pension de famille Ariiheevai – chez François et Alphonsine – Pension complète obligatoire car il n’y a ici rien d’autre pour les touristes. Accueil charmant, activités et sorties incluses dans le prix de la pension : c’est ainsi que nous nous retrouvons à confectionner des assiettes en feuilles de palmier ou des bijoux de coquillages sous l’œil attentif de Priscilla !!!

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Jules et Kaoui nous font découvrir leur île et nous préparent les poissons qu’ils viennent de pêcher devant nos yeux. Jules est aussi le roi des petits pains de coco qu’il fait cuire au feu de bois ! délicieux !

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Nous sommes en tout 8 personnes dans la pension et la communication passe bien dans le groupe.                                    Le dernier soir , Priscilla nous a confectionné de superbes couronnes de fleurs et initie les femmes à la danse polynésienne tandis que les hommes répètent leur “spectacle” avec Jules, tout cela dans les rires bien sûr !

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Le temps n’est cependant pas terrible, il y a même eu un avis de “bébé cyclone” mais cela se transforme en “simple” tempête tropicale. Le vent souffle tout de même bien fort et un instant nous craignons de ne pouvoir repartir en avion.

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Malgré cela – et en dépit des “nonos” qui sont encore plus voraces que les moustiques – la beauté de Mataiva et la gentillesse de la famille d’Alphonsine et François resteront parmi nos meilleurs souvenirs.

 Polynésie version cyclone…

Vous avez peut-être entendu parler du passage du cyclone OLI sur certaines îles polynésiennes ? Hé bien, nous y étions ! Cela s’est produit dans les derniers jours de notre séjour, nous séjournions alors à Fare, un petit village sur l’île de HUAHINE, dans l’archipel de la Société, pas très loin de Moorea et Tahiti.

Dès l’annonce du cyclone , les habitants ont envahi l’unique supermarché du coin, faisant provisions d’eau, de riz, de lentilles etc.

P1000953 Puis rapidement, les rues se sont vidées, la circulation automobile a été interdite, tous les vols annulés, tout le monde est rentré chez soi se mettre à l’abri ou se préparer à l’arrivée du cyclone : amarrage des toits en tôle, consolidation des fermetures, protection des vitrines avec des plaques de contreplaqué etc…La pluie a commencé à tomber et le vent à souffler de plus en plus fort. La houle a commencé à se former, les vagues ont formé des creux de 7mètres au plus fort de la tempête. La mer a alors débordé sur la route, nous guettions son avancée avec anxiété car la pension où nous logions (“chez Guynette”, très bonne adresse) était située juste de l’autre côté de la route…Enfin disons plutôt “je” guettais avec anxiété, car Bernard était étonnamment calme, voire sans réactions, ce qui ne faisait qu’amplifier ma propre inquiétude !…Il y avait dans la pension seulement un autre couple de polynésiens et un jeune californien.

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Le spectacle de l’océan était à la fois fascinant, beau  et inquiétant. La nuit est arrivée et nous nous sommes réfugiés dans notre chambre, nos sacs faits pour le cas où il faudrait évacuer rapidement les lieux…Je me suis plongée dans un bon roman et sortais de temps en temps surveiller l’évolution de la situation, tandis que Bernard s’endormait comme un gros bébé ! Le vent s’est un peu apaisé dans la nuit et la mer s’est arrêtée à la porte de “Chez Guynette” !

Nous avons eu beaucoup de chance car à environ 50 mètres de là, plusieurs maisons ont été détruites ou sérieusement endommagées : le vent a arraché de nombreux arbres mais c’est surtout la mer qui a fait le plus de dégâts, charriant des tonnes de sable et de coraux dans les maisons. Les habitants de l’île ne se rappelaient pas avoir vu un cyclone aussi fort depuis très longtemps. Certains ont tout perdu mais Il n’y a pas eu de pertes humaines heureusement.

Progressivement les commerces ont rouvert leurs portes. Les habitants, soulagés de se retrouver, se serraient la main et restaient parler dans les rangs du supermarché, plusieurs d’entre eux sont venus échanger quelques mots avec Bernard.

Il nous a fallu attendre un jour de plus pour que le trafic aérien soit rétabli et que nous puissions rentrer sur Papeete pour prendre notre avion vers l’Australie.

HUAHINE est certainement une très belle île et c’est avec regret que nous la quittons sans avoir pu la découvrir sous son aspect tranquille.

Na na ! (au revoir !)

Annick

9/1 – Ile de Pâques : On t’ “M”

1 février 2010

Nous arrivons sur ce petit bout de terre, perdu au milieu du pacifique, à mi- distance du Chili et de Tahiti, environ 4000kms de chaque côté. Formée à partir de 3 volcans, de forme triangulaire, elle ne fait que 24km de long et 12km en son point le plus large. Sa piste d’atterrissage est l’une des plus longues du monde car conçue pour pouvoir accueillir la navette spatiale américaine. Les 3 volcans dont elle est issue sont éteints (heureusement…).

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L’Ile de Pâques ( Rapa Nui en polynésien) tient son nom du fait que la première fois où un européen (un hollandais) a foulé son sol, c’était un dimanche de pâques de 1722.

On dit de Rapa Nui qu’elle est une ile déserte recouverte de tas de cailloux, que la déforestation est la conséquence d’un usage abusif des arbres pour le transport des statues. Aujourd’hui il y a de très belles forêts d’eucalyptus et les fameux tas de cailloux sont essentiellement des vestiges laissés par les pascuans constituant les 36000 lieux archéologiques recensés. Certes, l’ancienne forêt a disparu, la cause principale en est les incendies, la cuisson des aliments, la crémation des morts. Il fallait tordre le cou à une idée répandue selon laquelle les pascuans, afin d’honorer leurs dieux, auraient provoqué la déforestation de l’ile.

DSC04782 Nous tenons ces informations de la bouche de Lili, spécialiste de l’ile de Pâques,vivant sur l’ile depuis 27ans, marié à un pascuan Tadéo, de lignée royale. Nous avons rencontré Lili, aujourd’hui guide , lors d’une visite guidée d’une partie de l’ile. Elle est intarissable et répond à toutes nos questions en s’appuyant sur les résultats des recherches faites par des scientifiques ayant pu valider leurs hypothèses. Si un jour vous allez à l’Ile de Pâques, allez voir Lili.  Elle est connue de tout le monde. Un personnage hors du commun tant par son érudition que par son long parcours.

 

Un peu d’histoire……..car, nous français, sommes un peu concernés

Les premiers arrivants, auraient débarqué vers le Vème siècle, en provenance des iles du pacifique. Au début peu nombreux, la population s’est rapidement développée faisant place à des affrontements tribaux au cours du XVIIème siècle entre un clan de nobles (ceux- là mêmes qui ont réalisé les fameuses statues) et un clan de guerriers. C’est au cours de ces affrontements que les statues ont été pour la plupart renversées face au sol. Après 1722, espagnols, anglais,russes se succédèrent. Et puis, en 1870, l’aventurier français Jean Baptiste Dutroux-Bornier commença l’exploitation commerciale de l’ile. Il importa des moutons et transforma l’ile en un véritable ranch. Il y régna comme un tyran, proposant à la France (qui refusa)de prendre possession de l’ile. Il s’est illustré par sa sauvagerie, en effet , avide de femmes il les attrapait au lasso…….voilà de quoi ne pas être très fiers!!! Aujourd’hui Rapa Nui est chilienne, mais les pascuans ont des revendications foncières car ils estiment avoir été spoliés par le passé et réclament au gouvernement qui possède près de 90% des terres, la rétrocession de celles-ci.

Et si on parlait des statues : Les Moai

On a écrit beaucoup de choses sur les Moai. Grace au travail des chercheurs et de l’écoute qu’ils ont enfin accordé à la transmission orale des pascuans, il est établi que ces statues représentent les chefs de village, lesquels symbolisent la puissance et la fertilité. De leur vivant, ils faisaient tailler dans une carrière leur statue et à leur mort celle-ci était acheminée au village car elle conservait les symboles du chef décédé. C’est la raison pour laquelle les statues étaient tournés vers la terre (vers le village) et donc tournaient le dos à la mer.

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Leur taille de 2 à 21mètres de hauteur, pesant plusieurs dizaines de tonnes. Pendant longtemps leur déplacement a été une énigme; maintenant on sait qu’il étaient transportés depuis la carrière d’extraction en position verticale, par rotation, à la manière dont nous déplaçons nos machines à laver et réfrigérateurs, aidés par des troncs d’arbres et des cordes. Depuis toujours les pascuans disaient que les statues  se déplaçaient “ en dansant” Personne ne les prenaient au sérieux. Un jour mis au défi ils en ont fait la démonstration en déplaçant un Moai de 7m pesant 20 tonnes.

Voilà le décor (succinct) planté……et nous….

Et nous, nous faisons partie de ces 40 OOO visiteurs qui atterrissent ici par an parmi les 3800 habitants que compte l’ile. Dès le premier soir, après avoir pris possession de notre chambre dans un camping face à l’océan, nous participons à une fête folklorique avec repas et danses pascuans.

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c’est là qu’on mesure combien l’Ile de Pâques est une véritable charnière entre une civilisation ( que nous avons quittée en partant de Santiago), somme toute “occidentale”, et notre future rencontre avec la civilisation asiatique.

Le lendemain avec Lili nous découvrirons le sud de l’Ile et au travers des multiples sites archéologiques, son histoire, racontée avec passion et érudition. 6heures durant ,explications, questionnement, affirmations, Lili nous a enchantés de son propos. Et pourtant c’est pas notre truc d’écouter un guide . A faire rêver.

DSC04865 Ensuite randonnée sur le sommet le plus haut, 514m. Oui ce n’est pas l’Himalaya. Pour nous conduire, au pied de la piste, nous sommes pris en stop et conversation s’engage avec un vieux monsieur. Nous apprendrons ensuite qu’il s’agissait d’une sommité de l’Ile qui à 89ans continue de sculpter des Moais pour l’italie, l’Espagne et les USA. Du sommet nous avons une vision à 360°. Seul le vent nous accompagne dans cette rando et de superbes chevaux sauvages en liberté.

Retour à Hanga Roa sous une pluie torrentielle, le seul village de l’Ile de Pâques, car autrefois tous les habitants ont été regroupés dans ce lieu afin d’être mieux surveillés. Cela ne nous empêchera pas de nous baigner dans une eau à 25° en compagnie d’une tortue géante. Nous faisons une autre rando sur le volcan Rano kau,  altitude 410m,  à côté d’un site abritant un ancien village cérémoniel parfaitement conservé construit sur les rebords d’un cratère, à 400m d’altitude au bord d’un à pic plongeant dans l’océan.

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Nous gardons la cerise sur le gâteau, pour le dernier jour en allant sur la seule plage de l’Ile, Anakena. Nous rêvions de sable blanc et cocotier, nous y voici.

DSC04857  Nous aurions bien aimé faire une petite sieste à l’ombre des cocotiers, mais la garde du parc nous siffle pour nous prévenir du danger des noix de coco sur la tête. Voilà notre périple dans la zone hispanique se termine. Ile de Pâques on t’M parce que tu es Mystérieuse, Mythique, Merveilleuse…….

Bernard

Cet article est publié depuis la Polynésie ou nous rencontrons des difficultés de connectivité. L’album de photos sera publié dès que possible

27/12 – Valparaiso : que des couleurs ! ( à mon frère Jean Michel )

15 janvier 2010

A Punta Arenas, après un 24/12 tranquille, très tranquille, trop tranquille…….( mais on ne peut tout avoir, n’est-ce pas; faire le tour du monde et être près des enfants) un vol avion jour de Noël nous ramène à Santiago. Ce vol avec un temps merveilleux nous fait survoler  et voir une partie du Chili et ses glaciers. Encore une idée de voyage pour une autre fois. Nous faisons escale à Santiago 1 jour, car notre destination est Valparaiso à environ 200kms au NE. Nous retrouvons Santiago avec grand plaisir, car il fait enfin chaud et beau. C’est le début de l’été. Depuis quelques semaines nous nous étions habitués avec les frimas de la Patagonie, il nous faut rapidement ranger nos petites laines ou du moins ce qu’il en reste; car nous avons fait un envoi en France de nos sacs de couchage et grosse laine polaire. normalement nous ne devrions plus en avoir besoin. Nous avons conservé nos grosses chaussures de rando mais déjà la question se pose de les renvoyer aussi….

Dans les rues de Santiago nous rencontrons un couple avec 2 enfants, la famille Eboué, qui fait également le tour du monde et qui cherche hébergement et restaurant. Nous nous retrouverons dans le même hôtel et passerons une agréable soirée en leur compagnie. Nous essaierons encore à 2 reprises de visiter le palais de La Monedad qui vit la fin de Salvador Allende. hélas nous nous heurtons toujours à la même interdiction. Déçus. Je ne sais pourquoi nous mettons tant d’insistance à voir ce palais. Peut-être le souvenir de nos protestations dans les années 70 contre la dictature du général Pinochet. Et puis, en bus, direction Valparaiso.

DSC04637 Immédiatement nous sommes séduits par cette ville de 280 000 habitants. Fondée au XVIème siècle pour être le port de Santiago, cette ville eut son heure de gloire avant la construction du canal de Panama. En effet les bateaux venant d’Europe étaient obligés de doubler le Cap Horn et plus tard le détroit de Magellan; ils faisaient escale à Valpo ( c’est ainsi qu’on la nomme).C’est aussi la ville qui a vu naitre Allende.

DSC04599 Nous sommes séduits par les couleurs des maisons. Ici aussi les habitants ont utilisé les restes de peinture des bateaux et ont ensuite continué à peindre leur maison avec des couleurs vives. Je dois à la vérité que cette séduction s’exerce sur moi; cette ville me rappelle Alger, ma ville natale. En effet, comme Alger, Valpo est nichée sur le côté d’une rade de 20km, posée dans une écrin. la partie plane qui longe le port fait environ 400 mètres, et ensuite les collines ( les Cerro) sur lesquelles serpentent les rues  sur des pentes abruptes.

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Pour y accéder un ensemble d’ascenseurs se hissent en grinçant. On devine que sur les parties les plus hautes les habitations font place à des bidonvilles.

Circuler dans les Cerros, c’est emprunter de véritables labyrinthes de rues escarpées. Valpo c’est la couleur, des maisons mais aussi des murs. Certes les Tags y ont leur place ( ce n’est pas ma tasse de thé!). mais le Cerro Bellavista ( où se trouve notre logement) abrite un musée à ciel ouvert constitué de fresques murales réalisées par des artistes venus du monde entier.

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Bref cette ville au charme bohème n’a pas cessé de nous surprendre. Que dire de ces vieux trolleybus que nous utilisons pour nous déplacer, encore un retour en arrière à Alger avec ses trolleys des années 50….

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31/12 – Jour de Gloire pour Valparaiso

Si nous sommes à Valparaiso pour ce 31/12, c’est qu’un chilien, rencontré en octobre en Argentine nous a vivement recommandé sa ville natale (merci à toi Gonsalo. encore une rencontre extraordinaire avec des gens ordinaires!) Et particulièrement pour le feu d’artifice tiré à cette occasion. Nous avions prévu de faire un bon petit resto  ce soir-là; mais sur les conseils d’un français établi ici, nous y renonçons, car les prix sont multipliés par 4. En effet tout le Chili se retrouve ici pour une nuit de fiesta. Il n’y a plus d’hébergement disponible.

Donc à minuit nous montons sur la terrasse de l’immeuble qui nous héberge, bouteille de champagne ( pardon vin mousseux car le champagne  importé est hors de prix ). Bill américain locataire de la terrasse nous y autorise. Nous y rencontrons Gisèle, une  chilienne dramaturge – dont les pièces ont été jouées en breton devant un public guatémaltèque !!! – et sa copine Patricia, une bretonne de “Brest même”. Minuit. Les bateaux ancrés dans la rade font hurler leur sirènes pendant quelques minutes. Le temps de se souhaiter la bonne année et commence le plus grand feu d’artifice du monde; cela durera 35 minutes. Ce n’est pas un feu mais 9 feux tirés simultanément d’embarcations amarrées dans la rade. C’est un festival de couleurs et de lumières. Certes, ce ne sont que des feux d’artifice mais ce qui en fait la différence c’est l’ampleur. A chaque tir la rade s’éclaire comme si le jour nous faisait des flashs. On entend monter les clameurs des habitants qui se sont réunis près du port. Bien sûr on voudrait que la gerbe finale ne s’arrête jamais. Grandiose! Le lendemain nous rencontrons quelques “égarés” qui n’en finissent pas de faire la fête et qui nous souhaitent “Feliz ano nuevo!” Bien sûr nous souhaitons à tous ceux qui lisent notre blog une bonne année de projets et voyages.

Le 3 janvier, nous changeons de domicile pour le Cerro Conception,certainement le plus beau. Nous trouvons une auberge dans une impasse fleurie qui porte le nom de Pierre Loti au n°51. Nous y trouvons amabilité, chaleur,une chambre avec balcon donnant sur la rade. On va avoir du mal à se tirer de là ! A cela s’ajoute les rencontres avec Jordan et Mathieu, 2 jeunes bretons qui vont errer 6 mois en Amérique du Sud, et un couple d’autrichiens Martin et Elfi en tour du monde.

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Nous prendrons le temps de visiter à Isla Negra la 2ème demeure de Pablo Neruda, aujourd’hui musée avec tout ce qu’il a pu collectionner. A cette occasion nous irons sur la plage dominée par cette maison. Devant nous le Pacifique et ses rouleaux. Cet océan me laisse une impression de force. On ne peut l’envisager sans la houle et les rouleaux, on ne peut l’envisager venir tranquillement caresser le sable de la plage. C’est un truc énorme, qui nous défie et nous met en garde au cas où nous serions tentés de l’affronter.

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Nous quittons Valparaiso – après 9 jours d’émerveillement – en sachant que c’est la dernière ville importante qui va clôturer 5 mois d’errance et de bonheur en Amérique du Sud.

5/12 Horcon le petit port

Avant de quitter définitivement le sol de ce continent, nous nous offrons quelques jours à 80kms au nord dans un petit port de pêche. Un avant goût de ce qui nous attend. Nous avons trouvé une auberge avec une chambre simple avec terrasse qui donne sur le port. Et le temps est avec nous, bien que frais. L’eau est à 15° ou 16°. Le propriétaire de l’auberge, Alejandro, un chilien ayant travaillé quelques années en France, personnage haut en couleur et faconde toute méridionale nous prépare parilla (grillade de viande) que nous partagerons avec les autres pensionnaires: Jacqueline et Charles et le couple d’autrichiens, rencontrés à Valpo, venus nous rejoindre. Dans l’après midi nous avons entendu un grand bruit sourd et la maison s’est mise à bouger, cela n’a duré que 3 ou 4 secondes. Alejandro nous dit que nous venons d’avoir un petit tremblement de terre ………Allez! pas de panique!!!! Ce n’était pas un “terramoto”

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Nous assistons le matin à l’arrivée des bateaux de pêche tirés par des chevaux pour les sortir de l’eau.  Les pêcheurs retirent de leurs filets des merlus, des maquereaux, plus loin ce sont des crabes; Cela me donne envie de me mettre aux fourneaux et préparer une petite sauce au beurre blanc……… Nous achetons des gros maquereaux que nous fera griller Alejandro. Ce petit port est vraiment ce que l’on adore à la mer.

Voilà nôtre séjour en Amérique du sud se termine. Nous ne ferons pas de bilan; D’ailleurs y en a-t-il un ? Mais nous sommes sûrs que lorsque samedi 9/12 l’avion décollera nous regarderons ce sol qui nous a si bien accueilli avec un peu de nostalgie. Cet avion nous emmènera vers d’autres lieux nous proposant d’autres rencontres, d’autres richesses. Nous sommes preneurs.

Bernard

19/12 : on embarque pour 3 jours sur le Via Australis

4 janvier 2010

DSC04360 Le ciel est bas, il pleut, le vent s’engouffre dans les rues d’Ushuaia et dans le  canal de Beagle. La mer nous paraît bien menaçante…nous avons nos provisions  de  “cocculine” en cas de mal de mer.

Notre première idée était d’aller dans l’Antarctique, mais nous y avons renoncé car les prix étaient vraiment très élevés.  Cette croisière que nous avons choisie part d’Ushuaia, descend jusqu’au Cap Horn et remonte jusqu’à Punta Arenas (au Chili) en passant par les fjords, pas mal non plus, non ?

pour une carte de la Terre de Feu, cliquez sur le lien suivant

                                                       http://wapedia.mobi/fr/Fichier:Cities_of_Tierra_del_Fuego.png

 

  • L’embarquement

Nous embarquons vers 17 heures sur le VIA AUSTRALIS. Première prise de contact avec le bateau et son équipage : nous qui choisissons le plus souvent des hébergements plutôt modestes, nous voici transplantés dans une ambiance luxueuse où tout est pensé pour le bien-être et le confort des passagers. Notre chambre, spacieuse, avec une large fenêtre pour nous permettre de profiter au maximum des paysages qui vont défiler devant nos yeux, puis les salons, le bar, le restaurant…Le VIA AUSTRALIS comporte quatre niveaux et peut accueillir 130 passagers. Le bateau lève l’ancre à 20h. Et là, le ciel est tout bleu, le vent s’est apaisé. Depuis le pont nous regardons s’éloigner le quai, nous savons qu’à cet instant nous quittons l’Argentine et nous lui sommes reconnaissants de ce qu’elle nous a offert pendant ces plus de 3mois.

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Bernard et moi n’avons évidemment aucune tenue un peu “habillée” dans nos sacs à dos ! Mais rapidement, lors de la  réunion d’accueil, le personnel nous met à l’aise en précisant qu’il s’agit bien d’une croisière d’expédition au style  décontracté. De fait, la plupart des passagers sont en jeans ou vêtements de randonnée…

Le spectacle de la mer est permanent, on ne se lasse pas…la nuit on voudrait ne pas dormir pour profiter au maximum, car ici les journées sont très longues et il ne fait jamais totalement nuit…

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A notre table, un banquier suisse, sa femme d’origine allemande et les deux filles de cette dernière qui sont  adolescentes et vivent à Bruxelles, un garagiste lyonnais, Jean-Claude,  venu rejoindre sa fille Marielle, infirmière et grande voyageuse…et nous deux…Jean-Claude a lui aussi beaucoup voyagé et nous sympathisons rapidement.

  • Le CAP HORN (ou Cabo de Hornos)

Dès le lendemain, à 7 heures du matin, nous embarquons sur un zodiac pour aller au Cap Horn. Jusqu’au dernier moment nous ne savions pas si cela serait possible car ici les conditions météo varient très vite et il est impossible de faire des prévisions.

DSC04446 Difficile de décrire ce que nous avons ressenti en apercevant le Cap Horn, puis en mettant pied à terre sur l’île d’Horn…on a l’impression d’être sur un nuage, nos pieds ne touchent pas le sol…On est vraiment cette fois sur le dernier  bout de terre de l’hémisphère sud… et les  glaces de l’Antarctique ne sont  qu’à environ 1000 kilomètres d’ici.

Pour nous, l’”aventure” ne présente aucun risque mais je pense aux marins qui naviguèrent dans ces eaux tourmentées où  océans Pacifique et  Atlantique se rejoignent , dix mille d’entre eux y ont  péri… nos imaginaires sont habités de ces  récits parfois terribles, parfois exaltants se déroulant dans cet univers  à la fois beau et hostile. Aujourd’hui il fait beau et cependant le vent souffle très fort, alors par temps de tempête…

DSC04450 Un mémorial rend hommage à tous ces marins, plus loin une stèle blanche se dresse, érigée en 1989 au nom de l’amicale des capitaines au long cours et cap-horniers – dont le siège se trouve à Saint-Malo.

Le phare veille, et une petite chapelle en bois offre à ceux qui le souhaitent une occasion de recueillement.

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C’est d’ici que nous voulons adresser nos voeux pour Noël et la nouvelle année, l’idée est bonne mais la réalisation un peu ardue ! Une première vidéo s’adressera à notre famille et à nos amis.  Après plusieurs tentatives, nous nous résignons : tant pis pour la qualité du son, l’essentiel est que vous puissiez voir le Cap Horn et entendre souffler le vent…

Une deuxième vidéo sera destinée à nos enfants : là ça devient plus compliqué car nous voulons pouvoir apparaître tous les deux sur la vidéo…impossible à réaliser au Cap Horn, nous la ferons au retour sur le bateau après avoir sollicité Jean-Claude pour tenir la caméra. Merci à lui !

Le Cap Horn restera sans nul doute un des souvenirs forts de notre voyage et nous avons du mal à nous en “arracher” pour regagner le Via Australis.

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  • L’île Navarino et la maison de Darwin

DSC04477 En fin d’après-midi, nous débarquons sur l’île Navarino, située en bordure du canal Murray et où se trouve, totalement isolée, la maison de Darwin qui séjourna ici au cours de son voyage autour du monde avec Fitz Roy sur le “Beagle” . C’est au cours de ces cinq années de voyage qu’il élabora sa théorie sur l’évolution des espèces.

Le versant opposé de l’île donne sur le canal de Beagle et abrite la garnison militaire de Puerto Williams, ce qui fait dire aux chiliens que la dernière ville du bout du monde est Puerto Williams et non Ushuaia !…

 

  DSC04485 Nous voyons ici aussi les dégâts causés aux forêts par les castors qui ont été importés en Amérique du sud pour en faire le commerce des peaux, maintenant ce commerce a périclité mais les castors sont toujours là…les argentins comme les chiliens ont essayé diverses méthodes pour s’en débarrasser, mais en vain…Les chiliens ( marins sur notre bateau ) accusent les argentins qui accusent les canadiens qui…..etc…etc….

 

 

 

Il règne ici un calme absolu et la vue sur le canal Murray et la cordillère Darwin est superbe.

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Retour au bateau, la croisière se poursuit dans les fjords, la nuit est claire et l’on regrette que le bateau poursuive sa route pendant que nous dormons, nous privant ainsi de cette beauté.

  • Les glaciers Piloto et Nena

Deuxième journée : une baleine est en vue aux abords du bateau ! tous les passagers se retrouvent sur le pont ou dans les salons pour l’apercevoir.

Puis, virée en zodiac au milieu des fjords, le zodiac se glisse parmi les glaces, parfois le moteur peine, l’hélice rencontre des morceaux de glace résistants que le pilote doit dégager de la main, ou du pied ! Seuls des petits bateaux peuvent s’aventurer ici, et seulement en été, l’hiver c’est totalement inaccessible. Soudain, on découvre le Glacier Piloto qui se jette dans la mer dans des dégradés de bleu, c’est un moment magique. Le bateau se tient à distance et heureusement, car brusquement un grand pan se détache et tombe à l’eau dans un bruit fracassant, quel spectacle !

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  • L’île aux pingouins

Troisième et dernier jour : dès 7 heures du matin, nous débarquons sur l’Isla Magdalena, dans le détroit de Magellan. Une foule “affairée” de petits pingouins de Magellan nous y attendent ! comme ils sont drôles avec leur démarche pataude ! Les pingouins de Magellan ne mesurent pas  plus de 55cm de hauteur. Il y en a partout, ils  se croisent, vaquent à leurs occupations, on les verrait bien avec un “attaché-case” sous le bras !…(pour visionner 2 petites vidéos, faire un clic droit sur les liens suivants et cliquer sur “ouvrir le lien hypertexte”: 

http://www.youtube.com/watch?v=9GDvFSo8Sy4
http://www.youtube.com/watch?v=44E_jFS6cNk

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Les petits sont à l’abri dans des nids creusés dans le sol et méticuleusement nettoyés par les mâles avant l’arrivée de leur femelle. Lorsque la femelle arrive, comment fait-elle pour  reconnaître l’appel de “son” mâle entre les milliers de cris qui nous emplissent les oreilles ? mystère…

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Quelques pingouins nous raccompagnent à la nage jusqu’au bateau , ils se déplacent à la manière des dauphins et sont très rapides.

  • Punta Arenas

DSC04572 Nous arrivons en fin de matinée au terme de la croisière. Débarquement, formalités douanières…Nous avons réservé une chambre dans une auberge de jeunesse, le contraste est un peu rude…

 

 

 

 

DSC04577 Nous sommes le 23 décembre, on croise des Pères Noël et les habitants de Punta Arenas connaissent eux aussi les affres de la fièvre acheteuse !…On se sent complètement décalés ! Nous retrouvons Jean-Claude et Marielle qui repartent demain pour El Calafate et le glacier Perito Moreno…Marielle nous donne un précieux coup de main pour nous permettre d’envoyer nos vidéos de voeux grâce à “you tube”, ah ces jeunes, ils sont trop forts !

Bien sûr en cette période de fêtes, la famille et les amis nous manquent davantage encore.

Le 24 au soir, les rues se vident, pour nous le réveillon se passera au restaurant “Finis Terrae” situé au 5ème étage, rien de très exceptionnel au menu, mais vue panoramique sur le détroit de Magellan, Joyeux Noël !!!

Demain, nous prenons l’avion pour Santiago du Chili.

Annick

15/12 USHUAIA, porte sur l’Antarctique

3 janvier 2010

Cette fois, nous ne rêvons pas, depuis le temps que nous en parlions, ça y est, nous y sommes !

Certains nous ont dit “Ushuaia c’est nul, ça ne présente aucun intérêt de s’y attarder”, d’autres nous ont dit “c’est super, il faut y aller”. Donc  le seul moyen de  vous faire votre propre  opinion, c’est de faire comme nous : venez sur place !!!…

  C’est vrai que la ville s’est étendue de manière anarchique depuis quelques années en raison de son développement touristique, mais ce qui en fait le charme, c’est le cadre environnant : les montagnes aux sommets enneigés entourant les eaux glaciales du  canal de Beagle, les sirènes des bateaux de toutes tailles qui invitent au voyage…et puis aussi bien sûr l’emprise qu’exerce sur notre imaginaire le fait de savoir que cette ville est la dernière du continent avant l’Antarctique… une ville au bout du monde, dans la Tierra del Fuego (la Terre de Feu)

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Dans les rues, les voyageurs se croisent, pour certains le voyage s’arrête ici, tandis que d’autres s’apprêtent à partir vers l’Antarctique et font leurs derniers achats dans les nombreuses boutiques de la rue San Martin…L’air est vif et lorsque nous arrivons en fin d’après midi, le vent souffle violemment,  nous apprendrons rapidement que cela est  habituel…Nous avons loué une chambre chez l’habitant – ou plutôt l’habitante – puisque Monica  vit seule avec ses 3 enfants jeunes adultes étudiants (qui lui donnent parfois du fil à retordre !). L’accueil est chaleureux, Monica aime vivre ici et nous donne une foule d’indications sur les choses intéressantes à voir ou à faire. Nous faisons connaissance avec Kathleen, irlandaise. Le soir, au restaurant, s’élève soudain la voix d’Edith Piaf “non, je ne regrette rien…”

Dès le lendemain matin, après un nuit où nous avons eu l’impression que le toît de la maison allait s’envoler, nous partons randonner sur les hauteurs de la ville. La montée jusqu’au glacier Martial est raide mais le temps s’est dégagé et l’on surplombe la ville et le canal de Beagle : pas mal du tout ! On a du mal à réaliser que nous sommes vraiment en cet endroit!

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3ème jour : excursion en 4X4 au lac Fagnano. Atu est notre sympathique chauffeur et guide. Il est jeune, ses parents ont quitté Buenos Aires alors qu’il avait 7 ans, il ne s’imagine pas pouvoir vivre ailleurs qu’ici et construit actuellement son bateau pour pouvoir organiser des expéditions en Antarctique. Dans le 4X4, six passagers et un conducteur, cinq nationalités différentes : Atu est argentin,Gerson et Lenis sont vénézuéliens, Tomas, lituanien, Kathleen, irlandaise, et nous deux…

P1000686 La première partie du trajet se déroule tranquillement, sur une route bitumée, puis nous prenons un chemin de terre qui nous mène au lac Fagnano et là, à notre surprise, le 4X4 poursuit sa route en s’engageant dans le lac : gerbes d’eau de chaque côté du véhicule, émotion garantie, mais nous nous sentons en totale sécurité  avec Atu. C’est pas très écolo d’accord! mais il n’y a pas d’autres moyens d’y parvenir……

 

 

 

DSC04325 Arrêt déjeuner dans une cabane au bord du lac (grillades, salade). Le paysage est magnifique. En dépit du barrage de la langue, “la mayonnaise prend bien” dans le groupe et au retour nous reculerons le moment de nous quitter en nous attardant autour d’un verre (voire de plusieurs verres pour certains…) dans un pub irlandais à Ushuaia !

 

 

 

4ème jour : randonnée dans le Parc national Tierra del Fuego, le long d’un très joli sentier côtier. Pique-nique – et petite sieste – dans une  crique sous le regard de deux canards. Encore une fois, le temps est avec nous et la beauté des paysages est saisissante.

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En Patagonie, les prévisions météorologiques sont difficiles, dans la même journée il peut faire chaud, froid, il peut pleuvoir, venter, neiger…Le chauffage dans les maisons fonctionne douze mois sur douze.

Pour notre dernière soirée à Ushuaia, nous goûtons les spécialités locales : crabe et merlu noir (au goût moins iodé que les poissons ou fruits de mer de l’Atlantique ou de la Manche…).

Le 5ème et dernier jour sera consacré aux préparatifs de départ et à diverses démarches. Nous n’aurons pas le temps de visiter l’ancien bagne qui abrite aujourd’hui le Museo Maritimo et le Museo  del Presidio, pourtant fort intéressants paraît-il.

Pour la première fois, la grisaille, le vent, le froid et la pluie sévissent sans discontinuer et nous sommes un peu inquiets car nous devons prendre le bateau en fin d’après-midi…

                                                                                                                                                                                                                    DSC04362 Vous l’aurez compris, nous avons aimé cette ville du bout du monde et y serions volontiers restés un ou deux jours de plus.

Annick

5/12 – Les Glaciers côté Chilien

19 décembre 2009

Nous voici arrivés au Chili, à Puerto Natales. C’est le sud de la Patagonie côté chilien. On commence vraiment à sentir le climat du sud de l’Amérique. En arrivant à Puerto Natalès on a cru un instant que cette ville était au bord d’un lac bordé de montagnes enneigées. Et non c’est bien l’océan pacifique qui s’est faufilé jusque là au travers des milliers de petites îles qui composent le Sud du Chili, un peu comme si une main avait brisé un bout de terre en laissant les morceaux. A l’hôtel, le responsable nous informe des possibilités de nous rendre dans le Parc National Torres del Paine, le but de notre virée au Chili. Hélas c’est dimanche et rien ne fonctionne. Après réflexion, nous décidons tous les 3 de nous rendre dès lundi au parc, sans avoir réservé le 1er refuge. En effet il ne reste que peu de jours à Julian pour terminer son voyage. Le parc est à environ 120km.

DSC04187  Après le bus, un catamaran traverse un lac pour nous conduire au refuge. C’est bien la première fois que nous nous rendons dans un refuge de montagne en bateau….! Nous sommes un peu inquiets car le refuge est peut-être complet par ceux qui ont réservé. Je me précipite le premier pendant qu’Annick et Julian récupèrent les sacs, et à l’accueil bingo….l’hôtesse me dit “compléto” allez voir dehors si vous trouvez une tente. Je trouve  et réserve. Par acquis de conscience je retourne faire du charme à l’hôtesse qui succombe et me dit qu’elle a 3 lits en dortoir…..Balaise! non….! En fait il s’agit d’une annulation de dernière minute. Faut pas rêver!!!

 

1er jour : Départ dès 14h vers le glacier Grey. c’est 7h aller-retour et il faut être revenus avant 21h pour le repas du soir. Nous serons là à 20h30 . Un peu speed la ballade mais merveille, lac avec icebergs, glacier qui se jette dans le lac. Le genou de Julian tient et nous sommes bien las.

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2ème jour : Départ vers la Valle Frances. Journée splendide. Quelle chance! Le refuge nous a préparé le pique-nique. Il est 8h30. Cette randonnée est magnifique car après 3h le sentier monte avec de superbes glaciers de montagne, suspendus par miracle, et on entend les séracs se fracasser dans les pentes. Nous serons payés de nos efforts par la beauté des paysages. Mais alors c’est beaucoup de marche, au total presque 11h de marche effective. Et il ne faut pas trainer pour être rentrés avant 21H.

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3ème jour: repos car nous changeons de refuge en utilisant le bateau et le bus

DSC04236 4ème jour : Le temps est moyen pour aller voir les Torres del Paine. Petite ballade de 7h de marche avec un final de 300m de denivelé assez raides. Mais à l’arrivée le ciel est dégagé comme pour nous accueillir…….. regardez les photos c’est mieux qu’un commentaire.

 

Hier et aujourd’hui nous avons vu beaucoup d’oiseaux. Une petite pensée pour Jacqueline et Michel Besnard, grands amateurs d’oiseaux. (A ce propos, il y a une erreur dans l’article précédent : l’oiseau sur la photo est un pic-vert de Magellan, et non un pivert…)

 

 

DSC04274  Le soir retour à Puerto Natales un peu tardivement. Nous trouverons une Parillada (resto où l’on mange des grillades) pour fêter nos exploits et le dernier jour pour Julian qui part demain. Au fait, c’est une blague il ne mange pas que des carottes……il mange aussi des fruits secs. Le lendemain on se sépare après presque 2 semaines passées à partager. Voilà une rencontre qui nous aura marqué et dont nous gardons un souvenir ému. Merci à toi, Julian. Nous aurions continué avec plaisir le chemin commun. Quant à nous nous allons rester quelques jours à Puerto Natales.

Cette ville est constituée d’habitations basses qui paraissent bien légères pour affronter les hivers rigoureux qui sévissent. Les parois et les toits sont faits de tôle et d’une mince épaisseur. Les peintures sont assez diverses comme s’il fallait donner une allure un peu gaie dans cette univers souvent gris.

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Avant de quitter Puerto Natales, qui finalement nous a plu pour ce qu’elle est, un petit port au bord du pacifique à l’intérieur des terres, nous faisons un soir une Cabalgatas ‘(un promenade à cheval) C’est la fin de la journée, notre balade commence par le bord de mer.

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Devant nous des cygnes majestueux et puis une dizaine de flamants de rose prennent leur envol dans un ciel tourmenté. Qué Bueno!!! Es muy lindo!!  et puis la balade se poursuit dans la pampa, les chevaux dociles obéissent. Le vent nous glace le visage. Nous sommes 3 avec le guide qui parle anglais et espagnol. C’est un moment de pur bonheur. Se prendre pour des Gauchos…….. Et puis c’est le retour à El Calafate pour prendre l’avion. Destination Ushuaia, le bout du monde puisque la dernière ville avant le pôle sud. nous sommes impatients d’y être

Bernard

30/11 – Les glaciers côté argentin

13 décembre 2009

El Calafate et le glacier Perito Moreno

Pour apprécier cette région, il parait qu’il faut visiter les sites dans l’ordre “du moins beau au plus beau”. Donc nous suivons ces conseils. Nous commençons par El Calafate, ville de 15000 habitants située au bord du Lago Argentino, le plus grand lac d’Argentine. Cette ville où se pressent beaucoup de touristes n’est pas particulièrement attrayante, on a l’impression d’être à Zermatt dit Julian. Certainement mais en moins huppée. Hôtel sympa, on vient nous chercher au terminal de bus, accueil chaleureux .

La gérante nous propose l’excursion du lendemain au glacier qui est le point d’orgue d’El Calafate. Nous prenons et le lendemain, appareils de photos, gants et pulls en laine polaire, bonnets nous voilà après 80km sur un catamaran qui glisse sur le lac en direction du glacier.

Nous commençons à apercevoir quelques glaçons qui dérivent et puis devant nous une paroi de 60m de haut barre le lac. Le catamaran se tient à distance. Nous avons déjà vu des glaciers de montagne. Mais là c’est autre chose. Nous sommes  à 200m au dessus du niveau de la mer et ce glacier se jette dans le lac après un parcours de 30kms sur 5kms de large. On entend craquer en permanence.

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Après la séance bateau le bus nous dépose un peu plus loin face au glacier. Un système de passerelles nous permet de voir le glacier dans toute sa largeur. Le temps brumeux ne nous laisse apercevoir qu’une partie de sa longueur.

DSC04004 A certains endroits des passerelles on est très près du front du glacier. Mais quelle beauté! Un dégradé de bleus au blanc; nous savons maintenant où Marjorelle a trouvé l’inspiration pour créer son bleu universel. Nous restons 3h à déambuler sur les passerelles pour admirer le Perito Moreno glacier mobile qui avance jusqu’à 2m par jour. C’est ainsi que tout le monde attend sur les passerelles le moment ou un sérac se fracasse dans le lac dans un grondement avec mini raz de marée.

 

De retour à l’hôtel nous décidons de partir dès le lendemain plus au nord pour El Chalten, second lieu du parc des Glaciares.

El Chalten – Enfin nous pouvons randonner !

DSC04128 Village de 600 habitants, près de la frontière chilienne,sorti de terre en 1985 par les argentins pour leur permettre de s’approprier les terres avant les chiliens. Village à l’abri du massif du Fitz Roy (3405 m) et du Cerro Torre. El Chalten est La Mecque de l’escalade argentine  où  alpinistes et andinistes viennent se mesurer au Cerro Torre et au Fitz Roy.Tous les véhicules qui rentrent dans le village doivent passer par le bureau des gardes du parc pour s’entendre donner les recommandations avant de se lancer sur les sentiers. Nous allons pouvoir enfin chausser nos chaussures de montagne qui croupissent dans le fond du sac depuis le Pérou.

DSC04035 Le lendemain après avoir fait provision du pique nique composé pour Julian essentiellement de carottes ( c’est fou ce qu’il croque de carottes par jour, un vrai lapin suisse! Mille excuses Julian..! mais c’est vrai! tu pourras t’indigner dans les commentaires) nous entamons la montée vers  le Fitz Roy, un pivert – d’une espèce inconnue de nous – est en plein travail.

Habituellement le temps couvert quasi permanent ne permet pas de voir le sommet des Torres. Nous n’échappons pas à la règle. Après une montée de 5h, nous sommes face au Fitz Roy qui ne montre pas sa partie sommitale, mais les lacs qui l’entourent et les glaciers sont une révélation.

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Le retour malgré la beauté des paysages sera un peu long. Au total environ 10h de marche, pour une mise en jambes c’est un peu rude !… Julian a quelque douleur au genou et nous, nous sommes rincés.

Le lendemain une petite promenade de 5h avec au bout un champ de pissenlits. Le temps est au beau et on peut apercevoir le Fitz Roy dans toute sa hauteur.

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C’est le 3ème jour que nous irons voir de près le Cerro Torre qui lui aussi se montre peu intégralement. Chance il fait grand bleu. Après 4h, c’est au bord d’un lac sur lequel dérivent des glaçons que nous ferons pique-nique (carottes au menu de Julian).

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 Nous ne cesserons de regarder ce grand pieu dressé devant nous et les montagnes environnantes. Nous sommes payés de nos efforts et avons beaucoup de chance avec le temps. Tout notre séjour à El Chalten aura été ensoleillé ce qui est tout à fait exceptionnel. Il nous faut quitter El Chalten pour rejoindre Puerto Natales de l’autre côté de la frontière au Chili. Pour cela nous devons retourner à El Calafate et prendre une correspondance au total 8h de bus. Avant de passer à la frontière, nous finissons toutes nos victuailles car il est strictement interdit de passer au Chili avec la moindre nourriture. Arrivée à Puerto Natales vers 22h30.

Bernard

 

25/11 – Après les Lacs, enfin la Patagonie et…… Julian

13 décembre 2009

Nous quittons Villa La Angostura pour retourner à Bariloche sous un ciel bleu. Le bus longe les lacs, et les montagnes qui l’entourent se découpent nous laissant un spectacle qui ressemble assez à la  Savoie, côté suisse…….Et c’est d’ailleurs à l’auberge de jeunesse que nous rencontrons un suisse francophone, anglophone,germanophone et suissophone…. Julian c’est son prénom. Le soir après le repas nous échangeons quelques mots et ce sera d’abord un immense fou-rire qui va nous lier. Imaginez : un suisse vivant au bord du lac de Genève qui vient en Argentine pour se dépayser et qui après 15h d’avion et 22h de bus arrive à Bariloche, ville de montagne au bord d’un lac, avec des chalets. Sortant de l’hôtel, sur la première place qu’il croise, il voit un tas de touristes se faisant prendre en photo avec des chiens……St Bernard. Poursuivant sa visite dans la rue principale de Bariloche, le premier restaurant qu’il rencontre propose à sa carte……une fondue savoyarde Et un peu plus loin un immense magasin de chocolats dont l’enseigne porte le nom de Weiss…..Tout à fait argentin!!! Julian nous demande s’il est vraiment parti de Genève et qu’est ce qu’il fout là……De cette histoire nous avons bien déliré, n’est-ce pas Julian!! Julian, la quarantaine, est journaliste chargé de l’actualité culturelle dans un grand journal suisse, il doit épuiser des congés que sa Direction lui impose de prendre……crise oblige. Hésitant à poursuivre son voyage en Suisse-argentine, il décide de venir avec nous vers les Parcs des Glaciers de la Patagonie.

Cela doit faire environ 2000km en bus pour rejoindre les parcs. Il faut traverser l’Argentine d’Ouest en Est et revenir en Ouest. Pour éviter de prendre la fameuse Ruta 40 ( route de terre et pierres : le ripio) Nous faisons cela en 2 étapes. La route est un spectacle de beautés naturelles : sommets enneigés, lacs, espaces inhabités…Nous faisons halte à Sarmiento après 12h de bus.

Sarmiento……accrochez vous!!

Nous sommes les seuls à descendre du bus à Sarmiento. Même le chauffeur nous interroge, l’air très surpris de nous déposer dans ce village au beau milieu de rien du tout, balayé par des vents violents, avec un ciel bas et gris. Nous sommes en Patagonie. Cela ne parait pas un bon plan…et pourtant le lendemain en attendant de reprendre le bus du soir, nous irons tous les 3 en “Remis” ( taxi au forfait ) vers un lieu étrange : El Bosque pétrificado ( la forêt pétrifiée )

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En effet, nous voici à nouveau dans un paysage lunaire ressemblant à ce que nous avions vu dans le Parc d’Ischigualasto (cf. 13/10 Chilecito ) en moins immense. Le sol est jonché d’éclats de bois et de troncs pétrifiés. Ces arbres ne sont pas tombés sur place mais ont été charriés depuis les régions montagneuses il y a ……65 millions d’années, ont été recouverts de sédiments provoquant leur pétrification et l’érosion les fait réapparaître à ciel ouvert.

DSC03948 Le vent est très fort et glacial. Nous restons quand même pour admirer ce lieu un peu fantomatique. Nous apprenons que dans cette région ont été trouvés les restes du dinosaure le plus grand du monde: 42m de long et qu’il est reproduit à l’identique au musée de la ville. Nous en concluons que nous avons finalement eu le nez fin de nous arrêter à Sarmiento.

En route vers les parcs des glaciers

Nouvelle nuit de bus confort pour traverser la steppe patagonienne avec quelques estancias que nous apercevons au lever du jour. Nous passons devant une espèce de restaurant “routier” perdu au milieu de la steppe. L’enseigne porte le nom de Estancia Lemarchand, nous pensons à nos compatriotes qui se sont installés dans cette région et qui ne sont pas gênés par les voisins. Chacun peut imaginer les raisons qui les ont poussé ici….mais il ne faut pas avoir oublié les allumettes sous peine de faire plus de 200km pour en acheter. Là encore les immenses espaces; nous n’avons pas assez d’yeux pour voir toute l’immensité de ces terres avec quelques animaux. On dit que la steppe de la Patagonie est sans intérêt. Au contraire ici la nature est aride, sauvage, livrée à elle même, et les grands espaces qui se révèlent à nous, nous rendent minuscules et fragiles. Nouvelle correspondance de bus et nous voici au début d’une nouvelle aventure à El Calafate.

Bernard

10/11 – On repart vers les Andes !

25 novembre 2009

Nous quittons la Péninsule de Valdes et ses baleines,  des souvenirs plein la tête, et repartons vers les Andes, à l’ouest : encore quelques heures de bus, trajet de nuit, mais maintenant nous y sommes habitués et  dormons sans problème !…Lever du jour sur les montagnes andines…

Arrivés à ESQUEL, nous trouvons une auberge de jeunesse bien sympathique où nous pouvons faire nos repas…Changement de température, il fait froid…Petite randonnée au lac  Zeta, pour nous mettre en jambes…A part un couple de français que nous croisons en chemin, la route n’est pas très fréquentée.

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Mais les possibilités de randonner sont limitées : il y a peu de sentiers et  nous arrivons un peu trop tôt dans la saison… Nous optons pour une excursion en bateau sur le Lago Puelo, situé dans le Parc National Los Alerces : bof, le côté très touristique de l’excursion ne nous a pas séduits, mais le lac était  bien beau ! Les Alerces – cyprès ou mélèzes de Patagonie -  sont de très hauts arbres dont certains atteignent 4000 ans !…Nous verrons un spécimen âgé de 2600 ans, ce qui est déjà un âge tout à fait respectable !…

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Nouveau trajet en bus pour remonter un peu plus au nord dans la Région des Lacs :

               . El Bolson est une petite ville où s’installèrent de nombreux hippies dans les années 1970. Sur le marché du samedi, nous rencontrons Felicitas, une jeune femme qui vend des confitures de framboises qu’elle confectionne. Elle apprend le français car elle a le projet d’aller l’an prochain rendre visite à sa sœur qui habite Genève. 

               . Bariloche (ou San Carlos de Bariloche), située le long du lac Nahuel Huapi,  est la station de ski phare pour les argentins . Certes les montagnes enneigées qui bordent le lac en font un cadre exceptionnel mais nous sommes un peu déçus par cette ville sans charme, et décidons d’en repartir rapidement.

                . Villa La Angostura :  nous élisons domicile pour plusieurs jours à l’auberge de jeunesse de cette petite ville au bord du lac Nahuel Huapi…Les conditions météo depuis El Bolson sont très mauvaises (froid, pluie et même neige sur les sommets…), il va falloir encore une fois réviser à la baisse nos projets de randonnées…Après consultation des prévisions météo, une lucarne d’éclaircie s’annonce et nous louons une voiture pour faire sur deux jours la très belle “ruta de los siete lagos” (route des sept lacs) : près de 350 kms sur une route le plus souvent non asphaltée, mais quel régal ! ces lacs glaciaires sont d’une grande beauté…Ici c’est le printemps,  les sommets encore enneigés, les genêts  en fleurs,…Pique-nique, et même sieste au bord du lac Traful…calme absolu…

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Tout à coup une dizaine de chevaux dévalent la colline pour venir se désaltérer…puis repartent tranquillement sans s’occuper de nous.

 

 

 

 

DSC03883 La saison de pêche vient tout juste de démarrer, et là, on s’aperçoit rapidement que l’on a affaire à des “pros” équipés jusqu’aux dents !…La truite se pêche “à la mouche”…

 

 

 

 

 

 DSC03921Nous faisons halte à San Martin de los Andes, jolie petite ville de montagne au bord du lago Lacar. Il est tard, nous cherchons un restaurant : un vieil argentin du coin nous indique – en français – un “bon restaurant” : pavé de saumon avec gratin de courgettes, suivi d’un délicieux crumble aux fruits rouge accompagné d’une glace à la vanille, humm !…cela nous change de la soupe en sachet et du jambon cru qui depuis quelques temps constituent l’essentiel de nos repas !

 

 

On comprend que les argentins soient nombreux à venir passer leurs vacances dans cette superbe région, que ce soit l’hiver pour y faire du ski ou l’été pour profiter de la pêche, de la randonnée à pied ou à cheval, ou des sports d’eaux vives…Les campings et les locations affichent alors complet ; de nombreux argentins aisés y possèdent aussi, en résidence secondaire, de cossus chalets entourés de verdure.

Retour à Villa la Angostura : la pluie se remet à tomber au moment où nous arrivons à l’auberge ! Nous retrouvons avec plaisir la sympathique équipe de l’auberge, mais apprécions beaucoup moins la musique qui y “sévit” du matin au soir…Ce n’est d’ailleurs pas spécifique à cette auberge : nous la retrouvons dans les bus, dans les cafés, les restos…Le silence, c’est bien aussi !…

DSC03864 Ah, j’allais oublier de vous dire que la Région des Lacs est spécialisée dans le chocolat ! Les rues débordent de magasins tous plus attirants les uns que les autres : comment résister ?

 

 

 

Annick